Changeons d’attitudes pour ne pas changer de climat !

Le sys­tème de san­té français est encore con­sid­éré comme l’un des meilleurs du monde, mais est-il durable ?

Un sys­tème struc­turelle­ment défici­taire qui vit sur des emprunts est-il durable ? Une logique du tout curatif qui ne laisse que peu de place à une approche préven­tive de la san­té est-elle durable ? Des activ­ités de soins qui génèrent des impacts envi­ron­nemen­taux non nég­lige­ables sont-elles durables ?

Nos métiers sont nobles, et nous avons des respon­s­abil­ités en ter­mes d’exemplarité tant vis-à-vis de nos pro­fes­sion­nels, que de nos patients, de nos four­nisseurs et de la pop­u­la­tion en général.

La péren­nité de notre sys­tème de san­té repose sur sa via­bil­ité économique. Nous agis­sons pour une plus grande effi­cience de tous les acteurs du monde de la san­té. C’est ain­si que les clin­iques et hôpi­taux privés soignent 34% des patients hos­pi­tal­isés avec seule­ment 17% des finance­ments hos­pi­tal­iers.

Notre respon­s­abil­ité de man­ag­er est égale­ment sociale et socié­tale. Com­ment ne pas épuis­er nos ressources humaines mais au con­traire redonner du sens à cha­cun dans son méti­er ? Vous le savez, associ­er les pro­fes­sion­nels de san­té dans le pro­jet d’établissement, val­oris­er la qual­ité du tra­vail accom­pli, être atten­tif au bien-être au tra­vail sont autant de répons­es pos­si­bles.
Notre méti­er est de soign­er mais égale­ment d’être des acteurs de « pro­mo­tion de la san­té ». C’est ain­si que les clin­iques et hôpi­taux privés par­ticipent large­ment à des pro­grammes de dépistage et d’éducation thérapeu­tique des patients.

Enfin, com­ment réduire les impacts envi­ron­nemen­taux générés par les activ­ités de soins et ain­si assumer notre respon­s­abil­ité envi­ron­nemen­tale ?
Nom­breuses sont les clin­iques déjà engagées dans des actions pour préserv­er l’atmosphère, opti­miser les ressources énergé­tiques, économiser l’eau, réduire leurs déchets, acheter plus respon­s­able. Notre rôle est de faire con­naître cette mul­ti­tude d’initiatives qui con­tribuent à une diminu­tion réelle de nos impacts envi­ron­nemen­taux.

Les pro­fes­sion­nels de san­té ont un rôle cap­i­tal à jouer.
Alors oui, changeons d’attitudes pour ne pas chang­er de cli­mat !

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Les initiatives

 

2300 repas servis avec un menu bas car­bone à Toulouse

Les clin­iques Pas­teur, Médi­pole Garonne, Saint Exupéry, Sar­rus Teinturiers/Saint Nico­las et Monié/Minimes

 

L’un des prin­ci­paux fac­teurs du réchauf­fe­ment cli­ma­tique est l’émission de gaz à effet de serre. Pour affirmer leurs engage­ments, les clin­iques Pas­teur, Médi­pole Garonne, Saint Exupéry, Sar­rus Teinturiers/Saint Nico­las et Monié/Minimes, met­taient en place un « menu bas car­bone » pour rem­plac­er le menu de base du déje­uner jeu­di 3 décem­bre. Les 2300 repas servis étaient com­posés de pro­duits locaux, respectueux de l’environnement (agri­cul­ture biologique ou raison­née) et issus de fil­ières Bleu-Blanc-Cœur, per­me­t­tant de lim­iter l’impact car­bone.

Chaque pro­duit util­isé est cor­rélé à un fac­teur d’émission (en kg CO2/tonne). Selon la méthodolo­gie de l’ADEME, un cal­cul a été effec­tué pour com­par­er la valeur car­bone du menu de base et du « menu bas car­bone ».
Une réduc­tion par exem­ple de 36% de la pro­duc­tion de gaz à effet de serre pour la clin­ique Pas­teur et 39% pour les clin­iques Sar­rus-Tein­turi­ers et St Nico­las.

Faire ambu­lance com­mune

Poly­clin­ique du Parc Ram­bot à Aix-en-Provence

 

Depuis 2010, la Poly­clin­ique du Parc Ram­bot à Aix-en-Provence en parte­nar­i­at avec la Fédéra­tion nationale des trans­porteurs san­i­taires et l’assurance mal­adie organ­ise un co-voiturage pour ses patients. Ain­si, les patients dont l’état de san­té le per­met, peu­vent partager le même VSL. « C’est une démarche qui demande un cer­tain pou­voir de per­sua­sion au moins au départ » indique Mireille Péri­don, cadre de san­té en charge des plan­nings de chimio­thérapie. La clin­ique atteint un taux de partage de 40% pour les séances de chimio­thérapie en croisant les horaires et les infor­ma­tions sur la cir­cu­la­tion.

Une réus­site égale­ment pour la clin­ique Turin, située en plein Paris, qui atteint 24% d’économie sur les trans­ports de dial­yse en co-voitu­rant ses patients.

A2L DTSU
l’éco-ambulancier

Hôpi­tal privé nord parisien à Sar­celles

L’Hôpital privé nord parisien embar­quait avec lui son prestataire de trans­port san­i­taire dans sa démarche de développe­ment durable. Con­va­in­cu par la justesse de la démarche, Bruno Pour­ré directeur de A2L DTSU se lance dans l’achat de véhicules élec­triques et forme ses ambu­lanciers à l’éco-conduite. Dans la foulée, son entre­prise est label­lisée ISO 14001 et il s’engage dans l’ISO 26000 dès 2016. Etab­lisse­ment et ambu­lanciers tra­vail­lent de con­cert pour organ­is­er des trans­ports partagés à des­ti­na­tion des patients en dial­yse et en radio­thérapie. Un régu­la­teur, poste clé, fait le lien entre la demande de la clin­ique ou du patient et le trans­porteur… pour des déplace­ments intel­li­gents !

À Londres les hôpitaux mutualisent leurs entrepôts

Au Roy­aume-Uni, le NHS (le ser­vice nation­al de san­té bri­tan­nique, 1,7 mil­lion de salariés), est l’un des employeurs les plus impor­tants et un acheteur majeur de biens et de ser­vices. « Notre empreinte car­bone est énorme : 18 mil­lions de tonnes de CO2 par an. Selon notre cel­lule développe­ment durable, en 2013, les émis­sions de gaz à effet de serre des hôpi­taux provi­en­nent des dépens­es énergé­tiques (17 %), des déplace­ments (13 %). Nos études ont mon­tré par ailleurs que la majorité des émis­sions provi­en­nent des achats (plus de 60 %), dont 21 % sont imputa­bles aux médica­ments et 11 % aux dis­posi­tifs médi­caux. Les gaz anesthésiques pèsent tout de même pour 5 % dans le vol­ume des émis­sions. Après une grande con­sul­ta­tion auprès de l’ensemble de nos mem­bres, le NHS s’est fixé un objec­tif ambitieux : réduire les émis­sions de car­bone de 34 % d’ici 2020, de 80 % d’ici 2050 et, à échéance plus courte cette année, de 10 %, par rap­port à 2007. Une série d’initiatives est alors apparue en Angleterre et notam­ment à Lon­dres pour mieux gér­er les flux de trans­port de biens. Six sites des hôpi­taux uni­ver­si­taires de Lon­dres (UCLH) utilisent sou­vent les mêmes four­nisseurs mais ont une poli­tique d’achat indi­vidu­elle, avec beau­coup de mou­ve­ments inutiles dans le trans­port des biens : aupar­a­vant, nous avions près de 100 points de livrai­son dif­férents ! Depuis 2012, un entre­pôt est mis en place, où toutes les four­ni­tures hos­pi­tal­ières sont cen­tral­isées et redis­tribuées à l’aide de véhicules élec­triques. De plus, un guide d’aide au cal­cul de l’empreinte car­bone des médica­ments et dis­posi­tifs médi­caux a été créé », déclare Sonia Roschnik.

« L’important est de mesur­er, de décou­vrir quels sont les leviers de réduc­tion pos­si­bles et d’agir. D’autre part, et c’est l’esprit partagé par la majorité des pro­fes­sion­nels et sys­tèmes de san­té ain­si que l’OMS au cours de la COP21, Il faut appréhen­der le change­ment cli­ma­tique comme une oppor­tu­nité pour la san­té et la manière dont nous tra­vail­lons. Les meilleures émis­sions de GES sont celles que l’on ne pro­duit pas, aus­si, préserv­er et amélior­er la san­té des pop­u­la­tions per­met de préserv­er la planète et de réalis­er des économies. Il ne faut pas hésiter à se lancer dans l’aventure et explor­er avec des objec­tifs ambitieux. Comme on le dit en anglais : Get start­ed ! »