LETTRE OUVERTE À MADAME LA MINISTRE ROSELYNE BACHELOT-NARQUIN

Avec plus de 230 000 accouche­ments dans nos mater­nités privées par an, nous con­sti­tuons une force vive qui a tou­jours assuré son rôle de san­té publique et de per­ma­nence des soins, et sur laque­lle il con­vient de s’appuyer forte­ment. Nous assurons ain­si près d’un accouche­ment sur trois. Aujourd’hui, la péren­nité de cette activ­ité au sein des étab­lisse­ments de san­té privés est très sérieuse­ment remise en cause pour des motifs de respon­s­abil­ité civile de 1 200 prati­ciens obstétriciens qui y exer­cent chaque jour, 24h/24 et 365 jours par an.

La prob­lé­ma­tique assur­antielle de nos prati­ciens obstétriciens appelle très rapi­de­ment des amé­nage­ments lég­is­lat­ifs et régle­men­taires car elle con­stitue indé­ni­able­ment un risque majeur d’arrêt de l’activité d’obstétrique du secteur privé. De ce fait, elle remet en cause le main­tien du libre choix du patient. Qui plus est, la dis­pari­tion des mater­nités privées con­duirait à génér­er près de 100 mil­lions d’euros de dépens­es sup­plé­men­taires pour l’Assurance Mal­adie. Un accouche­ment au sein d’une mater­nité privée, hon­o­raires des médecins inclus, est payé par la sécu­rité sociale près de 400 euros de moins qu’un accouche­ment réal­isé au sein des étab­lisse­ments de san­té publics. Le récent amende­ment gou­verne­men­tal pris dans le cadre de la Loi de Finance­ment de la Sécu­rité Sociale ne résout pas le prob­lème soulevé par le paiement des dom­mages et intérêts dépas­sant les pla­fonds d’assurance des médecins. Il ajoute en out­re une nou­velle règle rel­a­tive à la solv­abil­ité du prati­cien qui main­tient, voire ampli­fie, l’insécurité juridique et finan­cière des obstétriciens libéraux.

Au-delà, cette prob­lé­ma­tique con­cerne l’ensemble de nos prati­ciens de plateaux tech­niques anesthé­sistes et chirurgiens.

Nous vous deman­dons, Madame la Min­istre de la san­té, de bien vouloir pren­dre en con­sid­éra­tion le cri d’alarme de nos obstétriciens et de nos étab­lisse­ments, sans quoi, la plu­ral­ité de notre sys­tème de san­té sera remise en cause à court terme avec ce dou­ble effet, économique et qual­i­tatif. Il y a urgence à agir. Aujourd’hui 28 départe­ments de notre ter­ri­toire nation­al n’ont déjà plus de mater­nité privée. Voulez-vous attein­dre les 97 départe­ments ? Nous comp­tons sur votre sen­si­bil­ité et votre souci de main­tenir le sys­tème de san­té sol­idaire et de qual­ité que tous nos voisins nous envient. Nous restons, avec nos obstétriciens, à votre dis­po­si­tion pour agir ensem­ble dans l’intérêt de tous.

Lamine GHARBI
Prési­dent du syn­di­cat nation­al FHP-MCO