Journée bleue
Hôpi­tal privé de Ver­sailles — Clin­ique des Fran­cis­caines, Ver­sailles (78)

Journée d’action le 5 mars, en parte­nar­i­at avec deux asso­ci­a­tions locales qui ont tenu un stand de sen­si­bil­i­sa­tion à prox­im­ité du ser­vice des admis­sions. Une ini­tia­tive annon­cée sur la page face­book de l’établissement.

Le 5 mars, les bénév­oles de l’ADMY — l’Association de Dépistage de Masse organ­isé des can­cers du sein et du can­cer col­orec­tal dans les Yve­lines -,  et de la Ligue con­tre le can­cer ont échangé avec une quar­an­taine de per­son­nes. Les pro­fes­sion­nels de l’établissement ont été par­ti­c­ulière­ment sen­si­bles à cette démarche, puisqu’une ving­taine d’entre eux se sont ren­dus sur le stand.

La règle de trois
CHP Brest, Brest (29)

3 journées bleues, dans 3 étab­lisse­ments du CHP unis pour un même engage­ment. L’occasion de sen­si­bilis­er le grand pub­lic mais aus­si de faire se ren­con­tr­er les soignants qui inter­vi­en­nent à des temps dif­férents de la prise en charge.

Ouver­ture du bal à la clin­ique Pas­teur le 5 mars, puis mobil­i­sa­tion sur les sites de Ker­au­dren le 7 et enfin du Grand Large ce 8 mars. Le scé­nario est bien rodé. Les per­son­nels du Dis­posi­tif d’accompagnement con­certé — infir­miers, psy­cho­logue, diététi­ci­enne, assis­tante sociale, etc. — sont à la dis­po­si­tion des vis­i­teurs pour les sen­si­bilis­er à l’importance du dépistage. À leurs côtés, la Ligue con­tre le can­cer et l’Association pour le DÉpistage des Can­cers dans le Fin­istère (ADEC29) pro­posent une immer­sion en 3D au cœur d’un côlon grâce au matériel mis à dis­po­si­tion par un parte­naire, le temps d’une chas­se aux polypes. Équipés d’un masque de réal­ité virtuelle aug­men­tée et d’un joy­stick, les vis­i­teurs « tirent » sur les polypes qui au fur et à mesure devi­en­nent plus résis­tants et plus nom­breux. À Ker­au­dren, des ate­liers étaient réservés aux pro­fes­sion­nels du CHPB. Puisque les 3 sites pren­nent en charge les patients atteints de can­cer à des moments dif­férents de leurs par­cours, il est essen­tiel que chaque soignant con­naisse le rôle et les gestes de ses col­lègues : pose de PAC et de Pic­cline, pré­pa­ra­tion de chimio­thérapie, soins de stomie, etc. Un coach sportif spé­cial­isé en activ­ité physique adap­tée était présent  pour expli­quer son tra­vail, ain­si qu’une aide-soignante de Ker­au­dren — for­mée à la réflex­olo­gie plan­taire — qui a offert un moment de détente fort appré­cié.

Mars Bleu n’attend pas !
Poly­clin­ique de Navarre, Pau (64)

En ce début de mois, il y avait beau­coup d’animation dans l’établissement qui, à l’occasion d’une réor­gan­i­sa­tion, accueille de nou­veaux ser­vices de chirurgie. Une actu­al­ité chargée qui n’occulte pas l’engagement pour Mars Bleu.

Une fois de plus, le pro­gramme est d’envergure. Façade déjà bleutée, repas bleu le 12 mars, suivi d’un « café bleu » offert le 14 en parte­nar­i­at avec la CPAM et la Ligue con­tre le can­cer. Tout le mois, des brochures et bracelets bleus seront à dis­po­si­tion du pub­lic dans le hall pen­dant que sera dif­fusé en boucle sur les écrans vidéo de la poly­clin­ique un clip de préven­tion. Un stand d’information sur la préven­tion du can­cer col­orec­tal et la nutri­tion sera ani­mé le 22 mars par une infir­mière du dis­posi­tif d’annonce et une diététi­ci­enne. Autant d’actions annon­cées et relayées sur les réseaux soci­aux. Pour que tombent les tabous, les usagers peu­vent dès à présent dépos­er leurs ques­tions sur le can­cer col­orec­tal dans la boîte bleue instal­lée dans le hall. Répons­es des médecins, sur le site de l’établissement, à la fin du mois !

En route pour un madi­son 
Clin­ique Anne d’Artois, Béthune (62)

Une flash­mob : la manière idéale de rap­pel­er le rôle de l’activité physique en préven­tion du can­cer col­orec­tal… et la néces­sité de se met­tre en mou­ve­ment, tous ensem­ble, pour pro­mou­voir le dépistage.

Une col­lègue a d’abord instal­lé dis­crète­ment la sono. Et puis… Tous en piste ! Quar­ante mem­bres du per­son­nel esquis­sent soudain en plein milieu du hall les pas du madi­son. Entraînés par l’équipe d’organisation — une dizaine de per­son­nes vêtues de bleu et sur­mo­tivées — ils pren­nent peu à peu con­fi­ance sous le regard d’abord sur­pris puis ent­hou­si­aste des patients et vis­i­teurs. Soignants, admin­is­trat­ifs, per­son­nels tech­niques… Tous ont joué le jeu, y com­pris plusieurs médecins et Didi­er Godec, le directeur. For­cé­ment, après une telle démon­stra­tion, les vis­i­teurs ont afflué sur le stand de l’association AIRE Can­cers (Accueil, Infor­ma­tion, Ren­con­tre et Écoutes sur les can­cers).

Si cet événe­ment ini­tié par la DSI Mme Bernard a con­nu un tel suc­cès, c’est grâce à l’implication des cadres de soins qui ont su motiv­er leurs équipes et les encour­ager à faire… le pre­mier pas !

 

Dr Emmanuel Ricard,
Délégué à la préven­tion et pro­mo­tion des dépistages pour la Ligue con­tre le can­cer

Quel est le dis­posi­tif de la Ligue con­tre le can­cer pour Mars Bleu ?
De longue date, la Ligue s’est impliquée forte­ment autour d’Octobre Rose. Mais Mars Bleu est longtemps resté le par­ent pau­vre de la préven­tion, et quand je suis arrivé il y a 8 ans la Ligue pro­po­sait peu d’ac­tions spé­ci­fiques. Pour lancer la mobil­i­sa­tion et favoris­er des parte­nar­i­ats entre nos comités locaux et des acteurs publics et privés de leur ter­ri­toire, nous avons alors lancé le Côlon Tour avec la Société française d’endoscopie diges­tive et la fon­da­tion Arcad (Aide et Recherche en Can­cérolo­gie Diges­tive). Qua­tre struc­tures gon­flables « tour­nent » toute l’année partout en France, à l’invitation des com­munes, des étab­lisse­ments de san­té, des cen­tres com­mer­ci­aux, avec un pic de deman­des en mars-avril. L’objectif est d’expliquer sim­ple­ment la can­céri­sa­tion des polypes. C’est aus­si l’occasion d’aborder les ques­tions de préven­tion car à côté de la struc­ture sont instal­lés des pan­neaux d’af­fichage relat­ifs aux fac­teurs de risque : séden­tar­ité, con­som­ma­tion d’al­cool et de tabac, déséquili­bres ali­men­taires, etc. Nous avons ensuite financé les études qui ont per­mis en 2015 le pas­sage du test Hémoc­cult au test immunologique, actuelle­ment en ser­vice et beau­coup plus effi­cace. L’an dernier, Mars Bleu, ce furent 102 journées d’ac­tion pour les comités départe­men­taux et 89 villes étapes pour le Côlon Tour (103 jours sont déjà pro­gram­més pour 2019).

Vous innovez cette année avec #par­lons­fess­es…
Nous avons voulu « tit­iller » les hommes car la pop­u­la­tion mas­cu­line est moins encline à se faire dépis­ter. Ce hash­tag #par­lons­fess­es est en rup­ture avec les mes­sages habituels, plus policés, qui s’adressent à des per­son­nes à l’aise avec le lan­gage médi­cal, les ter­mes « côlon » et « polype » par exem­ple. Nous voulions nous adress­er à tous, dans un reg­istre de lan­gage plus com­mun. La généra­tion con­cernée par le dépistage sys­té­ma­tique est désor­mais plus présente sur les réseaux soci­aux. Nous devons inve­stir ce champ. Au sein de la Ligue, nous avons une per­son­ne dédiée qui poste sur les réseaux soci­aux, répond aux ques­tions, etc. Nous dis­poserons prochaine­ment d’un motion design sur le dépistage du can­cer col­orec­tal, que nous dif­fuserons large­ment. L’IN­Ca et Amélie relaient les cam­pagnes insti­tu­tion­nelles. Nous avons pour notre part plus de lib­erté de ton pour inter­peller la pop­u­la­tion. Nous sommes com­plé­men­taires, et devons par­ler à tout le monde pour faire enfin décoller le chiffre de la par­tic­i­pa­tion au dépistage organ­isé.

Qu’at­ten­dez-vous spé­ci­fique­ment de l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée ?
Out­re l’engagement des étab­lisse­ments qui pro­posent des actions de sen­si­bil­i­sa­tion aux côtés des chargés de préven­tion et bénév­oles de nos comités locaux, nous comp­tons sur une impli­ca­tion gran­dis­sante des médecins.

La loi de san­té publique met l’ac­cent sur la préven­tion, mais dans ce domaine nous avons un gros effort à faire au moment des con­sul­ta­tions. Quel que soit son statut, le prati­cien devrait désor­mais abor­der sys­té­ma­tique­ment la ques­tion de la préven­tion. « Est-ce que vous fumez ? Est-ce que vous buvez ? Est-ce qu’on vous a fait des propo­si­tions pour vous aider à arrêter ? Est-ce qu’on vous a pro­posé des dépistages ? Qu’en est-il de vos vac­ci­na­tions ? » Si on com­mence à faire ça, on installera enfin la ques­tion de la préven­tion dans l’e­sprit de la pop­u­la­tion, et cela nous don­nera de la légitim­ité lorsque nous pro­poserons des pro­grammes de dépistages.

Les acteurs de san­té dis­ent sou­vent « Ce n’est pas à nous de le faire, nous sommes débor­dés par les soins ». C’est com­préhen­si­ble. Mais si on n’opère pas ce déplace­ment, si on con­tin­ue à cliv­er avec les soins d’un côté et des actions ponctuelles de préven­tion de l’autre, nous ne serons pas effi­caces. Le tabac et l’al­cool, on pense générale­ment que ça con­cerne les gas­tro-entéro­logues et les pneu­mo­logues. Mais ces fac­teurs sont sous-éval­ués en neu­rolo­gie, en urolo­gie, en car­di­olo­gie, etc. Le fac­teur alcool est par exem­ple forte­ment impliqué pour l’hypertension artérielle, les AVC, et les myocar­diopathies. Il y a de gros pro­grès à faire, car qua­si­ment toutes les spé­cial­ités sont con­cernées. Dans l’opin­ion publique, plus le médecin est spé­cial­isé, plus son dis­cours est crédi­ble. Dans l’organisation de la con­sul­ta­tion, la place de la préven­tion doit donc être essen­tielle.

 

Crédits pho­tos : Hôpi­tal privé de Ver­sailles — Clin­ique des Fran­cis­caines, CHP Brest, Poly­clin­ique de Navarre, Clin­ique Anne d’Artois, Ligue con­tre le can­cer