Mesurer pour s’améliorer

L’hospitalisation privée est pio­nnière dans l’engagement d’une démarche de développe­ment durable et est en marche pour attein­dre les objec­tifs du Grenelle 2 à l’horizon 2020. Ces objec­tifs, con­fir­més par la loi sur la tran­si­tion énergé­tique pro­mul­guée le 17 août 2015, prévoit pour 2030, une réduc­tion des émis­sions de gaz à effet de serre de 40 %, une part d’énergies renou­ve­lables dans les con­som­ma­tions de 32 % et une baisse des con­som­ma­tions énergé­tiques de 20 %.

Les chiffres clés de la per­for­mance développe­ment durable des étab­lisse­ments privés MCO

Con­som­ma­tion énergé­tique :
110 kWh par journée d’hospitalisation (1)
13 kg équiv­a­lent CO2 énergie par journée d’hospitalisation (1)

Con­som­ma­tion d’eau :
488 litres par journée d’hospitalisation (1)
(Borne haute 1664, borne basse 130)

Tri des déchets :
13 fil­ières de déchets (1)
(Borne haute 49, borne basse 2)

Gaspillage ali­men­taire :
187 grammes de biodéchets par repas (0,50 cen­times) (2)
3 000 euros de pain par an sont jetés (étab­lisse­ment de 100 lits) (2)

1. Obser­va­toire de la per­for­mance développe­ment durable de l’hospitalisation privée, FHP, 2015
2. Réquamip, C2DS, Cam­pagne de pesée de 113 étab­lisse­ments en Midi-Pyrénées, 2015

Comprendre pour agir

Vision­ner le film : « Les clin­iques roulent au développe­ment durable » > https://youtu.be/NHfWee1kL6E

Lire dans la col­lec­tion FHP-MCO « 5min pour com­pren­dre » : « Les clin­iques roulent au développe­ment durable »

Les initiatives

Repenser le bio-net­toy­age

La Clin­ique du Pré, Le Mans (72)

 

L’engagement RSE de la Clin­ique du Pré, impul­sée par la direc­tion de manière très col­lab­o­ra­tive, se décline sur tous les volets d’une démarche de développe­ment durable : mise en place de 21 fil­ières de tri des déchets, poli­tique de réduc­tion des DASRI, tri de 100 % des biodéchets trans­for­més ensuite en biogaz, col­lecte de piles, util­i­sa­tion de véhicules élec­triques, etc. La clin­ique a par ailleurs reçu en 2015 un des Trophées du développe­ment durable remis lors du salon san­té-autonomie pour la refonte com­plète de ses activ­ités de bio-net­toy­age. Il s’agit de pro­duire soi-même sur site des solu­tions déter­gentes et dés­in­fec­tantes à par­tir d’eau, de sel et d’élec­tric­ité, grâce à l’élec­trol­yse puis d’utiliser des lavettes réu­til­is­ables et imprégnées en machine. La clin­ique qui utilise aus­si cette tech­nique pour dés­in­fecter ses blocs opéra­toires est précurseur en France et affiche de très bons résul­tats d’analy­ses. Résul­tats : — 63 % de réduc­tion des coûts en pro­duits d’en­tre­tien, soit 17 000 €, réduc­tion des trans­ports de pro­duits et des embal­lages. Cette démarche a per­mis à la clin­ique de reval­oris­er le poste d’agent d’entretien,  de pro­téger la san­té de ses per­son­nels en sup­p­ri­mant une bonne par­tie des pro­duits tox­iques util­isés, d’améliorer la qual­ité de l’air et de lim­iter les rejets de déchets pol­lu­ants. Pour rap­pel, la clin­ique s’é­tait dis­tin­guée lors de la semaine 2015 de développe­ment durable en offrant à 64 de ses employés deux poules dans le cadre de l’opéra­tion « Adopte2poules ».

Pour vision­ner le clip « Beau Tra­vail » : http://www.beautravail.org/index.php/metiers-cop21/211-agent-de-bio-net­toy­age

Moins 30% de fac­ture énergé­tique

La Clin­ique Saint George, Nice (06)

 

La Clin­ique Saint George à Nice affiche de bons chiffres selon l’Observatoire de la per­for­mance développe­ment durable de l’hospitalisation privée 2015, les résul­tats d’un tra­vail de fond. La clin­ique a opté pour des con­struc­tions basse con­som­ma­tion pour deux bâti­ments neufs, a amélioré l’isolation de ses locaux anciens suite à une pho­togra­phie aéri­enne par ther­mo­gra­phie qui analyse les déperdi­tions ther­miques des bâti­ments et avait pointé des besoins d’isolation impor­tants au niveau des fenêtres et des toits non végé­tal­isés. Con­cer­nant le volet chauffage-cli­ma­ti­sa­tion, l’installation de pom­pes à chaleur et un sys­tème VMC à flux inverse avec récupéra­tion air chaud et air froid ont per­mis de réalis­er une économie de 30 % sur la fac­ture énergé­tique. Par ailleurs, la clin­ique utilise 90 % de ses biodéchets pour pro­duire du com­post. Elle récupère les eaux de pluie pour ses espaces verts. Elle pos­sède enfin une voiture hybride et offre aux salariés une prime pour favoris­er le co-voiturage.

Recy­cler son énergie réac­tive

 Le PSR, Cler­mont-Fer­rand (63)

Le Pôle San­té République à Cler­mont-Fer­rand réu­tilise l’énergie réac­tive, non util­is­able directe­ment (30 %) qui com­pose l’électricité, avec l’énergie active directe­ment util­is­able par les appareils élec­triques (70 %). PSR rechig­nait à pay­er à perte l’électricité réac­tive, désor­mais fac­turée sur l’année par EDF. L’établissement a équipé son réseau élec­trique d’une bat­terie de con­den­sa­teurs qui récupèrent cette énergie et la restituent au réseau en cas de besoin. Un investisse­ment de 15 000 euros sur une fac­ture annuelle s’élevant à plus de 20 000 euros, rentabil­isé en 8 mois !

 

Vers des achats hos­pi­tal­iers respon­s­ables

L’indice vert de la CAHPP

 

Les étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers peu­vent acheter de façon plus verte et plus éthique. L’indice vert de la CAHPP appré­cie le degré d’engagement des 500 indus­triels et prestataires référencés par la cen­trale, d’un point de vue social, envi­ron­nemen­tal et économique. La CAHPP affiche depuis 2013 dans ses cat­a­logues un indice mil­lésimé : A, A+, A++.  Cette éval­u­a­tion per­met à l’ensemble du secteur de la san­té de choisir des four­nisseurs qui pren­nent en compte les impacts soci­aux et envi­ron­nemen­taux et qui pro­posent des pro­duits moins con­som­ma­teurs en énergie et en ressources naturelles, réduisant ain­si à long terme les dépens­es de san­té tout en gag­nant en effi­cac­ité et en économie.

La CAHPP a par ailleurs obtenu fin 2014 l’évaluation AFAQ dans la caté­gorie respon­s­abil­ité socié­tale des entre­pris­es (RSE) achats respon­s­ables, issue de lSO 26000 et délivrée par l’AFNOR.

Le CNOM a été actif pendant la COP21, quel est le rôle des médecins ?

C’est parce que les médecins affirmeront que l’un des enjeux cli­ma­tiques et envi­ron­nemen­taux est la san­té des pop­u­la­tions, qu’on pour­ra de notre côté agir pour qu’il y ait une prise de con­science générale sur le fait que le risque envi­ron­nemen­tal est un risque que nous encourons tous poten­tielle­ment.

Il n’y aura pas de solu­tions aux prob­lèmes cli­ma­tiques et envi­ron­nemen­taux unique­ment en met­tant en œuvre des straté­gies indus­trielles et nationales. Il fau­dra rassem­bler l’ensemble des acteurs pour y apporter des solu­tions. Les pro­fes­sion­nels de san­té et les médecins sont des acteurs majeurs dans les pos­tu­lats qui con­sis­tent à agir par antic­i­pa­tion. En l’absence de résul­tats posi­tifs sur les ques­tions cli­ma­tiques, ce sont les pro­fes­sion­nels de san­té qui seront face aux con­séquences de ces enjeux cli­ma­tiques ratés, et les pop­u­la­tions et donc les sys­tèmes de san­té, qui seront les pre­miers impactés.

L’Ordre des médecins français, qui est très investi dans l’Association médi­cale mon­di­ale (AMM) sur les ques­tions envi­ron­nemen­tales, a rap­pelé aux négo­ci­a­teurs de la COP 21 que l’objectif pri­mor­dial des négo­ci­a­tions est que la san­té des pop­u­la­tions soit garantie, au tra­vers d’actions indus­trielles qui seront menées mais aus­si en préser­vant l’environnement de ces pop­u­la­tions.

Est-ce que la santé a eu toute sa place durant la COP21 ?

La san­té a été totale­ment absente de la COP 21. J’avais rap­pelé à Lau­rent Fabius lors d’une ren­con­tre, qu’une COP21 qui ne par­lerait que d’engagements nationaux et de respect de résul­tats en occul­tant l’aspect « san­té », alors que le change­ment cli­ma­tique impacte en pre­mier lieu la san­té, serait imman­quable­ment à côté de ses objec­tifs.
 

Quelle est votre feuille de route pour l’après COP21 ?

Nous allons tra­vailler avec l’Association médi­cale mon­di­ale (AMM) et le Comité per­ma­nent des médecins européens (CPME) pour la com­mu­nauté européenne, afin que nous puis­sions faire par­tie des struc­tures qui assureront le suivi des résul­tats en matière de COP21, 22, etc. Nous talon­nerons en per­ma­nence les acteurs insti­tu­tion­nels nationaux et inter­na­tionaux, ain­si que les organ­ismes de san­té mon­di­aux pour qu’il y ait une prise de con­science générale sur les ques­tions de san­té envi­ron­nemen­tale et leur rap­pel­er en per­ma­nence que l’objectif n°1 est la san­té.