Pierre de VILLETTE, Directeur de la Clin­ique Guil­laume de Varye, Saint Doulchard (18), Groupe Vitalia

Quelles sont vos plus belles expériences ?

Après avoir occupé des fonc­tions trans­vers­es au sein d’une direc­tion régionale d’un groupe de san­té, assur­ant suc­ces­sive­ment des mis­sions juridiques puis de con­trôle de ges­tion, j’ai décidé il y a 6 ans de réori­en­ter mon par­cours sur un poste opéra­tionnel de directeur de clin­ique. Depuis 18 mois, j’ai repris la direc­tion de la Clin­ique Guil­laume de Varye. Suite à son regroupe­ment avec un autre étab­lisse­ment, il était néces­saire d’impulser une dynamique de change­ment, de réor­gan­is­er le man­age­ment et les proces­sus. C’est une riche aven­ture qui n’est pas encore com­pléte­ment aboutie. Être directeur d’établissement de san­té est un méti­er d’une com­plex­ité red­outable notam­ment par sa spé­ci­ficité tech­nique, mais au com­bi­en pas­sion­nant.

Quels sont vos plus gros échecs?
À mon grand regret, j’ai dû fer­mer, il y a quelques années, une clin­ique de province, car celle-ci n’était pas soutenue par les tutelles. Ce fut un moment par­ti­c­ulière­ment pénible, notam­ment vis-à-vis des per­son­nels qui, pour cer­tains d’entre eux, y avaient réal­isé toute leur car­rière pro­fes­sion­nelle. Heureuse­ment, la qua­si-total­ité des salariés ont pu être reclassés, ce qui fut une vraie sat­is­fac­tion.

Quelles réflex­ions vous inspirent l’actualité ?
L’actualité de notre secteur est par­ti­c­ulière­ment riche avec la mise en place des ARS cette année. Depuis les ordon­nances de 1996 qui avait per­mis la créa­tion des ARH et des SROS, cette réforme de nos instances tutélaires est majeure mais les médias en par­lent peu, — en tout cas beau­coup moins que les con­tre-per­for­mances de l’équipe de France de foot­ball. Aujourd’hui, la véri­ta­ble ques­tion à se pos­er con­siste à savoir si cette nou­velle réforme va per­me­t­tre de sauver notre sys­tème de san­té en France qui va au plus mal : — La qua­si-total­ité des hôpi­taux publics sont dans des sit­u­a­tions finan­cières cat­a­strophiques et plus de la moitié des clin­iques privées sont égale­ment en dif­fi­culté ; — La démo­gra­phie médi­cale est par­ti­c­ulière­ment défa­vor­able, avec des spé­cial­ités où on ne forme plus de prati­ciens ; il fau­dra atten­dre au min­i­mum une dizaine d’années avant de sor­tir de cette impasse ; — Et une pénurie incon­testable de per­son­nels soignants dans cer­taines régions.
Nous allons ain­si prob­a­ble­ment nous ori­en­ter vers une nou­velle vague de con­cen­tra­tion des plateaux tech­niques, qu’ils soient publics et/ou privés. L’offre de soins de prox­im­ité en pâti­ra cer­taine­ment, mais ces regroupe­ments ne sont pas com­pléte­ment absur­des si on se réfère à toutes les exi­gences qual­i­ta­tives et régle­men­taires, néces­saires mais aus­si par­fois démesurées, aux­quelles nous sommes soumis aujourd’hui.
C’est vraisem­blable­ment l’une des raisons pour lesquelles l’État souhaite sup­primer plusieurs blocs opéra­toires, en plus de l’hyperspécialisation demandée aujourd’hui aux prati­ciens.