Gilles HEBBRECHT, sous-direction du financement et de la performance du système de santé, DGOS

Quels sont les enjeux du projet de remboursement des organismes complémentaires (ROC) ?

Le pro­jet ROC est né de la néces­sité de sim­pli­fi­er le par­cours admin­is­tratif des patients en général­isant en par­ti­c­uli­er le tiers payant par les organ­ismes com­plé­men­taires pour toutes les pris­es en charge hos­pi­tal­ières, quels que soient le secteur et le type d’établissement. Le pro­jet ROC cou­vre les périmètres du MCO, du SMR et de la psy­chi­a­trie (PSY), et il s’adresse à l’ensemble des étab­lisse­ments de san­té, qu’ils soient publics ou privés. Le pro­jet s’articule avec l’ensemble des out­ils dédiés à la sim­pli­fi­ca­tion des démarch­es admin­is­tra­tives, mis en œuvre dans le cadre du pro­gramme SIMPHONIE.

En com­plé­ment, ROC vise à faciliter le tra­vail des per­son­nels hos­pi­tal­iers en sup­p­ri­mant les tâch­es répéti­tives et chronophages, grâce à la numéri­sa­tion et à la dématéri­al­i­sa­tion des échanges entre les étab­lisse­ments de san­té et les organ­ismes com­plé­men­taires. Il libère ain­si du temps, per­me­t­tant une prise en charge plus per­son­nal­isée des patients, en allégeant la ges­tion des droits et du proces­sus de fac­tura­tion.

Quel calendrier prévisionnel est proposé par la DGOS ?

Les travaux ont été ini­tiés en 2012 par l’écriture des cahiers des charges à des­ti­na­tion des édi­teurs hos­pi­tal­iers et des organ­ismes com­plé­men­taires. Après une phase de test, le déploiement de ROC a débuté en 2021 dans le secteur MCO au sein des étab­lisse­ments de san­té publics. Depuis 2024, le dis­posi­tif s’étend aux activ­ités hors MCO. La phase de déploiement dans les étab­lisse­ments de san­té publics et privés à but non lucratif devrait être final­isée d’ici fin 2026, sous réserve que les derniers édi­teurs non encore engagés dévelop­pent le mod­ule ROC dans leurs logi­ciels de fac­tura­tion.

Du fait de ses spé­ci­ficités, le pro­jet ROC pour les clin­iques privées a con­nu une phase de mat­u­ra­tion plus lente. Toute­fois, en mai 2025, la FHP et Soft­way se sont engagés à met­tre en œuvre une expéri­men­ta­tion qui devrait débuter au sec­ond semes­tre 2025. Sous réserve que les édi­teurs intè­grent ROC dans leur offre logi­cielle, le déploiement dans les clin­iques privées pour­rait débuter dès la fin de l’année 2026.

Quels sont les enseignements du projet ROC pour les établissements de santé ?

Le pre­mier enseigne­ment est que ROC fonc­tionne. Ce pro­jet ambitieux visait à met­tre en place pour les organ­ismes com­plé­men­taires l’équivalent de la fac­tura­tion B2* de l’AMO, asso­ciée à des ser­vices en ligne d’intégration de droits (de type CDRi) et des échanges en temps réel pour per­me­t­tre au patient comme à l’établissement de con­naître immé­di­ate­ment les con­di­tions de rem­bourse­ment du reste à charge du patient. Un apport spé­ci­fique de ROC est la garantie de paiement qui peut être obtenue dès la fin de la prise en charge. L’intégration, au sein d’un même pro­jet, d’échanges en temps réel dans un sys­tème d’information com­mun aux étab­lisse­ments de san­té et aux organ­ismes com­plé­men­taires, et d’une fac­tura­tion en temps dif­féré, con­stitue une véri­ta­ble inno­va­tion qui explique le temps néces­saire à la mise en place du dis­posi­tif.

Le déploiement de ROC se fait à date sans con­trainte lég­isla­tive ou régle­men­taire, la mobil­i­sa­tion des 3 000 étab­lisse­ments de san­té et de leurs édi­teurs, et de 250 sys­tèmes d’information des organ­ismes com­plé­men­taires étant large­ment engagée. Nous pou­vons con­stater qu’établissements de san­té et organ­ismes com­plé­men­taires adhèrent volon­taire­ment au pro­jet ROC, con­scients de la sim­pli­fi­ca­tion et du gain de temps qu’il pro­cure dans leurs échanges.

Alors que près de 600 étab­lisse­ments l’utilisent en rou­tine, quelques ajuste­ments restent néces­saires. Ils sont traités au fil de l’eau dans le cadre des groupes tech­niques asso­ciant l’Agence du numérique en san­té et l’association Inter-AMC, inter­locu­teurs priv­ilégiés de l’ensemble des util­isa­teurs.

*norme de fac­tura­tion de l’assurance mal­adie oblig­a­toire (AMO)