Voix cen­trale

Pen­dant son arthro­scopie du genou, le 9 octo­bre, le patient se bal­adait quelque part en Thaï­lande et les quelques douleurs ressen­ties n’étaient que des piqûres de mous­tiques… Une démon­stra­tion impres­sion­nante de l‘efficacité de l’hypnose.

C’est le Dr Gré­go­ry Falk, médecin-anesthé­siste de la Clin­ique chirur­gi­cale Porte Océane (Les Sables-d’Olonne), qui accom­pa­g­nait le patient. Pour cette inter­ven­tion, le prati­cien n’a eu recours qu’à une une sim­ple anesthésie locale, et la mobil­i­sa­tion des ressources pro­pres du patient.

Ce jour-là, le patient n’a pas hésité, con­va­in­cu par un test rapi­de : en quelques instants il n’était plus capa­ble de décoller ses deux mains ou de pli­er son bras. « La clef, c’est de démys­ti­fi­er l’hypnose, qui n’est qu’une tech­nique de com­mu­ni­ca­tion, puis de prou­ver son effi­cac­ité au patient, aux soignants, et aux chirurgiens » pré­cise le Dr Falk. Pour cela, il a hyp­no­tisé briève­ment, un par un, tous les soignants qui le souhaitaient. Tâche plus rude pour les chirurgiens, peu enclins à lâch­er prise. C’est donc à l’occasion d’une CME qu’il a pro­posé une séance d’hypnose col­lec­tive. Les médecins, s’inclinant de plus en plus vers l’avant et l’arrière sous l’effet de la sug­ges­tion, avaient les pieds telle­ment rivés au sol que cer­tains ne pou­vaient plus les décoller en fin de séance. De quoi con­va­in­cre les plus réti­cents.

« L’hypnose n’est pas une mode mais un véri­ta­ble out­il thérapeu­tique. Dans 10 ans, je pense qu’elle sera enseignée aux internes en anesthésie, peut-être à tous les internes car elle peut être util­isée lors de tout acte de soin désagréable ou douloureux » explique le Dr Falk, qui a com­mencé à sen­si­bilis­er le per­son­nel du bloc à la com­mu­ni­ca­tion thérapeu­tique : « Adapter sim­ple­ment notre com­porte­ment, notre façon de par­ler aux patients, cela les anx­i­ol­yse. » Pour sa part, il l’a util­isée la pre­mière fois sur une patiente pho­bique des piqûres qui néces­si­tait une rachi­anesthésie. Elle n’a rien sen­ti lors de la pose de per­fu­sion, puis, ras­surée, a accep­té sans dif­fi­culté la rachi­anesthésie, tou­jours sous hyp­nose. Pour le Dr Falk, il s’agit main­tenant d’en diver­si­fi­er les indi­ca­tions : lift­ing, abla­tion des dents de sagesse, thy­roïdec­tomie, etc. Les chirurgiens se lais­sent peu à peu con­va­in­cre, quitte à bous­culer leurs habi­tudes. Ils doivent atten­dre que le patient soit en transe, puis veiller à ce que toute l’équipe se con­cen­tre pour ne pas per­turber le réc­it en cours. Surtout, ils doivent tra­vailler en par­faite syn­chro­ni­sa­tion avec l’anesthésiste qui adapte ce réc­it au fil de l’intervention. La lampe sci­a­ly­tique se rap­proche du vis­age ? C’est sim­ple­ment le soleil qui sort des nuages…

L’hypnose bous­cule idées reçues et habi­tudes, mais ses avan­tages sont indé­ni­ables : ambiance zen au bloc opéra­toire, aucun risque d’allergie ou d’effets sec­ondaires des médica­ments puisqu’on n’en injecte pas, et pour les patients un sou­venir agréable de l’intervention. Des patients qui sont d’ailleurs de plus en plus deman­deurs de cette tech­nique émer­gente. « Pen­dant et après leur séjour, leur sat­is­fac­tion est notre pri­or­ité » souligne Daph­né Roy­al, direc­trice de la clin­ique. Par la com­mu­ni­ca­tion pos­i­tive, le soignant recherche le bien-être de son patient. Mme Roy­al se réjouit de l’impact béné­fique de cette approche qui donne sat­is­fac­tion aux équipes, instau­rant une rela­tion bien­veil­lante et apaisée.