GRAND ANGLE

En Ital­ie, 50 000 nou­veaux cas de can­cer du sein sont red­outés en 2016

Sur les 31,9 mil­lions de femmes en Ital­ie (61,6 mil­lions d’habitants), 47 500 femmes étaient nou­velle­ment atteintes d’un can­cer du sein en 2012 et 50 000 sont atten­dues en 2016. Les chances de survie sont en Ital­ie de 80 % supérieures à la moyenne européenne qui s’élève à 76 %.

À l’instar des autres pays européens, le min­istère de la San­té ital­ien a lancé un plan nation­al de préven­tion du can­cer du sein en 2001. L’objectif de diminu­tion de la mor­tal­ité est-il atteint avec une baisse enreg­istrée de 30 % ? Notons qu’en Ital­ie 33,5 mam­mo­graphes par mil­lion d’habitant sont disponibles, c’est à dire plus du dou­ble qu’en Espagne (15,9).

L’association inter­na­tionale Europa Don­na est très active en Ital­ie et vient de lancer une plate­forme d’informations. Elle réclame égale­ment un cen­tre du sein pour 300 000 habi­tants, sur les 120 néces­saires, 80 exis­tent déjà.

Dr Anne Mal­let, Secré­taire Nation­al de l’AFC-UNH­PC

Sources : OCDE, Min­is­tero del­la salute.

POUR OCTOBRE ROSE, VOUS NE MANQUEZ PAS D’IDÉES 

Danse avec une star

lnsti­tut de can­cérolo­gie de l’Hôpital Privé Arras les Bon­nettes, Lam­bres Lez Douai (59)

Stars d’un soir sous le feu des pro­jecteurs, des patientes en cours ou en fin de traite­ment à l’institut se sont entrainées pen­dant plusieurs mois sous l’œil atten­tif de leur coach pro­fes­sion­nel afin de pou­voir enchaîn­er par­faite­ment les pas de tan­go, mam­bo, paso doble, charleston, etc. Le 13 octo­bre, c’était la grande soirée de gala ani­mée par le ven­tril­oque armen­tiérois Tino Valenti­no, et pour six patientes en lice, accom­pa­g­nées de leur con­joint, d’un enfant ou d’un proche, l’entrée en scène tant atten­due devant un pub­lic ent­hou­si­as­mé. Comme à la télé, leurs séances d’entrainement respec­tives ont été pro­jetées sur grand écran, clips où cha­cune ont pu délivr­er un mes­sage per­son­nel por­teur d’espoir sur le com­bat con­tre la mal­adie.

Une grande conference pour octobre rose

Hôpi­tal privé Sainte-Marie, Chalon-sur-Saône (71)

C’est devenu avec le temps une insti­tu­tion, chaque année l’Hôpital privé Sainte-Marie organ­ise sa con­férence médi­cale sur le can­cer du sein, soirée d’échange ouverte à tous publics mais aus­si aux prati­ciens du ter­ri­toire de Chalon-sur-Saône. Le 20 octo­bre, les pro­fes­sion­nels de la clin­ique, ‑radio­thérapeute, onco­logue, chirurgiens car­ci­nologiques de dif­férentes spé­cial­ités, kynésithérapeutes, médecins spé­cial­isés dans l’hormonothérapie‑, abor­deront le thème des effets sec­ondaires liés à chaque type de traite­ment dans l’objectif de per­me­t­tre aux patientes de faire des choix éclairés mais aus­si de « démanichéis­er » les traite­ments du can­cer. D’autres actions phares comme la dis­tri­b­u­tion du mag­a­zine « Rose », la pré­pa­ra­tion de crêpes et gran­i­ty ros­es, ou encore une expo­si­tion de tableaux dans le hall vien­nent égay­er ce mois d’information.

Defile de mode

Hôpi­tal privé des Peu­pli­ers, Paris (75)

C’est entre deux danseuses du Crazy Horse qu’une dizaine de femmes ex-malades défi­laient le temps d’une présen­ta­tion de mode. Coif­fés par le per­ruquier offi­ciel du cabaret le plus célèbre d’Europe, maquil­lés par les étu­di­antes d’une école d’esthétique proche, les man­nequins d’un jour ont pu réaf­firmer leur volon­té de rester femme face à l’adversité. « Ici, le patient n’est pas un numéro. C’est la rai­son pour laque­lle j’ai tenu à défil­er et soutenir Octo­bre rose. La préven­tion est impor­tante mais le sou­tien aux malades, quand mal­heureuse­ment le can­cer a frap­pé, est aus­si essen­tiel », déclare une patiente récem­ment opérée. Par ailleurs, des ate­liers sur l’activité physique adap­tée — cours de Pilates et de karaté (CAMI) — étaient organ­isés.

 

De l’elegance

Poly­clin­ique de Navarre, Pau (64)

La poly­clin­ique se drape de rose tout au long du mois d’octobre en s’illuminant la nuit. Le parvis se col­ore aus­si, décoré par une armée de para­pluies pro­tecteurs, ou encore, des sil­hou­ettes de dames ros­es accom­pa­g­nent les vis­i­teurs sur l’allée prin­ci­pale. Dans le hall, un arbre de vie vous accueille sur lequel cha­cun est invité à laiss­er un mes­sage de sou­tien et d’espoir. Par ailleurs, l’alimentation comme pre­mier geste de soin est un axe de tra­vail et d’engagement fort de la Poly­clin­ique de Navarre, c’est donc naturelle­ment qu’un stand-ate­lier sur l’alimentation équili­brée et la préven­tion du can­cer, était ani­mé et un menu rose pro­posé à tous, trois fois par semaine, l’occasion pour le chef de créer de nou­veaux plats.

 

On informe !

Hôpi­tal Clin­ique Claude Bernard, Metz (57)

À Claude Bernard, on informe, on débat, on prend le temps de trans­met­tre toutes les infor­ma­tions et de con­va­in­cre de la néces­sité d’un dépistage. Des cen­taines de per­son­nes fran­chissent le hall de l’établissement où se trou­vera stratégique­ment le stand « Octo­bre rose » le 17 octo­bre. Des infir­mières et la psy­cho­logue de la fil­ière d’oncologie avec l’association AMODEMACES se ren­dent disponibles pour écouter et présen­ter les par­cours de soins, les pris­es en charge avant, pen­dant, après.

 

Trois jours de mobilisation generale

Pôle privé de San­té, Amiens (80)

La clin­ique Vic­tor Pauchet et la clin­ique de l’Europe se sont mobil­isées les 5, 6 et 7 octo­bre derniers pour sen­si­bilis­er la pop­u­la­tion picarde au dépistage du can­cer du sein. De nom­breux ate­liers et activ­ités ont été présen­tés en coopéra­tion avec de mul­ti­ples parte­naires, dont la Ligue con­tre le can­cer Somme et ADEMA, des asso­ci­a­tions sportives et une asso­ci­a­tion étu­di­ante. À l’origine de la créa­tion de l’Institut de can­cérolo­gie Amiens Picardie, les clin­iques ont organ­isé deux con­férences médi­cales à la Clin­ique de l’Europe, retrans­mis­es en direct à la Clin­ique Vic­tor Pauchet.

L’envie de vivre

Poly­clin­ique du Parc, Cho­let (49)

C’est le mes­sage essen­tiel que les femmes ex-malades du can­cer du sein veu­lent trans­met­tre à tous. En parte­nar­i­at avec l’association Après l’envol, la poly­clin­ique organ­ise une grande expo­si­tion de textes, dessins, pein­tures réal­isés par des patients, familles, soignants. Tous veu­lent partager leurs émo­tions, sen­ti­ments et envie de vivre. C’est un autre regard posé sur la mal­adie qui peut chang­er aus­si le regard de tous sur le can­cer. Les vis­i­teurs sont invités à laiss­er aus­si leur mes­sage sur un arbre de vie.

INTERVIEW


André Cicolel­la,  Chimiste tox­i­co­logue, prési­dent du Réseau Envi­ron­nement San­té (RES), auteur de « Can­cer du sein : en finir avec l’épidémie » aux édi­tions Petits matins.

Les infir­mières ont un risque supérieur de 50 % de dévelop­per un can­cer du sein.

Parlons-nous d’une crise sanitaire ?

Nous assis­tons à une épidémie mon­di­ale qui cause le décès de 500 000 femmes chaque année et en touchent 1,8 mil­lion. Le sida cause la mort de 600 000 femmes et en touchent 1,2 mil­lion et nous par­lons tous com­muné­ment d’une pandémie. Les chiffres par­lent, mais il n’y a pas de prise de con­science à la hau­teur des enjeux.

Dans le cas du can­cer du sein, la mal­adie est vécue comme un fatal­isme lié prin­ci­pale­ment au vieil­lisse­ment. Or, il faut savoir qu’il y a en Bel­gique 22 fois plus de can­cers du sein qu’au Bhoutan, ou encore que les Japon­ais­es dévelop­pent deux fois moins de can­cer du sein que les Français­es. Dans les années 80, elles en avaient 6 fois moins mais dès lors qu’elles migraient aux Etats-Unis, elles dévelop­paient 4 fois plus de can­cer que si elles étaient restées chez elle. Ce n’est pas leur pat­ri­moine géné­tique qui avait changé mais leur envi­ron­nement.  Il faut com­pren­dre pourquoi, or nous man­quons d’études.

Quels sont les éléments déterminants ? 

Je cit­erai tout d’abord la pol­lu­tion chim­ique. Une étude excep­tion­nelle sur 9 300 femmes pen­dant 52 ans réal­isée par l’Ecole de san­té publique de Berke­ley, démon­tre que la deux­ième généra­tion de femmes développe 4 fois plus de can­cer du sein lorsque leur mère a été exposée au DDT, ce puis­sant pes­ti­cide. Il s’agit donc d’une mal­adie trans­mis­si­ble et cela boule­verse nos con­nais­sances. Les autres déter­mi­nants sont bien sûr la qual­ité de l’alimentation, le tabac et l’alcool, la séden­tar­ité, les ray­on­nements ion­isants et le tra­vail de nuit. Cela doit expli­quer pourquoi les infir­mières ont un risque supérieur de 50 % de dévelop­per un can­cer du sein. Médecine du tra­vail et employeurs doivent pren­dre ce sujet très au sérieux.

Comment faut-il agir ?

Le can­cer s’inscrit dans la crois­sance générale des mal­adies chroniques. Mal­heureuse­ment le Plan can­cer s’intéresse à la par­tie certes essen­tielle du curatif mais très peu aux caus­es de la mal­adie. Le Plan can­cer fait l’impasse totale sur les caus­es envi­ron­nemen­tales alors que c’est un volet majeur. C’est bien de soign­er les gens et on les soigne de mieux en mieux, mais il faut aus­si agir pour qu’ils soient le moins pos­si­ble frap­pés par la mal­adie.