INITIATIVES SANTÉ

Un mag­nifique pro­gramme !
Clin­ique Esquirol Saint Hilaire et Cal­a­bet, Agen (47)

Le mer­cre­di 20 mars, à compter de 14 heures, la Clin­ique Esquirol Hilaire et Cal­a­bet s’est large­ment mobil­isée pour sen­si­bilis­er le plus grand nom­bre à l’importance du dépistage du can­cer col­orec­tal. Dans l’après-midi, des stands instal­lés dans le hall accueil­laient les patients, les vis­i­teurs et les pro­fes­sion­nels de l’établissement. Action can­cer 47, le Comité de can­cérolo­gie, La Ligue con­tre le can­cer, le Cen­tre région­al de coor­di­na­tion des dépistages des can­cers (CRCDC), la sec­tion sport san­té du SUA L&G (agence sportive age­naise de rug­by) et des per­son­nes de Mon espace san­té, une sophro­logue et coach avaient répon­du présent. Un côlon gon­flable prêté par un lab­o­ra­toire sus­ci­tait lui aus­si l’intérêt.

A 18 heures, la parole a été don­née aux pro­fes­sion­nels de san­té pour une con­férence en présen­tiel mais aus­si acces­si­ble en visio et traduite en langue des signes. « La présence des inter­prètes en langue des signes depuis des années lors de nos con­férences per­met à cette pop­u­la­tion sou­vent oubliée de s’informer », com­plète Isabelle Ver­nis, attachée de direc­tion. Le médecin du CRCDC, Elis­a­beth Angot Rigol, a présen­té les enjeux du dépistage. Le gas­tro-entéro­logue, Rémy Cay­la, a par­lé endo­scopie et exérèse d’un polype, Maël Chal­ret du Rieux, chirurgien vis­céral, a expliqué pourquoi et com­ment de la chirurgie col­orec­tale et Galaad Bernard Fau­re, radio­thérapeute, a évo­qué le traite­ment par radio­thérapie. Puis, Régis Meyran, directeur de l’offre de soins, a présen­té le pro­jet Guid­ance, qui vise à associ­er les usagers à l’amélioration de la prise en charge en chimio­thérapie ain­si que le bilan de stomath­érapie en hos­pi­tal­i­sa­tion de jour. Et comme pour chaque con­férence le mot de la fin a été con­fié à une asso­ci­a­tion, soit à Yan Bau­doux prési­dent de Action Can­cer 47, qui a récem­ment fourni des tablettes pour les patients de chimio­thérapie et en soins pal­li­at­ifs.

Un mag­nifique pro­gramme !

4 recettes pour un côlon
Clin­ique Chirur­gi­cale de Mar­tigues, Mar­tigues (13)

Le 20 mars, le ser­vice qual­ité et la diététi­ci­enne de la Clin­ique Chirur­gi­cale de Mar­tigues se sont mobil­isés pour sen­si­bilis­er les patients et les vis­i­teurs au dépistage du can­cer col­orec­tal. Des illus­tra­tions péd­a­gogiques, des fly­ers infor­mat­ifs et une vidéo sur les enjeux de la préven­tion et les modal­ités de dépistage étaient pro­posés.

En met­tant l’accent sur l’intérêt d’une nutri­tion saine, la diététi­ci­enne de la clin­ique a large­ment con­tribué à la réus­site de l’action Mars Bleu. Les légu­mineuses étaient à l’honneur. L’occasion de décou­vrir com­ment cuisin­er des bouchées aux légumes, un gratin aux figues et aux aman­des, une salade de pois chich­es aux épinards et à la morue ou des bar­res énergé­tiques à cuire ou pas au four.

Un pub­lic nom­breux désireux de com­pren­dre
Pôle San­té République, Cler­mont-Fer­rand (63)

« Comme chaque année au Pôle San­té République, un groupe de tra­vail pour pré­par­er Mars Bleu — com­posé de médecins et d’administratifs — se struc­ture », racon­te Maxime Pagès, respon­s­able de la com­mu­ni­ca­tion. « Les idées, des plus sim­ples aux plus orig­i­nales, fusent. Cer­taines sont ensuite retenues pour pro­pos­er un pro­gramme sym­pa. »

Ain­si, out­re des actions ludiques, le Pôle San­té République a organ­isé le 21 mars, en col­lab­o­ra­tion avec la mai­son ASM Sport-San­té, une con­férence acces­si­ble à tous et libre d’accès sur le thème du can­cer du côlon. Le Dr Guil­laume Math­ivon, hépa­to-gas­tro-entéro­logue, le Dr Cather­ine Mat­te­vi, chirurgien vis­céral et diges­tif, le Dr Claire Morel, médecin au Cen­tre de san­té de l’ASM, et Mathilde Fun­gen­zi ont présen­té les enjeux du dépistage et les modal­ités de prise en charge du can­cer col­orec­tal. Les béné­fices de l’activité physique adap­tée et sa pra­tique en Auvergne ont aus­si été évo­quées. Les inter­venants ont rap­pelé l’importance de la préven­tion, du dépistage et ont répon­du aux divers­es ques­tions lors d’un échange con­vivial. À l’issue de la con­férence, la cinquan­taine de par­tic­i­pants a pu se délecter avec un buf­fet con­coc­té par Wil­frid Chap­lain, chef à l’hô­tel-restau­rant, Le Radio, étoilé au Guide Miche­lin.

« La col­lab­o­ra­tion : buf­fet / con­férence s’est avérée une manière effi­cace d’attirer du monde. Parce qu’il y encore beau­coup de chemin à faire ! Beau­coup de per­son­nes, y com­pris le per­son­nel de san­té, mécon­nais­sent encore cette cam­pagne de dépistage. » 

Décou­vrir le reportage France 3 Auvergne au Pôle San­té : Mars bleu – dépis­ter mieux soign­er

Le suc­cès du vélo smooth­ie
Hôpi­tal Privé des Peu­pli­ers, Paris (75)

Durant deux jours, l’Hôpi­tal Privé des Peu­pli­ers a vécu au rythme de Mars Bleu. Les stands instal­lés dans le hall de la clin­ique ont per­mis au pub­lic, aux patients et au per­son­nel de feuil­leter de mul­ti­ples doc­u­ments infor­mat­ifs. Une soix­an­taine de per­son­nes a pu être sen­si­bil­isée à l’importance d’une ali­men­ta­tion saine et équili­brée et d’un dépistage pré­coce à par­tir de 50 ans, notam­ment grâce à la dis­tri­b­u­tion de kits. Ces journées dédiées à la préven­tion ont été organ­isées par Cather­ine Desmeules, coor­di­na­trice du par­cours de soins et chef de pro­jet de l’Institut de can­cérolo­gie des Peu­pli­ers, en col­lab­o­ra­tion avec les pro­fes­sion­nels de soins de sup­port : diététi­ci­ennes, psy­cho­logue et édu­ca­trice d’activité physique adap­tée.

Cette cam­pagne de préven­tion était ani­mée par une activ­ité ludique : le vélo smooth­ie qui per­me­t­tait à cha­cun de con­coc­ter une bois­son à base de fruits et de légumes frais. Les diététi­ci­ennes et l’éducatrice d’activité physique adap­tée ont don­né de nom­breux con­seils pour appren­dre à con­naître les ali­ments rich­es en fibres et à équili­br­er les repas. Un quiz per­me­t­tait de tester ses con­nais­sances.

De plus, grâce à un côlon péd­a­gogique, la chargée de préven­tion au Cen­tre région­al de coor­di­na­tion des dépistages des can­cers a pu illus­tr­er la dif­férence entre un polype, une tumeur et les mal­adies inflam­ma­toires du côlon. Et puis comme chaque année à 12h30 le 19 mars, les pro­fes­sion­nels se sont rassem­blés pour la tra­di­tion­nelle pho­to Mars Bleu.

INFOGRAPHIE

GRAND ANGLE

Chal­lenge man­dalas
Hôpi­tal Privé Paul d’Egine, Champigny-sur-Marne (94)

À l’Hôpital Privé Paul d’Egine, le per­son­nel s’est con­ver­ti au man­dala. Cette année, Marie Le Vourc’h, chargée de mis­sion qual­ité et com­mu­ni­ca­tion, et Cari­na Matias da Sil­va, assis­tante de can­cérolo­gie, ont dis­tribué dans tous les ser­vices une boîte de feu­tres et un man­dala à col­o­ri­er. « Tout le monde s’est prêté au jeu », se félici­tent ces dames. Les Man­dalas ont été ensuite exposés à l’accueil de l’établissement et soumis au vote des soignants mais égale­ment de tous les patients de pas­sage dans le hall de l’accueil. Les vain­queurs ont rem­porté une « brunch box » gar­nie. Le man­dala est pro­posé à cer­tains patients durant leurs phas­es de traite­ment car cette activ­ité de colo­riage demande de la con­cen­tra­tion et favorise via la ges­tion des couleurs l’expression d’un ressen­ti.

Et puis des sets de table ont été réal­isés et util­isés durant le mois de mars. Dessus, les thèmes de la cam­pagne de préven­tion du can­cer col­orec­tal et les coor­don­nées des gas­tro-entéro­logues de l’établissement étaient repris. Enfin, des volon­taires ont par­ticipé le same­di 23 mars à la mobil­i­sa­tion au cen­tre com­mer­cial du Val-de-Fonte­nay, organ­isée par les pôles can­cérolo­gie Île-de-France du groupe.

Les con­férences, ça marche !
Hôpi­tal Privé Dijon-Bour­gogne, Dijon (21)

Après un pre­mier essai con­clu­ant à l’occasion de « Movem­ber », l’établissement a réitéré l’expérience pour Mars Bleu. Le 19 mars, à 19h, pour mobilis­er l’ensemble du per­son­nel de jour comme de nuit, env­i­ron 50 per­son­nes ont assisté à la con­férence pré­parée par les chirurgiens vis­céraux et diges­tifs et les prati­ciens gas­tro-entéro­logues exerçant à l’Hôpital Privé Dijon-Bour­gogne. « Ils ont insisté sur l’importance du dépistage face au can­cer col­orec­tal, com­ment prévenir la mal­adie et quels étaient ses symp­tômes », pré­cise Lau­rie Jaco­tot, chargée de com­mu­ni­ca­tion. « Ils ont égale­ment expliqué com­ment se déroulait la prise en charge per­son­nal­isée des patients au sein de l’établissement. » Les retours de la soirée sont très posi­tifs et les équipes ont appré­cié la disponi­bil­ité des médecins. « Les par­tic­i­pants peu­vent devenir des porte-paroles auprès de leurs proches et trans­met­tre l’information. De plus, ce moment d’échange con­vivial entre les chirurgiens et les par­tic­i­pants a per­mis de créer du lien et de cass­er les codes ! »

Au vu de la réus­site de ces con­férences, d’autres thé­ma­tiques sont déjà à l’étude.

Des ate­liers de jour comme de nuit !
Poly­clin­ique Saint-Côme, Com­piègne (60)

Boire un verre de vin rouge par jour pro­tège des risques de can­cer*. Info ou intox ? À l’occasion de la journée Mars Bleu organ­isée le 21, le stand ali­men­ta­tion tenu par une diététi­ci­enne et une nutri­tion­niste n’a pas désem­pli. Les vis­i­teurs devaient class­er une série d’affirmations dans des colonnes « info » ou « intox ». De quoi bous­culer nom­bre d’idées reçues et ouvrir les dis­cus­sions.

Sur le stand du Cen­tre région­al de coor­di­na­tion des dépistages des can­cers, les inter­venants expli­quaient com­ment utilis­er un kit de dépistage et où s’en pro­cur­er. Avec un jeu sous forme de vrai/faux, ils détri­co­taient égale­ment les préjugés sur le can­cer col­orec­tal. Venait ensuite un stand ani­mé par la respon­s­able du ser­vice d’endoscopie qui s’appuyait sur une vidéo de huit min­utes pour expli­quer le déroule­ment d’une colo­scopie. Enfin, lab­o­ra­toires et asso­ci­a­tions ont ani­mé des ate­liers sur la stomie et les soins de sup­port (asso­ci­a­tion Onco-Oise)…

« Cette demi-journée d’animations et d’information s’est très bien passée » indique Vio­lette van de Wiel, chargée de com­mu­ni­ca­tion. « Les équipes ont pu se libér­er et les vis­i­teurs étaient intéressés. Nous avons eu du pas­sage. » L’autre bonne nou­velle, c’est que les équipes de nuit ont eu, elles aus­si, leur Mars Bleu ! De 23h à 2h30, une équipe super motivée est allée à la ren­con­tre des pro­fes­sion­nels de nuit pour refaire des ate­liers : présen­ta­tion du kit, jeu nutri­tion info/intox, pho­tos sou­venir « je m’engage pour le dépistage du can­cer col­orec­tal… » Et la con­tre-équipe en prof­it­era égale­ment en avril. « Les équipes de nuit appré­cient énor­mé­ment le dévoue­ment des volon­taires qui se soucient de venir les informer », con­firme Vio­lette van de Wiel. On la croit sur parole.

*Intox

Un « roll-up » géant
Clin­ique Sainte-Isabelle, Abbeville (62)

Dif­fi­cile de les ignor­er. Sur un roll-up géant déroulé dans l’entrée le 22 mars, les polypes de toutes tailles et de toutes formes atti­raient les regards. Et juste à côté, le stand d’information et de préven­tion, tenu par la Ligue con­tre le can­cer, se prê­tait au jeu des ques­tions-répons­es. La veille, l’as­so­ci­a­tion Agir con­tre le can­cer 80 et la com­mu­nauté d’agglomérations de la Baie de Somme avaient mené une action d’information. Sur les deux jours, la fréquen­ta­tion s’est révélée « sat­is­faisante » et de toute façon, à Sainte-Isabelle, « nous pour­suiv­ons notre engage­ment de san­té publique sur le ter­ri­toire avec nos parte­naires soci­aux et les pro­fes­sion­nels de san­té », assure Alex­is Leroi, respon­s­able de la com­mu­ni­ca­tion.

INTERVIEW

Pr Claude LINASSIER,

Directeur du pôle préven­tion, organ­i­sa­tion et par­cours de soins de l’Institut nation­al du can­cer

Où en sommes-nous de la cam­pagne de lutte con­tre le can­cer col­orec­tal ?

Dans 80 % des cas, le can­cer col­orec­tal survient après 50 ans. Il se développe à par­tir d’une tumeur bénigne appelée polype qui évolue et se can­cérise pro­gres­sive­ment en plusieurs années.

Le dépistage offre l’opportunité d’intervenir suff­isam­ment tôt car il per­met de détecter des lésions pré­cancéreuses ou un can­cer à un stade pré­coce. Dans le 1er cas, le polype sera retiré lors d’une colo­scopie et la per­son­ne évit­era donc un can­cer. Dans le sec­ond cas, la per­son­ne sera guérie 9 fois sur 10.

Le test de dépistage est sim­ple, rapi­de, effi­cace, et se réalise facile­ment chez soi. Il con­siste à rechercher la présence (ou non) de sang dans les sell­es, même invis­i­ble à l’œil nu. Pour ce faire, il suf­fit de trem­per un bâton­net dans les sell­es, de le met­tre dans une boîte her­mé­tique et de l’envoyer par la poste au cen­tre de dépistage grâce à l’enveloppe pré­tim­brée. Le résul­tat est adressé dans les trois jours par SMS ou les dans 15 jours par cour­ri­er. Si ce dépistage est posi­tif, ce qui advient dans seule­ment 4 % des cas, cela ne veut pas dire que c’est for­cé­ment un can­cer, mais que quelque chose saigne. Il faut alors pour­suiv­re les explo­rations et procéder à une colo­scopie pour pos­er le diag­nos­tic. Alors que 94 % des Français adhèrent au principe du dépistage du can­cer col­orec­tal[1], seule­ment 34,3 % ont réal­isé le test sur la péri­ode 2021–2022[2].

Plusieurs fac­teurs font que les gens repoussent la réal­i­sa­tion du test, alors qu’ils sont per­suadés que le dépistage est utile. Par­fois, cer­taines per­son­nes esti­ment que le can­cer ne les con­cerne pas, car ils se sen­tent en bonne san­té. C’est une grave erreur car le can­cer col­orec­tal reste longtemps silen­cieux : il ne donne pas de symp­tômes à un stade pré­coce. S’il s’agit d’un can­cer débu­tant, il sera guéri 9 fois sur 10, mais si l’on attend que la tumeur se développe, les chances de survie à 5 ans chutent à 14,3%[3]. De plus, le traite­ment d’un can­cer à une phase métas­ta­tique est lourd et bien plus dif­fi­cile à sup­port­er.

L’objectif de la cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion de l’Institut nation­al du can­cer est d’inciter la pop­u­la­tion à réalis­er le test de dépistage tous les deux ans à par­tir de 50 ans (et jusqu’à 74 ans). Même si le risque de détecter un can­cer est faible, dans tous les cas, cha­cun peut se remerci­er d’avoir fait le test et de se sauver la vie.

Que faire pour amélior­er les don­nées chiffrées rel­a­tives au dépistage ? 

La nou­velle cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion de l’Institut nation­al du can­cer vise à dédrama­tis­er ce sujet. Le film dif­fusé à la télévi­sion et sur le dig­i­tal met en scène une per­son­ne qui fête ses 50 ans, et qui, au dessert, s’absente pour faire son test. Bien enten­du et comme le rap­pelle la cam­pagne, il n’est pas oblig­a­toire de réalis­er le test le jour de son anniver­saire, mais dès 50 ans il doit s’inscrire dans une rou­tine et être réal­isé tous les 2 ans : « Vous n’êtes pas obligé de faire votre dépistage le jour de votre anniver­saire, mais dès 50 ans faites-le tous les 2 ans et avant tout symp­tôme. C’est le meilleur moyen de s’assurer qu’il n’y a rien ou de détecter un can­cer à un stade pré­coce. »

Depuis le 1er jan­vi­er 2024, les invi­ta­tions à par­ticiper aux dépistages organ­isés sont envoyées par la CNAM, qui béné­fi­cie d’un savoir-faire cer­tain et de don­nées qui lui per­me­t­tent un adres­sage par cour­riel, SMS ou cour­ri­er postal ciblé. Cette année, 14 mil­lions de per­son­nes seront invitées à faire leur test de dépistage du can­cer col­orec­tal. De plus, une démarche d’« aller vers » a été mise en œuvre pour les 1,4 mil­lion de per­son­nes les plus frag­iles. Une cen­taine de con­seillers, recrutés par la CNAM, opèrent à par­tir de plate­formes télé­phoniques. Ils sol­lici­tent les per­son­nes sans médecin trai­tant ou qui béné­fi­cient de la com­plé­men­taire san­té sol­idaire, afin de les accom­pa­g­n­er per­son­nelle­ment.

L’accès au kit de dépistage a égale­ment été facil­ité. Il est tou­jours pos­si­ble de le deman­der à son médecin trai­tant, un gas­tro-entéro­logue ou un gyné­co­logue, ou encore à un médecin de la CNAM, mais égale­ment à son phar­ma­cien depuis avril 2022. Il est aus­si pos­si­ble de le com­man­der directe­ment en ligne sur le site monkit.depistage-colorectal.fr. Enfin, un nou­v­el espace dig­i­tal : jefaismondepistage.e‑cancer.fr per­met égale­ment d’accéder à la com­mande en ligne. Dévelop­pé par l’Institut nation­al du can­cer, ce site apporte toutes les infor­ma­tions néces­saires sur les trois pro­grammes nationaux de dépistage organ­isé : can­cer du col de l’utérus, col­orec­tal, et du sein.

Ces actions sont menées dans l’in­térêt de tous.

Quels sont les enjeux de la lutte con­tre le can­cer ?

Le can­cer col­orec­tal est, chez l’homme, le troisième can­cer le plus fréquent après ceux de la prostate et du poumon. Il est la troisième cause de mor­tal­ité par can­cer chez la femme après le can­cer du sein et du poumon. En France ce sont 17 100 décès par an et plus de 47 000 patients touchés avec une légère pré­dom­i­nance chez l’homme, d’où son impor­tance en ter­mes de san­té publique. Au niveau mon­di­al, l’Organisation mon­di­ale de la san­té esti­mait en 2020 à 1,9 mil­lion le nom­bre de nou­veaux cas et 930 000 décès dus au can­cer col­orec­tal.

Le taux min­i­mum de par­tic­i­pa­tion recom­mandé par l’Union Européenne à la cam­pagne de dépistage du can­cer col­orec­tal est de 45 %. Avec un taux de par­tic­i­pa­tion de 34,3 % sur la péri­ode 2021/2022, la France est bien en-deçà des objec­tifs fixés. À con­trario, les Pays-Bas et la Grande-Bre­tagne, avec des taux de par­tic­i­pa­tion respec­tifs de 72,7 % (2017) et 57 % (2018), sont bien meilleurs. L’objectif de 65 %* de taux de par­tic­i­pa­tion, fixé par la Stratégie décen­nale de lutte con­tre les can­cers, per­me­t­trait chaque année d’éviter 5 700 can­cers et 6 600 décès.

Au-delà de l’augmentation de la par­tic­i­pa­tion au dépistage du can­cer col­orec­tal, il est égale­ment impor­tant de sen­si­bilis­er la pop­u­la­tion aux fac­teurs de risques favorisant le développe­ment d’un can­cer col­orec­tal. Par­mi ces fac­teurs de risques, il y a notam­ment l’obésité, qui touche des per­son­nes de plus en plus jeunes et résulte de la séden­tar­ité com­binée à une ali­men­ta­tion déséquili­brée à base de viande et de pro­duits trans­for­més. C’est pourquoi, il con­vient d’ajouter aux cam­pagnes de dépistage la lutte con­tre le sur­poids par la pro­mo­tion de l’activité physique, d’une ali­men­ta­tion équili­brée et une réduc­tion de la con­som­ma­tion de viande rouge, d’alcool ou le tabag­isme.

Entre un polype bénin et un can­cer métas­tasique il y a tout un con­tin­u­um. Il est de la respon­s­abil­ité de cha­cun, puisque nous en avons les moyens, de se met­tre dans une sit­u­a­tion de préven­tion et de par­ticiper aux dépistages organ­isés, qui peu­vent sauver des vies.

*https://www.e‑cancer.fr/content/download/317173/4544094/version/3/file/Strate%CC%81gie+de%CC%81cennale+de+lutte+contre+les+cancers+2021–2030+V2.pdf

[1] Posts-tests BVA/INCa (cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion) 2023 sur des échan­til­lons représen­tat­ifs de la pop­u­la­tion cible 50–74 ans.

[2] Source don­nées San­té publique France.

[3] Sur­veil­lance Epi­demi­ol­o­gy and End Results (SEER) 18 Stat Fact Sheets: Colon and Rec­tum Can­cer. (2010–2016), 2020

 

Crédits Pho­tos :

Clin­ique Esquirol Saint Hilaire et Cal­a­bet, Agen (47), Clin­ique Chirur­gi­cale de Mar­tigues, Mar­tigues (13), Pôle San­té République, Cler­mont-Fer­rand (63), Hôpi­tal Privé des Peu­pli­ers, Paris (75), Hôpi­tal Privé Paul d’Egine, Champigny-sur-Marne (94), Hôpi­tal Privé Dijon-Bour­gogne, Dijon (21), Poly­clin­ique Saint-Côme, Com­piègne (60), Clin­ique Sainte-Isabelle, Abbeville (62)