Claude julien, directrice de la Clinique Notre-Dame d’Espérance à Perpignan (66), groupe Médipôle Sud Santé

Récem­ment quelle est votre plus belle réus­site?
Pour moi, chaque pro­jet qui aboutit est une belle expéri­ence, une cer­ti­fi­ca­tion réussie, l’ouverture d’un nou­veau ser­vice, une nou­velle spé­cial­ité, la for­ma­tion con­tin­ue, etc… mais je suis tout par­ti­c­ulière­ment fière de l’évolution qu’a con­nue notre pôle mère-enfant ces deux dernières années. Les con­di­tions de vie mod­ernes, font que les jeunes familles, et en par­ti­c­uli­er les jeunes mamans, sont de plus en plus isolées et béné­fi­cient moins de l’aide de la famille au sens large du terme. Nos pro­fes­sion­nels de la péri­na­tal­ité que sont les obstétriciens, les sages-femmes, les IDE Puér., les Auxi. Puér., la psy­cho­logue, l’ostéopathe, l’as­sis­tante sociale pro­posent aux quelque 2000 familles que nous accueil­lons chaque année un accom­pa­g­ne­ment pré­coce, per­son­nal­isé, déstres­sant et généreux qui répond à toutes les attentes des futurs par­ents et favorise ain­si l’in­stal­la­tion du lien mère/père-enfant. Dans cette optique, nous avons crée une “salle nature” pour répon­dre à la demande des mamans désir­ant accouch­er selon un autre mode de prise en charge qui respecte la phys­i­olo­gie tout en main­tenant un niveau de sécu­rité iden­tique. C’est un lieu en apparence démédi­cal­isé, dans un envi­ron­nement con­fort­able et une ambiance sere­ine qui fait plutôt penser à un endroit de vil­lé­gia­ture. 

Quel est votre échec le plus cuisant?
Je fais ce méti­er depuis 25 ans et chaque année qui passe est un chal­lenge, où le risque de faire des erreurs n’est pas exclu. Je me sou­viens d’une vis­ite d’accréditation en 2005 qui s’est très mal passée. Les 3 experts vis­i­teurs, déjà con­trar­iés en arrivant, avaient passé la clin­ique à la loupe pen­dant 4 jours, désta­bil­isant et pous­sant à l’extrême l’ensemble des équipes en ne mon­trant du doigt que des points de détail. L’effet préju­di­cia­ble d’une telle expéri­ence a duré quelque temps et nous avons ensuite désigné un référent qual­ité qui a beau­coup œuvré à ce que les équipes repren­nent leur démarche qual­ité dans un cli­mat plus favor­able. Nous avons d’ailleurs été félic­ités lors de notre dernière accrédi­ta­tion pour notre tra­vail en amont et en aval pour la prise en charge de nos patients en ambu­la­toire, comme quoi un échec un jour est trans­formable en réus­site le lende­main.

Quelle est la ques­tion d’actualité qui vous inter­pelle?

Là aus­si, les prob­lèmes se répè­tent depuis 25 ans : les ques­tions sociales, les prob­lèmes de recrute­ment des per­son­nels médi­caux et para-médi­caux que ren­con­trent surtout les étab­lisse­ments de taille moyenne, les tar­ifs, etc…Plus récem­ment, je me suis insurgée con­tre les maisons de nais­sance car c’est à mon sens un vrai retour en arrière. Il est vrai que la demande d’accouchements moins ou non-médi­cal­isés grandit mais reste tout de même à la marge. Je pense que les clin­iques privées doivent faire preuve d’audace et d’inventivité, ouvrir leur porte aux sages-femmes libérales, leur per­me­t­tre de choisir leur mode et temps de tra­vail. C’est ce que nous faisons et les retours sont posi­tifs.