Marie-France Pan­zani-Orth, Direc­trice de la clin­ique Saint-François à Nice (06)



Récem­ment quelle est votre plus belle réus­site?
D’avoir mené la Clin­ique Saint François, créée en 1958 par mes par­ents, et reprise par moi-même et un groupe de médecins en 1992, à son niveau actuel. En effet, mal­gré sa taille mod­este, moins de 100 lits et places, et ses deux spé­cial­ités, psy­chi­a­trie et chirurgie, nous avons rénové com­pléte­ment le plateau tech­nique et avons séparé de manière très fonc­tion­nelle les deux spé­cial­ités qui, d’habitude, ne cohab­itent pas dans notre type de struc­ture. En chirurgie, mal­gré la con­cur­rence féroce, nous avons réus­si à con­stituer des équipes médi­cales sérieuses et com­pé­tentes sur cha­cune de nos spé­cial­ités (oph­tal­molo­gie, ORL, chirurgie de la main, chirurgie esthé­tique) en met­tant le patient au cœur de notre pro­jet médi­cal, en dévelop­pant la chirurgie ambu­la­toire et les urgences de la main. En psy­chi­a­trie, nous avons ouvert un hôpi­tal de jour de 10 places en juin 2009 qui prend en charge des patients présen­tant des trou­bles de l’humeur (trou­bles bi-polaires), ce qui cor­re­spond totale­ment à de la psy­cho-édu­ca­tion, thème d’actualité. Enfin, cette réus­site je la dois aus­si à mon équipe de col­lab­o­ra­teurs proches, com­pé­tents, soudés, qui m’accompagnent depuis de nom­breuses années et sur qui je peux com­pléte­ment m’appuyer.  

Quel est votre échec le plus cuisant ?
Après deux vis­ites de cer­ti­fi­ca­tion et dont une V2 en 2006 avec trois actions exem­plaires, nous avons subi une vis­ite en octo­bre 2010 qui nous a com­pléte­ment anéan­tis par l’attitude des experts-vis­i­teurs, très désta­bil­isante pour les équipes. Alors que la démarche qual­ité a été ma préoc­cu­pa­tion pre­mière depuis 1992, car je pense que notre struc­ture de taille mod­este, dans un envi­ron­nement con­cur­ren­tiel de grande ville, ne pour­ra sur­vivre que dans le respect du patient, du per­son­nel, de ses médecins et de l’environnement, je déplore le fait de devoir être aus­si dépen­dants d’experts, eux trop indépen­dants. Je pense qu’il devrait automa­tique­ment y avoir un coor­di­na­teur de la HAS présent lors de ces vis­ites.

Quelle est la ques­tion d’actualité qui vous inter­pelle ?
La mise en place de l’A.R.S. et sa vision d’une struc­ture de prox­im­ité comme la mienne, située à 50 mètres du plus grand chantier hos­pi­tal­ier de France, le futur PASTEUR II qui sera le pôle Est du Cen­tre Hos­pi­tal­ier Uni­ver­si­taire de NICE avec les urgences et la fac­ulté de médecine et le Cen­tre Antoine Lacas­sagne (Cen­tre Anti Can­céreux). Cette mitoyen­neté avec ces deux gross­es struc­tures me stim­ule à relever un des défis futurs évo­qués par Jacques ATTALI lors de sa con­férence du 19 novem­bre, à savoir la néces­sité « d’une con­cur­rence loyale entre secteurs hos­pi­tal­iers pub­lic et privé, con­di­tion indis­pens­able à l’existence d’une vraie com­plé­men­tar­ité. La trans­parence des comptes appa­raît donc comme le corol­laire à cette exi­gence et la vérité sur les prix, préal­able indis­pens­able à tout débat sérieux ». Dans ce con­texte, je souhaite adhér­er pleine­ment à son approche pos­i­tive, volon­taire, human­iste de la San­té mal­gré l’incertitude de ce monde.