M’Hammed SAJIDI, Prési­dent de l’Association Vain­cre l’Autisme Mou­ve­ment Léa pour Samy

Quelle est votre perception de notre système de santé actuel et de l’hospitalisation privée ?

Le con­stat que je fais est que le sys­tème de san­té n’est absol­u­ment pas adap­té aux besoins des autistes et de leurs familles. D’une part, l’autisme a longtemps été con­sid­éré comme une affec­tion psy­chologique alors que les experts sont unanimes sur le fait que c’est une patholo­gie neu­ro-développe­men­tale liée à des anom­alies du développe­ment du sys­tème nerveux cen­tral. De nom­breux autistes sont automa­tique­ment psy­chi­a­trisés alors que cette prise en charge est totale­ment inadap­tée. D’autre part, la mécon­nais­sance du corps médi­cal pour ce qui est de l’approche et de la prise en charge d’enfants autistes, fait que les trou­bles soma­tiques, comme le mal de dent par exem­ple, ne sont tout sim­ple­ment pas diag­nos­tiqués et restent non traités. Les autistes sont donc sou­vent privés de soins.

L’autisme est-il pris en compte de façon sat­is­faisante aujour­d’hui dans nos struc­tures ?
En ter­mes de développe­ment de l’hospitalisation privée, nous sommes per­suadés que la créa­tion de ser­vices inno­vants spé­cial­isés dans la prise en charge san­i­taire des autistes serait un créneau de développe­ment très por­teur pour les clin­iques. On estime le ratio d’enfants qui nais­sent avec des Trou­bles du Spec­tre Autis­tique (TSA) à env­i­ron 1 sur 150*, donc l’autisme est réelle­ment un prob­lème de san­té publique. Sur le plan de l’accompagnement psy­cho-édu­catif, notre asso­ci­a­tion, qui a mis en place des petites unités de prise en charge, est oblig­ée de faire appel à des experts étrangers pour for­mer ses inter­venants, ce qui prou­ve bien le retard que nous avons en la matière en France. C’est donc un appel tout à fait offi­ciel que nous souhaitons lancer, d’autant plus que des avancées con­crètes ont été faites aus­si bien en matière de recon­nais­sance de cette patholo­gie avec le plan nation­al autisme 2008–2010, qu’en matière de prise en charge.

En per­spec­tive du Con­grès avec les représen­tants des usagers de la FHP-MCO le 14 sep­tem­bre 2010, quels mes­sages aimeriez-vous faire pass­er ?
Les asso­ci­a­tions d’aide aux autistes œuvrent pour obtenir des avancées dans les trois domaines suiv­ants : le dépistage, la prise en charge et la recherche, mais nous plaidons aus­si pour que les per­son­nels soignants et des médecins s’intéressent davan­tage aux spé­ci­ficités de l’autisme et soient mieux for­més. Il est impor­tant de rap­pel­er que cer­taines uni­ver­sités con­tin­u­ent mal­heureuse­ment de pro­pos­er des for­ma­tions sur l’autisme basées sur des théories psy­ch­an­a­ly­tiques dépassées et par­ticipent ain­si à la dés­in­for­ma­tion des pro­fes­sion­nels.

* (études épidémi­ologiques com­mu­nau­taires, infor­ma­tions provenant des Etats-Unis, infor­ma­tions sta­tis­tiques et san­i­taires com­mu­nau­taires et avis d’expert)