Le nouveau test permettra d’accroître le dépistage

Avec 35 000 nou­veaux cas par an, le can­cer du côlon détient le triste titre de 3ecan­cer en France (après celui du poumon et du sein) et avec 17 500 décès par an, il con­stitue la 2e cause de décès par can­cer.

Le côlon étant un organe pro­fond, le dépistage est indis­pens­able pour détecter cette patholo­gie le plus tôt pos­si­ble et accroître les chances de survie avec une qual­ité de vie sat­is­faisante. Pour­tant, actuelle­ment 50 % des can­cers du côlon ne sont diag­nos­tiqués qu’aux stades III ou IV. Une impuis­sance devant la mal­adie inac­cept­able pour le corps médi­cal de nos étab­lisse­ments de san­té et les patients. Nous savons que plus le can­cer est détec­té tôt, plus les chances de guéri­son sont élevées : une petite tumeur ne néces­site pas de lourds traite­ments chirur­gi­caux et à ce stade, le can­cer peut se guérir dans 9 cas sur 10.

Il y a un an, lors de la précé­dente cam­pagne « Mars Bleu » dédiée au dépistage du can­cer du côlon, nous regret­tions que le nou­veau test immunologique ne soit tou­jours pas disponible. C’était encore un exem­ple fla­grant du délai trop long de mise à dis­po­si­tion auprès des usagers de tech­niques qui sim­pli­fient, facili­tent et améliorent les dépistages ou les traite­ments. Heureuse­ment, mal­gré 18 mois de retard, ce test est enfin disponible depuis mai 2015. Plus fiable et surtout plus facile à réalis­er à la mai­son, il devrait per­me­t­tre de réserv­er les exa­m­ens de colo­scopie aux per­son­nes réelle­ment à risque.

Con­crète­ment, l’accès au test immunologique est gra­tu­it pour les per­son­nes de 50 à 74 ans, qui devront le réalis­er tous les deux ans. Très sim­ple d’utilisation, il se fait en un seul prélève­ment des sell­es, et les résul­tats sont disponibles en quelques semaines. Son accès implique les médecins trai­tants, puisque ce sont eux qui, sur demande du patient, four­nissent le kit de réal­i­sa­tion.

Sa mise à dis­po­si­tion récente ne per­met pas encore de savoir si le nom­bre de dépistages a beau­coup aug­men­té, mais gageons que c’est d’ores et déjà une réal­ité. L’impact sur les chiffres de mor­tal­ité du can­cer du côlon devrait être observé rapi­de­ment, dès la cam­pagne « Mars Bleu » de 2017.

Rap­pelons que les étab­lisse­ments de san­té privés pren­nent en charge 47 % des actes de chirurgie du can­cer du côlon, et cela dans des délais plus courts. En effet, l’é­tude de l’INCa pub­liée en 2012 mon­tre que le délai moyen entre la colo­scopie et la chirurgie est de 22,7 jours dans les étab­lisse­ments de san­té privés, de 27,5 jours dans les CLCC et de 29,5 jours dans les CHU.

Nous remer­cions vive­ment tous ceux d’entre vous qui s’engagent dans cette cam­pagne d’une grande cause nationale et dont les qua­tre « Fil bleu » du mois de mars se fer­ont l’é­cho. Vous démon­trez, par le dynamisme de vos actions et par l’excellence des soins prodigués, que le secteur de l’hospitalisation privée est incon­tourn­able.

Les initiatives

 Le 1er mars c’est le Colon Day

Con­seil Nation­al Pro­fes­sion­nel d’Hépato-Gastroentérologie (CNPHGE)

C’est avec un slo­gan humoris­tique « Atten­tion, vous êtes peut-être assis sur un can­cer ! », que le Con­seil Nation­al Pro­fes­sion­nel d’Hépato-Gastroentérologie (CNPHGE), a souhaité lancer sa 8e journée de préven­tion du can­cer du côlon, leColon Day, le 1er mars. « Le côlon est un organe dif­fi­cile­ment médi­ati­s­able », explique le Dr Eric Vail­lant du CNPHGE, « le côlon c’est « sale », les gens ont peur d’en par­ler. Et pour­tant il devrait n’y avoir aucune gêne à par­ler du dépistage du can­cer du côlon. Un can­cer c’est un can­cer, peu importe où il se trou­ve. Il faut que les gens se libèrent de cette « répug­nance » pour quelque chose qui est au final émo­tion­nel. » Parce que le can­cer du côlon est la 2e cause de décès par can­cer et que seule­ment 30 % des Français se font dépis­ter. Les médecins gas­tro-entéro­logues partout en France se mobilisent chaque année active­ment en pro­posant des con­sul­ta­tions gra­tu­ites afin de per­me­t­tre à cha­cun de mieux com­pren­dre les enjeux du dépistage, informer sur les niveaux de risques, sur l’importance du suivi et pour inciter les usagers à des diag­nos­tics pré­co­ces.


La Marche de la « Vague Bleue »

Clin­ique chirur­gi­cale Porte Océane, Les Sables-d’Olonne (85)

La Marche de la « Vague Bleue », co-organ­isée par la Clin­ique Chirur­gi­cale Porte Océane, aura lieu le 20 mars prochain, sym­bol­ique­ment sur le Rem­blai des Sables, jadis édi­fié pour com­bat­tre les assauts de l’océan. « Le bleu c’est pour rap­pel­er le mois du dépistage du can­cer col­orec­tal et la vague parce qu’on est au bord de mer, mais aus­si parce que nous souhaitons que cette man­i­fes­ta­tion en fasse une grande et touche le plus de monde pos­si­ble », explique Daph­né Roy­al, direc­trice. La clin­ique qui avait déjà asso­cié l’hôpital des Sables et son équipe de gas­tro-entéro­logues en 2015 pour Mars Bleu, a souhaité cette année que cette man­i­fes­ta­tion ray­onne au-delà du seul périmètre du Pôle San­té et a inter­pel­lé la mairie pour un événe­ment sportif à l’échelle de la ville. Le Dr Tes­son, médecin addic­to­logue et 1ère adjointe a pris la balle au vol en alliant l’ensemble des asso­ci­a­tions, pro­fes­sion­nels, prati­ciens du ter­ri­toire réu­nis dans le cadre d’un Club San­té lancé par la mairie en févri­er 2016.


Les pro­fes­sion­nels de soins font le relais

SAS Clin­ique Saint-Fran­cois, Mainvil­liers (28)

« Nous par­ticipons chaque année à Mars Bleu en coopéra­tion avec le cen­tre de coor­di­na­tion des dépistages des can­cers organ­isés en Eure-et-Loir ADOC 28, mais cette année et excep­tion­nelle­ment, ses représen­tants n’interviendront qu’auprès de nos per­son­nels au self », explique Hélène Ragache, chargée de com­mu­ni­ca­tion. Com­ment sen­si­bilis­er ses patients, une cible pri­or­i­taire ? Les équipes de la clin­ique ont opté pour la dis­tri­b­u­tion de fly­ers et la propo­si­tion aux patients d’un dessert bleu servi avec un petit car­ton por­tant la men­tion : « Mars Bleu, mois inter­na­tion­al du dépistage du can­cer col­orec­tal, par­lez-en autour de vous ! » Les équipes relais et les cinq gas­tro-entéro­logues de l’établissement se sont tenus à dis­po­si­tion le 1ermars, pour répon­dre à toutes les ques­tions.


Expli­ca­tion depuis l’intérieur du côlon…

Clin­ique Char­cot, Sainte Foy les Lyon (69)

La « semaine bleue » de la Clin­ique Char­cot se ter­mine demain autour d’un côlon géant gon­flable instal­lé sous un chapiteau, où des soignants et un médecin accueilleront de 10h à 18h les vis­i­teurs pour une séance péd­a­gogique depuis l’intérieur de cet organe… « Faire com­pren­dre le fonc­tion­nement du côlon, expli­quer la néces­sité du dépistage est la mis­sion à laque­lle adhèrent les six gas­tro-entéro­logues de la clin­ique », explique le Dr Rémi Systchenko. « Cette année est très par­ti­c­ulière car nous atten­dons beau­coup du nou­veau test : de 30 % avec Hémocult, nous espérons attein­dre 50 %, voire plus. Nous con­sta­tons une meilleure adhé­sion des patients. »
Une série de posters sous forme de quizz réal­isés par l’équipe étaient affichés durant la semaine dans le hall, l’occasion de ren­con­tres informelles entre soignants et médecin et le grand pub­lic. Une vidéo sur la colo­scopie tour­nait égale­ment en boucle afin de dédrama­tis­er l’examen. « L’intérêt des patients est réel. Ils arrivent avec un regard par­fois dégoûté, par­le de flo­re micro­bi­enne ou du côlon comme un deux­ième cerveau. Cette semaine est une occa­sion unique sous forme ludique de capter l’attention du grand pub­lic et d’apporter des infor­ma­tions sérieuses. »