Le mot de l’AFC-UNHPC

Lors de la pré­pa­ra­tion des « Fils Ros­es » pour cette année 2015, nous avions fait le choix de ne pas évo­quer les par­ti­sans de l’anti-dépistage.

Mais compte tenu de l’ampleur de la cam­pagne des « antis » dénom­mée « Can­cer-Rose », nous tenons à nous inscrire en faux sur un grand nom­bre de leurs argu­ments :

  • La mam­mo­gra­phie « out­il de diag­nos­tic mais pas de dépistage » selon eux ;
  • Le risque de sur­diag­nos­tic ;
  • Le dépistage comme une source d’angoisse pour les femmes ;
  • Pas de béné­fice au dépistage : tou­jours autant de gross­es tumeurs, pas d’amélioration de la longévité des femmes, etc.

Il est bien démon­tré que la survie des femmes atteintes d’un can­cer (dépisté ou décou­vert autrement) aug­mente de façon pré­cise depuis 2005, soit depuis le début du dépistage organ­isé. Et parce que les tumeurs diag­nos­tiquées le sont à un stade de plus en plus pré­coce, leur traite­ment est de moins en moins lourd et agres­sif.

Doit-on deman­der aux femmes de ne pas être dépistées pour éviter une cer­taine angoisse au moment de la mam­mo­gra­phie et devoir subir ensuite des traite­ments lourds et par­fois dif­fi­ciles à assumer ?

Sans par­ler des coûts pour la col­lec­tiv­ité : le traite­ment d’un can­cer du sein avancé (soit : chirurgie + chimio­thérapie + radio­thérapie) est trois à qua­tre fois plus élevé que lorsque la tumeur est diag­nos­tiquée tôt, et que le seul traite­ment par chirurgie, par exem­ple, est suff­isant.

Il ne faudrait pas que ces posi­tions extrémistes et rétro­grades dimin­u­ent l’impact de la cam­pagne Octo­bre Rose. Même si des arti­cles sérieux et très récents sug­gèrent un dépistage moins lourd : une mam­mo­gra­phie tous les ans à par­tir de 45 ans, eu lieu de 40 ans, pour les femmes à risques, et une mam­mo­gra­phie tous les deux ans à par­tir de 50 ans pour les autres femmes (Amer­i­can Can­cer Soci­ety). Il s’agit davan­tage ici d’un ajuste­ment entre les résul­tats du dépistage et les con­nais­sances sci­en­tifiques que le retour en arrière prôné par les « anti-dépistage ».

Recon­nais­sons à Octo­bre Rose son immense impact sur les femmes tant en ce que cet évène­ment per­met de dif­fuser des infor­ma­tions sur la néces­sité de diag­nos­tics pré­co­ces, qu’en ce qu’il représente une immense porte ouverte à l’expression des citoyennes.

Dr Anne Mal­let
Secré­taire nation­al de l’AFC-UNHPC

Pour Octobre Rose, vous ne manquez pas d’idées !

Un fil rouge pour Octobre Rose — Clinique Tivoli Ducos, Bordeaux

Comme chaque année, la Clin­ique Tivoli Ducos à Bor­deaux s’or­gan­ise pour Octo­bre Rose. A côté des tra­di­tion­nels stands d’information et ate­liers, le fil rouge de cette année a été la créa­tion de coussins cœurs pour les patientes ayant subi des mas­tec­tomies par­tielles ou totales. Depuis le mois d’avril de nom­breux bénév­oles, anci­ennes patientes, familles, per­son­nels, asso­ci­a­tions ont fait du cousu main. Plus de 60 coussins, tous très beaux et surtout per­son­nal­isés, sont dis­tribués aux nou­velles opérées durant le mois d’octobre. Autre moment fort du mois, la décou­verte de la 5e saveur : l’umami, con­trac­tion des mots japon­ais « umai » (déli­cieux) et « mi » (goût), lit­térale­ment « goût déli­cieux » en com­pag­nie d’un chef cuisinier japon­ais Mme Junko Saku­rai et de M. Julien Mar­i­on, diététi­cien à la Clin­ique. L’umami, la 5e saveur, vient en com­plé­ment des qua­tre goûts fon­da­men­taux: le salé, le sucré, l’acide et l’amer et se retrou­ve dans de nom­breux ali­ments. Décou­vrir de nou­veaux goûts mais surtout pren­dre con­science qu’il existe des ali­ments aux ver­tus thérapeu­tiques à base de champignons ou d’algues, est l’objectif de cet évène­ment.

« L’air de rien », une expérience artistique originale — Clinique Le Confluent, Nantes

La Clin­ique Le Con­flu­ent est un groupe indépen­dant, né du regroupe­ment des Nou­velles Clin­iques Nan­tais­es et du Cen­tre Cather­ine de Sienne, à Nantes. Il développe de nom­breux pro­jets artis­tiques chaque année qui visent à « per­me­t­tre une expres­sion de soi, des échanges con­vivi­aux, des ren­con­tres enrichissantes, des expéri­ences orig­i­nales pour les patientes atteintes du can­cer du sein, créer un lien pos­si­ble entre les dif­férents ter­ri­toires : médi­cal, social, cul­turel et artis­tique mais en offrant à l’humain sa juste place ». Cette année, c’est un court métrage musi­cal inti­t­ulé « L’Air de rien » qui est réal­isé ; il racon­te la vie de Rose, cais­sière dans un super­marché et atteinte d’un can­cer. « Ani­mée par son envie d’imaginer sa vie autrement, elle s’inscrit avec ses col­lègues de tra­vail à un con­cours de chant : les Supérettes comptent bien cass­er la baraque ! Mais tout bas­cule… ». Un pro­jet porté par l’E­space de ren­con­tres et d’information (ERI®), espace non médi­cal ani­mé par un accom­pa­g­na­teur en san­té non soignant, dédié aux patients atteints de can­cer et à leurs proches, créé en 2011. Le Con­flu­ent a égale­ment reçu les équipes de TF1 qui ont recueil­li les paroles des con­joints de malades du can­cer du sein, des témoignages qui ont ému les téléspec­ta­teurs.

Octobre Rose sportif — Polyclinique du Cotentin, Cherbourg

Parce que le sport est essen­tiel à la remise en forme après un can­cer du sein, la Poly­clin­ique du Cotentin à Cher­bourg a souhaité pour la pre­mière fois dans le cadre de Octo­bre Rose com­mu­ni­quer et informer d’une part sur son dis­posi­tif d’annonce, encore trop sou­vent mécon­nu des patients, et d’autre part informer sur toutes les pos­si­bil­ités de repren­dre de l’exercice après un traite­ment. A cha­cun son élé­ment, sports d’eau ou sports ter­restres, deux asso­ci­a­tions Aquas­an­té et Ashaineville sont venues présen­ter leurs offres sportives tout en pro­posant aux patients d’adhérer au pro­jet Ima­pac (Ini­ti­er et main­tenir une activ­ité physique après le can­cer). Les salariés, vis­i­teurs, médecins, tous impliqués dans l’évènement ont large­ment par­ticipé au chal­lenge « car­dio train­ing » dans le hall de la poly­clin­ique pour faire grimper le comp­teur, un euro par kilo­mètre étant offert par l’établissement aux asso­ci­a­tions. Enfin l’ensemble des per­son­nels ont joué le jeu et ont revê­tu le rose le temps d’une journée pour bien mar­quer leur engage­ment pour cette cause.

Faites étape à la Clinique de l’Estrée à Stains pour Octobre Rose — Clinique de l’Estrée, Stains

Le 10 octo­bre dernier, la Clin­ique de l’Estrée s’est trans­for­mée en gîte d’étape pour les par­tic­i­pants à la marche inter­com­mu­nale des villes de Pier­refitte et Stains avec un accueil de l’ensemble des per­son­nels et une col­la­tion offerte aux marcheurs, venus assis­ter à la prise de parole de la direc­tion de l’établissement et celle du maire de la ville. Une journée dédiée à Octo­bre Rose a égale­ment été organ­isée au sein de l’étab­lisse­ment avec les asso­ci­a­tions parte­naires de la clin­ique : Le Comité départe­men­tal des can­cers du 93, La Ligue con­tre le can­cer et le réseau Ac San­té 93. La clin­ique a décidé ce jour-là de « frap­per » fort en con­coc­tant dans le cadre de l’ate­lier nutri­tion, des cock­tails antioxy­dants aux carottes, gin­gem­bre, etc.

Flash mob pour Octobre Rose — Clinique du Pont de Chaume, Montauban

Pour la pre­mière fois cette année, la Clin­ique du Pont de Chaume à Mon­tauban a par­ticipé à Octo­bre Rose et a imag­iné une choré­gra­phie dans le hall de l’établissement : un flash mob avec plus de 200 per­son­nes, relayé en boucle sur les écrans de la clin­ique pen­dant une semaine. « Nous avons eu le sou­tien de notre direc­tion pour ce pro­jet et nous en sommes très heureux », souligne Anne-Marie Catay, cadre en médecine. Pen­dant une semaine entière les con­férences menées par des experts sur des thèmes fon­da­men­taux tels que la radi­olo­gie, l’oncologie et la gyné­colo­gie, le dépistage, l’activité physique adap­tée se sont suc­cédées ain­si qu’une ren­con­tre lit­téraire avec Car­o­line Cotin­aud, auteur du livre « Un Can­cer et alors ? », un témoignage humoris­tique sur un sujet grave. Les per­son­nels, ent­hou­si­astes, ont active­ment par­ticipé à cette semaine en endos­sant le rose et ont souhaité informer le plus grand nom­bre sur l’importance du dépistage. Des stands tenus par les parte­naires de la semaine : la Ligue con­tre le Can­cer, l’e­space Bour­delle, le GIP Dépistage… et des ate­liers de relax­ation, manu­cure et diété­tique ont été ani­més par la psy­cho­logue, la socio-esthéti­ci­enne et la diététi­ci­enne de la Clin­ique. « Nous sommes des per­son­nels de soins, mais aus­si des femmes pour la plu­part et nous voulions qu’Octobre Rose nous par­le et par­le aux autres », soulig­nent Anne-Marie Catay et Céline Gui­tierez assis­tante sociale. Très belle pre­mière !

Ne les cachez plus ! — Polyclinique du Parc de Cholet (49)

C’est le slo­gan que l’on pou­vait lire sur les T‑shirts des per­son­nels, féminins, de la clin­ique pour Octo­bre Rose. Un poil provo­ca­teur, la clin­ique a souhaité relay­er ce mes­sage clair d’incitation au dépistage du can­cer du sein de l’association Après Envol, qui a élu domi­cile à la clin­ique le 10 octo­bre dernier pour répon­dre aux inter­ro­ga­tions des femmes et des pro­fes­sion­nels de san­té sur les modal­ités de dépistage adap­tées aux dif­férents niveaux de risque. Egale­ment très impliquée sur le volet nutri­tion et can­cer, la clin­ique n’a pas hésité à envoy­er sa diététi­ci­enne aux heures d’affluence des Halles de Cho­let pour par­ler ali­men­ta­tion et can­cer, soutenue par l’ensemble des com­merçants et arti­sans vêtus de rose pour l’occasion. Retour sur la journée Octo­bre Rose à Cho­let.

L’INTERVIEW

La recherche clinique autour du cancer du sein, où en est-on ?

La recherche clin­ique est con-sub­stantielle de la can­cérolo­gie. On adhère à des essais thérapeu­tiques qui tour­nent autour de deux axes : — util­i­sa­tion de tests pour définir de manière ciblée quels patients pour­ront béné­fici­er de quels traite­ments, avec des clas­si­fi­ca­tions et des sous-clas­si­fi­ca­tions de patients ; — recours selon les cas à la chimio­thérapie ou à l’utilisation de nou­velles molécules. Le can­cer du sein, plus médi­atisé que d’autres can­cers, a été leader dans le domaine de la recherche de nou­velles molécules, les lab­o­ra­toires étant intéressés pour les dévelop­per en rai­son du nom­bre élevé de nou­veaux cas chaque année. On con­state égale­ment que d’autres patholo­gies hor­mono-dépen­dantes béné­fi­cient de la recherche menée autour du can­cer du sein, comme le can­cer de la prostate, qui touche des per­son­nes de plus en plus jeunes et qui béné­fi­cient du même cir­cuit : dépistage, prise en charge pré­coce, sélec­tion des traite­ments à l’aide de tests géné­tiques, traite­ments hor­monaux, etc., ou les can­cers du poumon et de la peau traités par immunothérapie et le can­cer diges­tif et du côlon qui béné­fi­cient désor­mais d’une prise en charge recon­nue et val­orisée, à l’instar de ce qui a été fait pour le can­cer du sein.

Que fait Vivalto Santé en termes de recherche clinique ?

Vival­to San­té mène actuelle­ment quelque 150 études ouvertes aux inclu­sions notam­ment en gyné­colo­gie, diges­tif et urolo­gie et est pro­mo­teur d’essais pour cer­taines études. Nous menons un tra­vail mul­ti-cen­tres avec des étab­lisse­ments appar­tenant au groupe mais pas unique­ment. Nous sommes sol­lic­ités par les clin­i­ciens mais aus­si par les lab­o­ra­toires phar­ma­ceu­tiques, en par­tie parce que, forts de notre file active impor­tante, nous avons la pos­si­bil­ité d’élargir notre base d’inclusions de manière dynamique. Notre capac­ité à fédér­er plusieurs cen­tres est égale­ment un gage de con­fi­ance pour nos parte­naires financeurs. Vival­to San­té investit égale­ment énor­mé­ment sur fonds pro­pres, notam­ment au niveau de la logis­tique, ARC, etc. Les équipes de Vival­to San­té se tour­nent par ailleurs vers le pro­gramme de recherche trans­la­tion­nelle en san­té (PRTS) qui per­met de ne plus être oblig­a­toire­ment con­traint d’attendre la phase 3 des étapes de recherche clin­ique, qui peu­vent s’étendre sur plusieurs années, c’est-à-dire au-delà de l’espérance de vie du malade, pour lui pro­pos­er un traite­ment promet­teur. Ces pro­grammes sont extrême­ment encadrés par des lab­o­ra­toires de recherche fon­da­men­tale. Glob­ale­ment, nous pen­sons qu’il est impor­tant que les patients aient accès aux meilleurs traite­ments pos­si­bles suiv­ant leur type de can­cer, indépen­dam­ment du statut de l’établissement dans lequel ils sont traités. C’est déon­tologique­ment indis­so­cia­ble du traite­ment du can­cer. D’un point de vue médi­cal, on s’engage dans la recherche clin­ique dans un souci d’excellence. Cela passe en pre­mier lieu par une par­tic­i­pa­tion active du secteur privé à la recherche clin­ique et par des col­lab­o­ra­tions. Le groupe Vival­to San­té col­la­bore avec dif­férents CHU, dont celui de Rennes, sur des études indus­trielles, des obser­va­toires ou des PHRC (Pro­gramme hos­pi­tal­iers de recherche clin­ique). Gér­er ensem­ble des pro­grammes de recherche per­met d’allier nos forces, pour nous de nous rap­procher des uni­ver­si­taires et pour eux du poten­tiel de nou­veaux patients can­di­dats à l’inclusion et d’obtenir des finance­ments publics. La ques­tion de la sat­u­ra­tion des plate­formes génomiques, toutes situées dans le secteur pub­lic, avec des délais d’attente ubuesques pour les typages de can­cer, est un non-sens pour l’ensemble des onco­logues et des patients, qu’ils soient traités d’ailleurs dans un étab­lisse­ment pub­lic ou privé.

Quels sont les autres axes de travail de Vivalto Santé ?

Vival­to San­té, con­for­mé­ment aux pré­con­i­sa­tions du plan can­cer 3, tra­vaille sur l’après can­cer, c’est-à-dire qu’il a mis sur pied des pro­jets de réadap­ta­tion des patients en rémis­sion, comme par exem­ple des pro­jets de réadap­ta­tion à l’effort. Un pro­gramme intéres­sant mené de front avec le CHU de Rennes et un interne qui écrit un mémoire à ce sujet, va nous per­me­t­tre de com­par­er les patients qui font de l’exercice et que nous allons suiv­re à l’aide d’un bracelet, et ceux qui ne font pas de réé­d­u­ca­tion. L’idée est de savoir quel est le meilleur pro­gramme d’éducation physique que nous pour­rions pro­pos­er à nos patients après un can­cer. Les pro­jets après can­cer per­me­t­tent de refer­mer la par­en­thèse post-traite­ment en douceur. Glob­ale­ment, nous allons faire ren­tr­er d’autres spé­cial­ités que la can­cérolo­gie dans la recherche clin­ique. Il s’agit de pro­jets de recherche en anesthésie, endocrinolo­gie, pédi­a­trie, néona­tolo­gie et urgences.