Le mot de l’AFC-UNHPC

L’importance de la recherche clin­ique dans la prise en charge des can­cers du sein

Le can­cer du sein est le pre­mier can­cer pour lequel une thérapie dite « ciblée » a été pro­posée aux patientes. La recherche a per­mis de déter­min­er que cer­taines tumeurs du sein sont, ou non, sen­si­bles aux hor­mones féminines. En effet, cer­taines tumeurs se dévelop­pent plus vite chez les femmes non ménopausées, que chez les femmes plus âgées. Ain­si, les chercheurs ont pu isol­er des récep­teurs hor­monaux sur cer­taines tumeurs. De ce fait, un médica­ment, le Tamox­ifène, a été dévelop­pé et pro­pose une hor­monothérapie per­me­t­tant aux femmes por­teuses d’une tumeur dite hor­mono­sen­si­ble de faire dimin­uer les sécré­tions d’hormones respon­s­ables du développe­ment de leur can­cer.

Aujourd’hui, on sait rechercher des fac­teurs de risque de grav­ité dans le génome des tumeurs : ce sont les gènes dits BCRA, dont la présence indique une tumeur agres­sive, et dont la détec­tion per­met une adap­ta­tion des traite­ments en con­séquence.

Dans le domaine de la recherche, chaque année, des muta­tions sur l’ADN des tumeurs sont décou­vertes. Les bases de don­nées con­sti­tuées par les types de tumeurs et leurs muta­tions géné­tiques sont une for­mi­da­ble source de savoir. Seules la recherche et l’expérimentation de nou­veaux traite­ments adap­tés per­me­t­tront de réduire encore la mor­tal­ité de ce can­cer.

Ain­si, cette patholo­gie a été un précurseur dans le développe­ment de ce qui est appelé Thérapies Ciblées pour d’autres types de can­cer.

De nom­breux étab­lisse­ments privés et équipes de can­cérolo­gie médi­cale ont par­ticipé à ces pre­miers essais clin­iques dans le can­cer du sein.

L’AFC-UNHPC souhaite voir une forte aug­men­ta­tion de la par­tic­i­pa­tion de nos équipes à la recherche clin­ique. C’est un gage de qual­ité pour les patients ! Ain­si, nous pro­poserons fin 2015 un guide qui per­me­t­tra aux équipes de can­cérolo­gie de se struc­tur­er afin de pou­voir dévelop­per ces activ­ités, de se regrouper, et à terme de pou­voir dou­bler le nom­bre de patients inclus dans des pro­to­coles de recherche, con­for­mé­ment à l’un des objec­tifs fon­da­men­taux du Plan Can­cer 3.

Dr Anne Mal­let
Secré­taire nation­al de l’AFC-UNHPC

Pour Octobre Rose, vous ne manquez pas d’idées !

Une toile à 140 mains — Clinique de la Défense, Nanterre

La Clin­ique de la Défense à Nan­terre, appar­tenant au groupe Ram­say Genérale de San­té, a choisi la vis­i­bil­ité pour mar­quer son engage­ment dans le dépistage du can­cer du sein, durant Octo­bre Rose : ban­de­role et bal­lons ros­es à l’entrée, affich­es aux admis­sions et dans les ser­vices de soins, fly­ers à l’accueil et dans les secré­tari­ats, port de nœuds ros­es par les per­son­nels d’administration, de tenues à usage unique ros­es par les per­son­nels de soins, sets de table de sen­si­bil­i­sa­tion sur les plateaux repas des per­son­nels et un menu à thème. Cette année, un évène­ment par­ti­c­ulière­ment par­tic­i­patif et ludique a été pro­posé par la clin­ique à ses patients et pro­fes­sion­nels de soins : la réal­i­sa­tion d’une acrylique sur toile, dev­enue en un jour seule­ment un tableau à 140 mains ! Plus de 70 patientes et patients sont venus au cours d’une journée y apporter leur coup de pinceau. « La toile a voy­agé au sein de la clin­ique durant toute une journée et cha­cun a pu inter­venir avec une touche de couleur, une forme, un trait, un point, et ain­si sym­bol­is­er sa présence », explique Frédéric Picard, directeur des opéra­tions, qui ajoute que cette toile désor­mais exposée dans le hall de l’établissement, « rap­pelle la mobil­i­sa­tion de la clin­ique en faveur du dépistage du can­cer du sein ».

Mettre les petits plats dans les grands — Polyclinique du Parc Rambot, Aix en Provence

A l’initiative du Dr Véronique Vai­ni-Cowen, chirurgien gyné­cologique et mam­maire à la Poly­clin­ique du Parc Ram­bot, durant tout le mois d’octobre, toutes les patientes opérées d’un can­cer du sein se ver­ront offrir un repas cuis­iné par l’un des cinq chefs étoilés par­tic­i­pant à l’action : Jean-Marc Ban­zo, chef dou­ble­ment étoilé et auteur de « Can­cer et Gas­tronomie », Math­ias Dan­dine, Dan Bessou­do, Marc de Pas­so­rio, tous trois déten­teurs d’une étoile Miche­lin ain­si que Ronan Ker­nen et Arnaud Davin. « Cette ini­tia­tive sym­bol­ique a pour but de rap­pel­er que le plaisir de la table est une valeur non nég­lige­able », souligne le Dr Vai­ni-Cowen « et nous voulons faire en sorte que nos patientes con­ser­vent ce plaisir même durant cette épreuve. Nous souhaitons que cette action ne soit pas ponctuelle et qu’elle s’intègre dans un véri­ta­ble tra­vail qui per­me­t­tra de met­tre en évi­dence les effets posi­tifs d’une bonne nutri­tion et du traite­ment du can­cer du sein. »

Vu à la télé ‑La Polyclinique Sainte Marguerite d’Auxerre informe ses patients via ses petits écrans

Dif­fi­cile de pré­ten­dre ne pas être au courant de l’engagement de la Poly­clin­ique Sainte Mar­guerite pour Octo­bre Rose quand les infor­ma­tions passent en boucle sur la chaîne TV et le jour­nal internes durant tout le mois d’octobre. Du 10 au 18 octo­bre, trois actions phares mobilisent les équipes : les tech­ni­ciens d’une part qui sont en charge de l’éclairage rose à l’extérieur et à l’intérieur de l’établissement, les per­son­nels soignants qui, en coopéra­tion avec l’AIDEC, la Ligue con­tre le can­cer et Europa Don­na, ont tenu un stand d’information le 12 octo­bre et enfin toutes les équipes qui ont par­ticipé à la marche Odyssea dimanche dernier. Par ailleurs, la poly­clin­ique n’a pas lés­iné sur les petites atten­tions qui font du bien — repas ros­es, mac­arons ros­es, dis­tri­b­u­tion d’une rose à chaque per­son­ne vis­i­tant le stand – et qui rap­pel­lent l’importance du dépistage du can­cer du sein.

« Les Tétons de la Reine Margot » — Polyclinique de Navarre, Pau

Ini­tia­tive tout à fait orig­i­nale mais surtout gour­mande que celle de la Poly­clin­ique de Navarre qui s’est asso­ciée pour Octo­bre Rose à un con­fiseur, Fran­cis Miot, meilleur con­fi­turi­er de France. Pour la petite his­toire, il est le père des « Tétons de la Reine Mar­got », frian­dise choco­latée pleine de sur­pris­es : choco­lat au lait, pral­iné amande et orange, recou­vert de choco­lat blanc. A la poly­clin­ique, les patientes et les salariées reçoivent une brochure d’information sur le dépistage organ­isé du can­cer du sein ain­si qu’un bal­lotin choco­laté sur­prise, his­toire de pren­dre du plaisir en s’informant sur des choses très sérieuses. Dans les points de vente des pro­duits de M. Miot, un espace de pro­mo­tion de la cam­pagne Octo­bre Rose est organ­isé durant tout le mois d’octobre et une part des béné­fices des ventes des « Tétons de la Reine Mar­got » est rever­sée à la Ligue con­tre le Can­cer pour financer la recherche. D’autre part, la façade de la poly­clin­ique s’illumine de rose le soir et des sil­hou­ettes ros­es ont été placées dans l’allée prin­ci­pale et accueil­lent patients et vis­i­teurs. Enfin, toute per­son­ne qui fran­chit le seuil de la poly­clin­ique est invitée à soutenir la cam­pagne de dépistage en inscrivant son nom sur un car­ton rose, épinglé sur « l’arbre à sou­tien » à l’entrée de l’établissement. « En quelques jours, plus de 250 sou­tiens ont déjà fait rosir l’arbre », souligne Jes­si­ca Gois­nard, en charge des rela­tions avec les usagers et de la com­mu­ni­ca­tion à la poly­clin­ique. Action à suiv­re par ailleurs sur la page Face­book de l’établissement.

L’INTERVIEW

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Comment définir votre association ?

Elle existe depuis 1975, nous fêtons cette année nos 40 ans, 120 bénév­oles dans notre asso­ci­a­tion, toutes d’anciennes malades du can­cer du sein, répar­ties dans 60 villes de France, vis­i­tent des femmes qui vien­nent de se faire opér­er d’un can­cer du sein, avant tout pour une écoute. Un homme a rejoint depuis deux ans l’as­so­ci­a­tion et fait surtout de l’é­coute télé­phonique. En 40 ans, nous avons fait quelque 270 000 vis­ites et avons eu 300 000 con­tacts. Lorsqu’une femme est atteinte d’un can­cer du sein, l’an­nonce est un choc, c’est très vio­lent et elle a sou­vent du mal à se pro­jeter dans la vie après le can­cer. Nous sommes la seule asso­ci­a­tion can­cer du sein à offrir une écoute aux nou­velles opérées. Nous sommes com­plé­men­taires du per­son­nel médi­cal mais n’avons pas accès au dossier patient. Nous don­nons un temps pré­cieux que le per­son­nel ne peut pas for­cé­ment accorder aux patientes. Les bénév­oles de notre asso­ci­a­tion lors du recrute­ment par­ticipent tout d’abord à un entre­tien, puis vis­i­tent les patients au départ en binôme. Elles suiv­ent ensuite une for­ma­tion à l’écoute avec un psy­cho­logue, avant d’intervenir seules auprès des malades. Nous par­ticipons tous les ans à des analy­ses de pra­tiques. Nous sommes con­fron­tés à plusieurs freins, les récidives, le coût des for­ma­tions, les dif­fi­cultés à recruter, car de nom­breuses patientes veu­lent tout sim­ple­ment oubli­er, ce que l’on peut com­pren­dre.

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Comment se déroule les entretiens ?

Chaque vis­ite est unique et nous voyons les patientes en moyenne une seule fois. Nous n’avons pas leurs coor­don­nées, aus­si, ce sont elles qui déci­dent ou non de nous rap­pel­er. Nos entre­tiens sont de vraies ren­con­tres dans lesquelles les femmes se sen­tent com­pris­es et écoutées ce qui leur laisse entrevoir un après. Pourquoi pas moi ? Il y a une vraie com­plic­ité entre femmes, sou­vent des échanges forts et une réelle chaleur qui se dégage. Les bénév­oles sont por­teuses d’espoir, dans le sens où elles aus­si ont vécu la même chose et s’en sont sor­ties. Nous lais­sons égale­ment aux femmes qui ont subi une mas­tec­tomie une pro­thèse pro­vi­soire ce qui leur per­met de retrou­ver « leur sil­hou­ette » dès la sor­tie.

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Quelles évolutions constatez-vous ?

Au niveau de la mal­adie, on con­state que les femmes sont beau­coup mieux infor­mées, donc plus aptes à affron­ter leur par­cours qu’il y a quelques années. Nous aus­si nous nous adap­tons et évolu­ons dans nos pra­tiques… par­fois même il faut informer et met­tre en garde sur les risques d’internet. Par con­tre, l’évolution de la prise en charge de la chirurgie de can­cer, par­fois en ambu­la­toire nous pose prob­lème. Nous avons de plus en plus de mal à entr­er en con­tact avec les malades. Hos­pi­tal­isées sur des péri­odes de plus en plus cour­tes, ces patientes vont devoir vivre la phase post-opéra­toire par­fois sans sou­tien moral. La per­son­ne est livrée à elle-même avec ses inquié­tudes et ses angoiss­es alors qu’elle doit se recon­stru­ire morale­ment. Il y a un risque de banal­i­sa­tion pour elle et l’en­tourage : « tu sors, donc tout va bien! » C’est la rai­son pour laque­lle nous pro­posons égale­ment des entre­tiens télé­phoniques, en atten­dant un jour de pou­voir avoir une vraie hot­line. Je souhait­erais prof­iter de cette for­mi­da­ble plate­forme qu’est Fil Rose pour lancer un appel : « Si vous avez eu un can­cer du sein, ter­miné vos traite­ments, si vous avez envie d’ap­porter à des femmes l’aide que vous avez reçue ou que vous auriez aimé recevoir », vous pou­vez con­tac­ter Mar­tine Hervé au 02 41 64 49 30.
L’association « Vivre comme avant » recrute !