Cam­pagne étab­lisse­ment sans per­tur­ba­teurs endocriniens

Coup de cœur de Ségolène Roy­al

Ségolène Roy­al, min­istre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer a accep­té de soutenir la cam­pagne du C2DS « Objec­tif étab­lisse­ment sans per­tur­ba­teurs endocriniens ». « J’ai été sen­si­ble aux sen­ti­ments qui ont inspiré votre démarche et c’est avec plaisir que j’accepte d’accorder mon par­rainage à cet événe­ment, » déclarait-elle dans un cour­ri­er adressé au C2DS.

Dix engage­ments pour faire bouger les lignes.

La cam­pagne invite les acteurs de san­té à met­tre en appli­ca­tion dix éco-gestes défi­nis par un groupe pluridis­ci­plinaire de pro­fes­sion­nels de san­té et à pren­dre con­science des effets de l’exposition à ces sub­stances chim­iques à chaque fois qu’elles ne sont pas choisies ou voulues comme dans cer­taines thérapies. Ces éco-gestes font l’objet d’une affiche et d’un fly­er péd­a­gogique.

Pour rap­pel, la France, qui s’est dotée en 2014 d’une stratégie nationale sur les per­tur­ba­teurs endocriniens, est précurseur sur cette ques­tion, au niveau européen. Au niveau nation­al, les étab­lisse­ments de san­té et médi­co-soci­aux ont un rôle impor­tant à jouer, en matière de préven­tion et d’éducation.
Pour s’informer sur cette cam­pagne : wiebke.winkler@c2ds.eu

Tout en cuiv­re

Clin­ique Ara­go, Paris (75)

La Clin­ique Ara­go est l’un des pre­miers étab­lisse­ments san­i­taires au monde à être entière­ment équipé de cuiv­re antibac­térien. La réno­va­tion de la clin­ique a été l’occasion de met­tre du cuiv­re partout où les mains peu­vent déplac­er des bac­téries. « Le cuiv­re est une très vielle con­nais­sance des médecins, au XIXe siè­cle on l’utilisait large­ment pour équiper les hôpi­taux », explique le Dr Philippe Lapresle, chirurgien orthopédiste et directeur général. « Il y a une dizaine d’années, on a redé­cou­vert son intérêt en rai­son de son incroy­able effi­cac­ité anti-bac­téri­enne. » Pour la clin­ique, dont une grande par­tie de l’activité con­cerne la chirurgie pro­thé­tique, com­bat­tre les infec­tions noso­co­mi­ales est une pri­or­ité. « Les mesures d’hygiène réduisent les risques de manière con­sid­érable et le cuiv­re vient en ren­fort », selon le Dr Olivi­er Char­rois, chirurgien orthopédiste et ges­tion­naire des risques. « L’efficacité du cuiv­re a été démon­trée, notam­ment dans les ser­vices de réan­i­ma­tion où les risques pour les patients frag­ilisés sont majeurs. » Les équipes soignantes sont for­mées et régulière­ment éval­uées sur les risques de trans­mis­sions manu­portées et les poignées de portes et les mains courantes en cuiv­re sont une pro­tec­tion sup­plé­men­taire pour les non-pro­fes­sion­nels.

La nais­sance, une affaire durable

Poly­clin­ique Saint-Côme, Com­piègne (60)

« Plus le nid est douil­let, plus les ailes sont grandes », c’est le slo­gan de la mater­nité de la Poly­clin­ique Saint-Côme, acteur de la pre­mière heure d’un développe­ment durable en mater­nité. « Nos équipes y sont sen­si­bil­isées depuis longtemps. Nous ne dis­tribuons plus de boîtes ros­es depuis plus de six ans ; nous avons par­ticipé à l’étude Méco’expo, qui a con­sisté à prélever des échan­til­lons de méco­ni­um de nou­veaux-nés et de cheveux de la maman, afin d’évaluer l’exposition des nou­veaux-nés aux pes­ti­cides ; nous tra­vail­lons avec l’Union régionale des cen­tres per­ma­nents d’initiatives pour l’environnement (URCPIE) de Picardie, qui vient faire de la préven­tion sur l’exposition aux pro­duits chim­iques auprès des jeunes mamans, mais aus­si des per­son­nels », nous livre Vin­cent Ves­selle, directeur. Comme l’explique Cécile Thiebaut, sage-femme cadre, les mater­nités ont une mis­sion de réflex­ion et d’information sur les ques­tions de san­té-envi­ron­nement et à Saint-Côme, les sages-femmes et aux­il­i­aires de puéri­cul­ture la vivent au quo­ti­di­en. « Notre tra­vail con­siste à revenir à l’essentiel dans les pra­tiques : gestes et pro­duits naturels avec les bébés, prox­im­ité, etc. Nous étu­dions soigneuse­ment la com­po­si­tion des pro­duits cos­mé­tiques util­isés pour les bébés, nous sommes for­més sur les ques­tions des per­tur­ba­teurs endocriniens et en cours de label­li­sa­tion IHAB. Nous ani­mons égale­ment plusieurs ate­liers heb­do­madaires pour les jeunes par­ents : portage, touch­er bien­veil­lance, lire avec bébé, sou­tien à l’allaitement, etc. » La mater­nité par­ticipe par ailleurs au pro­jet « Une nais­sance, un arbre » en parte­nar­i­at avec Tree nation et la forêt de la poly­clin­ique compte à ce jour plus de 300 arbres spon­sorisés.

L’affaire est dans le bac

Poly­clin­ique de Bor­deaux Ton­du (33)

La  Poly­clin­ique de Bor­deaux Ton­du tra­vaille d’arrache pied depuis 2014 à la réduc­tion de ses déchets indus­triels banal­isés (DIB) et DASRI. Après une phase de sen­si­bil­i­sa­tion, la poly­clin­ique est passée à la vitesse supérieure en procé­dant à l’identification des poubelles et de leur con­tenu, la four­ni­ture de bacs rigides pour le papi­er et le car­ton, l’aménagement des char­i­ots de ménage pour faciliter le tri sélec­tif, etc. Résul­tat des cours­es, une réduc­tion de 3 tonnes des déchets DASRI par an, soit 0,16 tonne sur 1000 journées d’hospitalisation et de séjours. Entre 2014 et 2015, avec une activ­ité con­stante, la poly­clin­ique a compt­abil­isé 20 bacs de DIB en moins et 9 bacs de carton/papier en plus. Dans la con­ti­nu­ité, la poly­clin­ique a mené une expéri­men­ta­tion sur les quan­tités de biodéchets par plateau repas et met en place actuelle­ment une fil­ière de col­lecte spé­ci­fique pour les déchets ali­men­taires.

La gestion des déchets par le menu

« Pour une bonne ges­tion des déchets pro­duits par les étab­lisse­ments de san­té et médi­co-soci­aux, déchets issus de médica­ments, déchets liq­uides » est l’intitulé du guide pra­tique du min­istère de la San­té qui vient de sor­tir. Il s’agit d’une Bible sur le sujet, fruit d’un tra­vail en col­lab­o­ra­tion avec le min­is­tère chargé de l’Environnement, et qui s’appuie sur les travaux d’un groupe d’experts mul­ti­dis­ci­plinaires.

Les étab­lisse­ments pro­duisent annuelle­ment env­i­ron 700 000 tonnes de déchets de toutes sortes (3,5 % de la pro­duc­tion nationale, don­nées 2010). Cela sig­ni­fie env­i­ron une tonne de déchets par lit et par an. Les DASRI représen­tent, à eux seuls, un gise­ment de 170 000 tonnes, pro­duits à 95 % par les étab­lisse­ments.

Les étab­lisse­ments s’intéressent pri­or­i­taire­ment à la ges­tion des déchets solides. Mais, depuis plusieurs années, les préoc­cu­pa­tions se por­tent aus­si vers la ges­tion des déchets liq­uides, par­mi lesquels les déchets liq­uides à risques qui devi­en­nent un nou­v­el enjeu.

Cette pub­li­ca­tion vous per­met de dis­tinguer les déchets dan­gereux et non dan­gereux et elle rap­pelle les élé­ments de ré­gle­men­ta­tion per­me­t­tant l’identification et la ges­tion adaptée des déchets liq­uides à risques (chim­ique, biologique, radioac­t­if) afin d’éviter leur dé­verse­ment dans le réseau d’eaux usées de l’établissement. Cer­tains déchets non col­lec­tables seront dé­versés dans le réseau d’eaux usées de l’établissement puis dans le sys­tème d’assainissement col­lec­tif ou dans le milieu ré­cep­teur, dans le respect des dis­po­si­tions ré­gle­men­taires (dé­verse­ments dû­ment autorisés).

Car­togra­phie des déchets, clas­si­fi­ca­tion, cir­cuit de traite­ment, règle­men­ta­tions et bonnes pra­tiques en l’absence de textes règle­men­taires, tri à la source : tout savoir en 4 chapitres et 140 pages.

Télécharg­er le Guide « Pour une bonne ges­tion des déchets pro­duits par les étab­lisse­ments de san­té et médi­co-soci­aux, déchets issus de médica­ments, déchets liq­uides »