emma calvé, Direc­trice de la Clin­ique de Tour­nan à Tour­nan en Brie (77)


Récem­ment quelle est votre plus belle réus­site?

Ma plus grande source de sat­is­fac­tion actuelle­ment est d’avoir impul­sé un pro­jet de restruc­tura­tion des urgences dans notre clin­ique en 2010 et de pou­voir en récolter les fruits après quelques mois seule­ment. Je suis direc­trice d’hôpital pub­lic de for­ma­tion et j’ai exer­cé à l’AP-HP pen­dant plus de 17 ans avant de me laiss­er séduire par un pro­jet de regroupe­ment de 3 clin­iques privées dans le 77, le Groupe Salvia San­té. Can­di­dater à un poste dans le secteur privé était déjà une démarche très impor­tante pour moi, mais pren­dre en main un pro­jet por­teur et vital pour notre clin­ique, une réelle moti­va­tion. En effet, dans le privé, les urgences sont un levi­er pour fidélis­er la patien­tèle en lui pro­posant un accueil et un par­cours de soins sans faille. Afin de remet­tre notre clin­ique dans la boucle des urgences du 77, nous avons entre­pris de nous repo­si­tion­ner en sol­lic­i­tant les parte­naires san­i­taires et le cen­tre de régu­la­tion des urgences. Nous avons aus­si mis en place, avec les urgen­tistes et le con­cours de l’ANAP, une fil­ière courte pour que le temps d’attente aux urgences soit dimin­ué et cela en parte­nar­i­at avec notre ser­vice d’imagerie et notre lab­o­ra­toire. Nous avons ain­si pu lit­térale­ment « cass­er » le temps d’attente des patients. J’ai été impres­sion­née par la réac­tiv­ité de tous les acteurs sur ce pro­jet. Cela donne vrai­ment envie d’en dévelop­per d’autres. Au-delà des cli­vages public/privé que l’on peut ren­con­tr­er, la réus­site de pro­jets com­muns sur un ter­ri­toire est avant tout une affaire humaine. 

Quel est votre échec le plus cuisant?
J’ai vécu ma pre­mière mis­sion pro­fes­sion­nelle, la fer­me­ture et le trans­fert de l’activité et des équipes de l’hôpital Laennec/Broussais/Boucicaut vers l’hôpital Georges Pom­pi­dou en 1998, comme une expéri­ence enrichissante et pos­i­tive, alors que pour la majorité des pro­fes­sion­nels qui y tra­vail­laient, cela a sig­nifié la fin d’une époque et beau­coup de tristesse. Je n’oublierai jamais le jour de la fer­me­ture des urgences de l’hôpi­tal Laen­nec qui mar­quait la « fin » d’un étab­lisse­ment de soins. Cela restera pour moi un épisode de ma car­rière très mar­quant.

Quelle est la ques­tion d’actualité qui vous inter­pelle?
Depuis que j’exerce dans le secteur privé, je perçois mieux les prob­lé­ma­tiques afférentes aux deux secteurs. Dans le secteur pub­lic, je note un éclate­ment dans la dis­tri­b­u­tion des respon­s­abil­ités, avec une mul­ti­plic­ité de postes de direc­tion : un DG qui met le cap et plusieurs directeurs qui met­tent en œuvre. C’est dans un sens facil­i­tant, mais ce n’est pas for­cé­ment un avan­tage et par­fois même un frein. J’apprécie donc d’autant plus le pou­voir de déci­sion et la réac­tiv­ité dont béné­fi­cie un directeur dans le privé. Mais je con­state aus­si que les con­traintes qui pèsent sur nous sont plus lour­des et la poli­tique de san­té plus sanc­tion­nante pour un secteur, qui n’a pas la marge de sécu­rité des MIGAC par exem­ple. D’autre part, je salue la place plus large qui est faite aux femmes directeurs dans le secteur privé et notam­ment au sein de notre groupe grâce à nos dirigeants. Que le directeur soit homme ou femme, on lui con­fie les clés de la clin­ique. Dans l’optique de la journée thé­ma­tique du 8 mars, il est bon de rap­pel­er que le secteur privé est un secteur ouvert.