Éric TABOUELLE, Président directeur général, Helpévia

 Le cœur de méti­er d’Helpévia depuis 40 ans est d’optimiser la fonc­tion achat des étab­lisse­ments de san­té.

Quelles sont les solu­tions apportées par Helpévia dans ce con­texte infla­tion­niste ?

Dès 2021, en antic­i­pa­tion, en accord avec les indus­triels et avec des cor­re­spon­dants sur le ter­rain, Helpévia a pro­gres­sive­ment dévelop­pé une stratégie de régu­la­tion des hauss­es de prix. Nous avons mis en place des indices de références, posé des indi­ca­teurs mesurables, négo­cié des échéances de court terme pour revoir régulière­ment les four­nisseurs pour les pro­duits impactés par le coût des matières pre­mières et à faible valeur ajoutée de trans­for­ma­tion. Chez Helpévia, le référence­ment de deux indus­triels par marché entre­tient la con­cur­rence, c’est une saine ému­la­tion sur les prix, la qual­ité pro­duit et les ser­vices. Mais au-delà, il faut trou­ver d’autres mécan­ismes pour minor­er les impacts de cette infla­tion qui est durable.

Les marchés les plus chahutés à la hausse sont ceux de l’énergie. Une grande par­tie de nos adhérents étaient sous con­trat Helpévia et n’ont donc pas subi de hausse, jusqu’au renou­velle­ment de leurs con­trats pour lesquels on se pré­pare à des hauss­es sans com­mune mesure. Le coût de l’énergie est mul­ti­plié par cinq et l’augmentation du gaz est encore supérieure. Con­cer­nant le seg­ment restau­ra­tion, le rap­port de force est vio­lent : pas de livrai­son si la hausse des prix n’est pas accep­tée. L’énergie, puis la restau­ra­tion, les DM, la location/entretien du linge et les four­ni­tures de bureau (le papi­er aug­mente de 30 % chaque trimestre) sont le top 5 des hauss­es. Les impacts sur le compte d’exploitation d’un étab­lisse­ment sont colos­saux.

L’autre grand enjeu de cette ren­trée est la ques­tion RH. Com­ment venez-vous en sou­tien aux étab­lisse­ments de san­té ?

Nous pro­posons des solu­tions struc­turées pour des rem­place­ments rapi­des afin de pal­li­er les imprévus. Les solu­tions durables sont à chercher col­lec­tive­ment dans une attrac­tiv­ité retrou­vée des étab­lisse­ments, non pas seule­ment au niveau financier mais en ter­mes de qual­ité de vie au tra­vail, qual­ité des plan­nings, sou­p­lesse de fonc­tion­nement, avan­tages périphériques. Sur ce point, Helpévia, égale­ment courtier en assur­ance, porte des con­trats de prévoy­ance col­lec­tive et de com­plé­men­taire san­té aux­quels nous avons asso­cié de nom­breux ser­vices gra­tu­its et actions de préven­tion très appré­ciés des salariés. À l’automne, nous organ­isons une journée RH dans plusieurs régions pour abor­der le sujet de l’attractivité employeur. Les solu­tions sont économiques mais aus­si qual­i­ta­tives, sans oubli­er celles spé­ci­fiques aux moins de 30 ans. Il y a une dizaine d’années, les employeurs choi­sis­saient leurs employés, aujourd’hui c’est exacte­ment l’inverse.

Retrou­ver de l’attractivité, du sens, c’est aus­si s’engager dans une démarche de développe­ment durable et par­ti­c­ulière­ment d’achats durables, quelles sont vos actions dans ce domaine ?

Helpévia était présent à la créa­tion du C2DS en 2007 et dès 2011 nous avons ini­tié une poli­tique d’achats respon­s­ables. Nous éval­u­ons chaque année env­i­ron 600 four­nisseurs de tous seg­ments d’achat à par­tir des répons­es apportées aux 30 à 50 critères struc­turés autour des 7 axes de l’ISO 26 000 et des élé­ments de preuve four­nis par les four­nisseurs. Les indus­triels reçoivent ensuite une note de A à E. Ces résul­tats sont présen­tés lors des réu­nions régionales de référence­ment et nos adhérents peu­vent inté­gr­er cette infor­ma­tion dans leur déci­sion d’achat depuis 11 ans.

Con­cer­nant l’engagement d’Helpévia, nous déployons actuelle­ment notre troisième plan RSE doté d’une trentaine d’actions. Dès 2012, nous avons rédigé un code de déon­tolo­gie qui exprime nos valeurs, notre engage­ment pro­fes­sion­nel d’intermédiaire, l’équité de traite­ment des offres, la trans­parence, etc.

Dès l’année dernière et post 1re vague Covid 19, nos adhérents nous ont demandé de redonner la main à des four­nisseurs français et européens. La réflex­ion est plus com­plexe que s’interroger sur le prix, il faut désor­mais pren­dre en compte aus­si la sûreté et la réac­tiv­ité d’une chaîne logis­tique courte. Tous les étab­lisse­ments con­nais­sent des rup­tures d’approvisionnement ou des retards de livrai­son sur les dis­posi­tifs médi­caux. Ils aspirent tous aujourd’hui à davan­tage sécuris­er leurs appro­vi­sion­nements.

Quelles sont les évo­lu­tions de votre méti­er que vous observez ?

Nos principes et nos valeurs à Helpévia restent inchangés, en revanche, notre méti­er évolue : il faut s’adapter à la con­cen­tra­tion du secteur avec l’émergence d’opérateurs de grande taille dont les feuilles de route sont dis­tinctes de celles des étab­lisse­ments indépen­dants.

Helpévia s’est beau­coup dif­féren­cié sur l’apport de ser­vices dans une logique d’accompagnement, de prox­im­ité ter­rain des respon­s­ables de région, de com­pé­tences de nos experts métiers. Notre dif­férence se fait sur les ser­vices addi­tion­nels, c’est une valeur ajoutée au-delà de la négo­ci­a­tion.

On nous prête une cer­taine agilité et moder­nité. Oui, nous tra­vail­lons dif­férem­ment de ce que nous fai­sions hier et de ce que nous fer­ons demain car notre rôle d’intermédiaire entre les étab­lisse­ments et le marché est d’écouter nos par­ties prenantes et de trou­ver des solu­tions en phase. Nous ajus­tons nos process à par­tir des répons­es aux ques­tions très con­crètes posées aux étab­lisse­ments à l’issue des marchés. La créa­tion d’une plate­forme de dis­tri­b­u­tion de DM avec Rhé­sus illus­tre aus­si cette moder­nité. Les phar­ma­ciens affil­iés à Rhé­sus sont sat­is­faits de gag­n­er de l’argent sur leurs bud­gets, de gag­n­er du temps et de l’efficacité, de ne recevoir qu’une seule livrai­son et non 10, etc. Nous pen­sons autrement les achats.