olivi­er renaudeau, Directeur de la Clin­ique de la Reine Blanche, Orléans et de la Poly­clin­ique des Longues Allées, Saint Jean de Braye (45)

Récem­ment quelle est votre plus belle réus­site?
Dans les épisodes impor­tants de ma car­rière, la con­créti­sa­tion de la créa­tion d’un pôle hos­pi­tal­ier au nord d’Orléans restera sans doute l’expérience la plus mar­quante pour moi. Le dossier de regroupe­ment a été accep­té en mars 2008 et nous allons enfin met­tre, après plusieurs années de pré­pa­ra­tion et quelque 200 réu­nions avec les archi­tectes, la pre­mière pierre cet automne à un pôle hos­pi­tal­ier de 45 000 m², 500 lits et places, 24 salles d’opérations, 2 IRM, 2 scan­ners, 2 accéléra­teurs de par­tic­ules et qui pro­posera, à l’exception de la neu­rolo­gie et de la chirurgie infan­tile, un pan­el de dis­ci­plines majeures avec notam­ment un ser­vice d’urgences car­di­ologiques, un SOS mains et un ser­vice d’urgences générales. Nous avions pour mis­sion de pro­pos­er un pro­jet ambitieux pou­vant faire le con­tre­poids avec le nou­veau cen­tre hos­pi­tal­ier du sud de la ville et sa con­créti­sa­tion en 2013 mar­quera égale­ment la fin de ma car­rière. C’est mon 3ème méti­er et il me pas­sionne.

Quel est votre échec le plus cuisant ?
Main­tenir un ser­vice d’urgences dans nos étab­lisse­ments n’a pas été chose facile et la ques­tion n’est qu’en par­tie réglée à l’heure actuelle puisqu’officiellement nous avons l’autorisation d’un SMU à compter de l’installation sur le nou­veau site en 2013. En effet, nos autori­sa­tions d’exercer nos mis­sions de POSU ont été sup­primées avec la réforme des urgences en 2006 et nous nous sommes retrou­vés dans une sit­u­a­tion de devoir accueil­lir des urgences sans autori­sa­tion. Une telle expéri­ence est assez révéla­trice des com­porte­ments des dirigeants de notre sys­tème de san­té, qui font par­fois peu de cas des efforts et investisse­ments accom­plis sur le ter­rain pour main­tenir une activ­ité et répon­dre aux besoins de la pop­u­la­tion.

Quelle est la ques­tion d’actualité qui vous inter­pelle ?
J’évoquerais le prob­lème de recrute­ment du per­son­nel paramédi­cal. Alors qu’en 2001 nous avions à faire à un prob­lème pure­ment math­é­ma­tique, puisque les quo­tas d’élèves dans les IFSI avaient été réduits, je pense qu’aujourd’hui le désen­goue­ment des jeunes pour les pro­fes­sions liées aux soins est au cœur de nos prob­lèmes. C’est une évo­lu­tion socié­tale qui fait que la nou­velle généra­tion est plus con­som­ma­trice d’emplois que ses aînées, d’où son atti­rance pour le tra­vail en intérim par exem­ple. D’autre part, les réformes des cur­sus (LMD) mod­i­fient les pro­fils des per­son­nels sor­tants qui ont la tête bien pleine mais pas for­cé­ment l’expérience de ter­rain souhaitée ni l’envie de faire des soins. Je le répète sans cesse à mes cadres, il faut être inven­tifs et imag­i­nat­ifs et repenser les organ­i­sa­tions car les prob­lèmes de recrute­ment vont mal­heureuse­ment dur­er.