En décem­bre 2015, dans la dynamique de la COP 21, les clin­iques mar­quaient leur engage­ment dans la préser­va­tion de notre planète et plan­taient la Forêt de l’hospitalisation privée. Véri­ta­ble pro­jet écologique mais aus­si économique et social, cette forêt sym­bol­ique grandit et pro­duit cette année ses pre­miers fruits. La nature a des ver­tus thérapeu­tiques, celles con­cer­nant notre secteur, d’enseigner la ténac­ité et la patience. Juin, c’est le temps des ceris­es, tous les espoirs sont per­mis.

Les initiatives

Allons y à vélo !

Clin­ique Rive Gauche, Toulouse (31)

La Clin­ique Rive Gauche ne recule pas devant les chal­lenges : bâtir un nou­veau bâti­ment HQE en plein cen­tre ville de Toulouse, créer sa pro­pre gamme de puéri­cul­ture et pro­duits cos­mé­tiques bio pour bébé, ou encore con­courir deux fois par an au chal­lenge sportif AYAV, Allons y à vélo ! Organ­isé par l’association Deux Pieds Deux Roues, ce défi incite à opter, été comme hiv­er, pour le vélo, pour se ren­dre sur son lieu de tra­vail. Cette année encore, la clin­ique a pu compter sur son équipe qui s’est démar­quée par un taux de par­tic­i­pa­tion record. Il faut dire que la direc­tion prend soin … de son parc de vélo en pro­posant tous les six mois des ate­liers de répa­ra­tion gra­tu­its pour ses per­son­nels, qui prof­i­tent volon­tiers de ce ser­vice ren­du. « Notre direc­tion souhaite pro­mou­voir les trans­ports pro­pres auprès des salariés tout en agis­sant pour leur san­té. Nous avons organ­isé pour cette édi­tion un tirage au sort de gilets et kits de sécu­rité, l’an dernier nous avions dis­tribué des gilets flo­qués au nom de la clin­ique. Le per­son­nel est très engagé et four­mille d’idées ! », explique Katel Eynard, ges­tion­naire des risques, chargée du développe­ment durable.


La chas­se aux PE

Clin­ique du Fief de Gri­moire, Poitiers (86)

La Clin­ique du Fief de Gri­moire se lance dans la chas­se aux per­tur­ba­teurs endocriniens. Sol­lic­itée par l’ARS Nou­velle Aquitaine, elle par­ticipe à la mise en place dans son étab­lisse­ment d’un pro­gramme de sen­si­bil­i­sa­tion et de préven­tion à des­ti­na­tion des par­ents des quelques 1 100 bébés qu’elle accueille chaque année. « Nous avons dif­fusé une pla­que­tte élaborée en coopéra­tion avec l’ARS et à des­ti­na­tion des jeunes mamans sur les pré­cau­tions à pren­dre pen­dant la grossesse et après, afin d’éviter les expo­si­tions. L’établissement souhaite met­tre en place des for­ma­tions pour ses per­son­nels autour de la san­té envi­ron­nemen­tale de la petite enfance. Les pro­fes­sion­nels de la mater­nité doivent se for­mer égale­ment », explique Isabelle Méme­teau, attachée de direc­tion et respon­s­able qual­ité. « À terme, nous plan­i­fions de pro­pos­er des ate­liers sur le sujet en direc­tion de nos par­turi­entes. Nous serons opéra­tionnels début 2018. »

Les bonnes opéra­tions du bloc !

Clin­ique du Tonkin, Villeur­banne (69)

Opéra­tion réussie pour les équipes de bloc de la Clin­ique du Tonkin qui ont inau­guré en début d’année leur nou­velle fil­ière de récupéra­tion des métaux rares et pré­cieux issus des dis­posi­tifs médi­caux à usage unique. Chaque mois, plus de 120 son­des pour stim­u­la­tion car­diaque sont con­fiées à un prestataire du ter­ri­toire, qui, cer­ti­fi­cat de décon­t­a­m­i­na­tion à l’appui, récupère les bagues en pla­tine pour leur offrir une sec­onde vie. « Cette ini­tia­tive, soutenue par la cel­lule développe­ment durable de notre groupe, n’a toute­fois pu se faire qu’avec l‘adhésion des prati­ciens, qui se sont prêtés au jeu, et un peu de réor­gan­i­sa­tion en interne : les bacs de décon­t­a­m­i­na­tion n’étaient pas en nom­bre suff­isant par exem­ple. Aujour­d’hui, notre prestataire a par­ticipé au finance­ment d’un char­i­ot sup­plé­men­taire et en retour, nous lui four­nissons des cer­ti­fi­cats d’hy­giène en bonne et due forme. Au final, cette nou­velle fil­ière de tri ne nous coûte pas plus cher, voire rap­porte… un peu, puisque le prestataire nous rémunère au poids. En mars 2017, les 123 son­des ain­si traitées ont généré 317 € », explique Sophie Car­o­line Blanc, référente développe­ment durable.

 

Le dossier

L’A­gence européenne des pro­duits chim­iques Echa (Euro­pean chem­i­cal agency) vient d’adopter la propo­si­tion de la France de class­er le bis­phénol A (BPA) dans la caté­gorie des « sub­stances extrême­ment préoc­cu­pantes ». Une grande avancée pour les organ­i­sa­tions qui, depuis des années, œuvrent en ce sens, dont le Réseau envi­ron­nement san­té (RES) qui a été à l’initiative de la loi votée en France, pro­scrivant le BPA dans les con­tenants ali­men­taires. « Cette clas­si­fi­ca­tion con­cer­nant le BPA doit être élargie aux grandes familles de per­tur­ba­teurs endocriniens pour lesquels le dossier sci­en­tifique est solide­ment établi, et en pri­or­ité : les phta­lates, per­flu­o­rés, alkylphénols, poly­bromés, parabènes et pes­ti­cides. La Com­mis­sion européenne doit main­tenant accepter une déf­i­ni­tion des per­tur­ba­teurs endocriniens per­me­t­tant de les élim­in­er totale­ment de notre envi­ron­nement, au lieu d’introduire une dif­férence selon que les effets con­cer­nent la san­té humaine ou l’écosystème », déclare André Cicolel­la, tox­i­co­logue et prési­dent du RES. Pour le Dr Pierre Sou­vet, car­di­o­logue et prési­dent de l’Association san­té envi­ron­nement France (ASEF), recon­naître le BPA comme une sub­stance extrême­ment préoc­cu­pante était une évi­dence. « Les revues sci­en­tifiques notent depuis longtemps des prob­lèmes sur le développe­ment du cerveau, sur la thy­roïde, l’appareil repro­duc­teur. La ques­tion suiv­ante est celle des sub­stances de sub­sti­tu­tion, mais surtout celle de l’exposome. »

« La notion d’exposome est nou­velle, mais majeure. Nous sommes tous exposés à de mul­ti­ples pol­lu­ants qui ont des effets par­fois syn­ergiques, par­fois antag­o­nistes et la durée et l‘âge d’exposition sont fon­da­men­taux. Les règles actuelles de la tox­i­colo­gie ne sont plus vraies pour les per­tur­ba­teurs endocriniens.», explique le Dr Sou­vet. Aux États-Unis, en sep­tem­bre dernier, la Food and Drug Admin­is­tra­tion (FDA) a inter­dit par­tielle­ment le tri­closan, util­isé comme antibac­térien dans les savons. Le tri­closan est aus­si très présent dans de nom­breux pro­duits et DM util­isés par les étab­lisse­ments de san­té. « Out­re son effet comme per­tur­ba­teur endocrinien, met­tre du tri­closan partout favorise la résis­tance aux antibi­o­tiques », souligne le Dr Sou­vet. « Le BPA est l’arbre qui cache la forêt. L’exposition à ces sub­stances sont cru­ciales à cer­taines péri­odes de la vie. Une femme qui veut avoir des enfants, doit se pré­par­er avant la grossesse afin de ne pas trans­met­tre via le pla­cen­ta des sub­stances chim­iques à son fœtus. Le con­di­tion­nement de l’avenir san­i­taire de l’enfant se fait par­ti­c­ulière­ment au pre­mier trimestre de la grossesse. Il est impor­tant que le min­istère de la San­té, en lien avec celui de l’Écologie, coopèrent. Et il faut enfin que les médecins soient for­més.