Le som­met mon­di­al pour le cli­mat qui s’est déroulé avec suc­cès à Paris en décem­bre dernier est une étape d’un long chemin, celui d’un développe­ment durable de nos sociétés et de nos entre­pris­es de san­té.

Notre secteur privé MCO est à ce titre pio­nnier grâce aux ini­tia­tives remar­quables d’un grand nom­bre d’entre vous. Nous souhaitons ren­forcer ce dynamisme et le partager avec l’ensemble des clin­iques. Une démarche de développe­ment durable est une démarche glob­ale de recherche de la per­for­mance et de l’innovation.

Dans cet esprit, le Fil vert devient men­su­el et sera dif­fusé autour du 15 de chaque mois. Ensem­ble suiv­ons le Fil…

Bonne lec­ture !

Les initiatives

Le pla­tine, un métal pré­cieux val­orisé

Clin­ique Pas­teur, Toulouse

C’est l’équipe soignante du ser­vice de ryth­molo­gie car­diaque de la clin­ique Pas­teur à Toulouse qui a frap­pé à la porte de la ges­tion des risques : pourquoi ne pas tri­er et val­oris­er la par­tie en pla­tine des son­des à usage unique util­isées pour des exa­m­ens car­diaques ? Au respon­s­able tech­nique de trou­ver la solu­tion afin d’éviter que le pré­cieux métal soit jeté avec les DASRI. À Pas­teur, il est désor­mais séparé et envoyé en Grande-Bre­tagne – aucune entre­prise com­pé­tente n’existe en France – pour être retraité en sécu­rité. Le ser­vice toulou­sain réalise env­i­ron 5 000 exa­m­ens annuels avec cette sonde, et récupère ain­si un vol­ume con­sid­érable d’un à deux kilo­grammes de pla­tine par an. Grâce au dis­cerne­ment des salariés, la clin­ique réalise 40 000 euros d’économies annuelles.

Un éco-gym­nase mul­ti-récom­pen­sé

Clin­ique St Roch, Cam­brai

La démarche en développe­ment durable de cet étab­lisse­ment de san­té MCO est glob­ale mais c’est grâce à son éco-gym­nase label­lisé HQE et BBC (Bâti­ment basse con­som­ma­tion) que la clin­ique St Roch à Cam­brai s’est illus­trée dans la presse. Par ailleurs, le gym­nase abrite depuis peu une pièce de col­lec­tion de l’aviateur cam­brésien Louis Bléri­ot, l’aéroplane Bléri­ot XI. Après un trophée « san­té » remis par la FHP, et un trophée « entre­prise » remis en per­son­ne par Ségolène Roy­al, min­istre de l’Écologie, c’est un « Mar­tin et Mar­tine d’or », deux géants, sym­bol­es de la cité, que le Dr Joël Cliche, directeur, recevra de Mon­sieur le maire de Cam­brai le 22 jan­vi­er prochain. « Ce bâti­ment a de bonnes ondes. Nous le louons gra­cieuse­ment à de nom­breuses organ­i­sa­tions locales, c’est notre engage­ment dans notre ter­ri­toire qui sera ici récom­pen­sé » souligne-t-il. « Ces récom­pens­es ne changent rien, nous tra­vail­lons tous les jours comme d’habitude mais nos salariés et médecins sont fiers et en par­lent. »

La Clin­ique Juge opte pour le bois et la lumière naturelle

Clin­ique Juge, Mar­seille

Pour son pro­jet d’extension du ser­vice ambu­la­toire, la Clin­ique Juge à Mar­seille a opté pour une con­struc­tion faite de pan­neaux de bois mas­sif pré-découpés et mon­tés sur place. « C’est un vrai con­fort et un plus pour le chantier avec une qua­si absence de nui­sances liées à des travaux clas­siques : bruit, déchets de chantier, temps de con­struc­tion », pré­cise Fabi­en Penat, respon­s­able qual­ité et ges­tion des risques. Pour une qual­ité de vie opti­misée dans le bâti­ment, qua­tre puits de lumière naturelle sont instal­lés. « Ces con­duits reflè­tent la lumière naturelle grâce à un jeu de miroirs, des sur­faces haute­ment réfléchissantes qui don­nent une sen­sa­tion de clarté très impor­tante. Les patients et les salariés aiment beau­coup cette lumière. De plus, ces puits nous per­me­t­tent d’économiser de l’énergie puisqu’il s’agit d’un bâti­ment ambu­la­toire util­isé en journée seule­ment »,
pré­cise-t-il.

Vers une vac­ci­na­tion per­son­nal­isée ?

La min­istre de la San­té, Marisol Touraine, vient de lancer une série de mesures pour rétablir la con­fi­ance envers les vac­cins. La vac­ci­na­tion est une des prin­ci­pales avancées en san­té publique : elle ne fait pas débat.

Une expéri­ence inno­vante à l’Hôpi­tal Privé Nord Parisien (HPNP) situé à Sar­celles (95) met en évi­dence que 75 % des 144 per­son­nes volon­taires testées sont déjà immu­nisées. Et si une sérolo­gie vac­ci­nale était faite avant les rap­pels sys­té­ma­tiques de vac­ci­na­tion ou avant de nou­velles vac­ci­na­tions ? Et si on se dirigeait vers une vac­ci­na­tion per­son­nal­isée ?

Plus de 75 % des 144 pro­fes­sion­nels de san­té volon­taires, salariés ou médecins, de l’établissement dis­posent de suff­isam­ment d’an­ti­corps et sont déjà immu­nisés.
C’est ce que mon­trent les résul­tats de leurs dosages d’an­ti­corps anti-vac­cin­aux con­cer­nant 4 vac­cins dont 3 oblig­a­toires en milieu hos­pi­tal­ier : hépatite A (non oblig­a­toire) et B, le tétanos T, et la polio P.

63 % des per­son­nes sont pro­tégées con­tre l’hé­patite A
78 % con­tre l’hé­patite B
93 % con­tre le tétanos
63 % con­tre la polio

Rap­pelons que d’une part, le vac­cin n’est pas un acte de soin anodin et d’autre part, le cal­en­dri­er pro­posé par le cal­en­dri­er vac­ci­nal (oblig­a­toire) est théorique : chaque per­son­ne a son his­toire vac­ci­nale et sa réponse immu­ni­taire pro­pre.

« Mon devoir en tant qu’employeur est de pro­téger les salariés qui tra­vail­lent à l’hôpi­tal. L’étab­lisse­ment assure, avec le médecin du tra­vail, le suivi des oblig­a­tions vac­ci­nales règle­men­taires, il n’y a pas de débat sur ce point. Toute­fois, notre méti­er est de veiller quo­ti­di­en­nement à la per­ti­nence de cha­cun des actes de soins réal­isés, dans le cadre d’une réflex­ion béné­fice — risque. Nous avons ain­si réfléchi à la per­ti­nence des vac­ci­na­tions réal­isées oblig­a­toire­ment sur nos salariés selon un cal­en­dri­er imposé. Si un pro­fes­sion­nel est encore immu­nisé, la vac­ci­na­tion à date fixe est-elle per­ti­nente ? Nous délivrons une médecine per­son­nal­isée à nos patients, pourquoi ne pas réfléchir à une vac­ci­na­tion per­son­nal­isée pour nos per­son­nels ?  », déclare Charles-Antoine Ben­hamou, directeur général adjoint de l’H­P­NP.

Cette étude souligne la néces­sité de démarch­es de trans­parence de la poli­tique vac­ci­nale, d’in­for­ma­tions et de réas­sur­ance des citoyens con­cer­nant les vac­cins et enfin, de développe­ment de la recherche sci­en­tifique publique et privée sur la vac­ci­na­tion indi­vid­u­al­isée.

Cette expéri­ence à Sar­celles a été réal­isée par la CNMSE, Coor­di­na­tion nationale médi­cale de san­té envi­ron­nement, avec la col­lab­o­ra­tion du Comité d’hy­giène, de sécu­rité et des con­di­tions de tra­vail (CHSCT) de l’étab­lisse­ment, et la médecine du tra­vail. Ce tra­vail a reçu le sou­tien du Con­seil région­al d’Île-de-France ; les analy­ses san­guines ont été faites par le lab­o­ra­toire LABO XV.