La Semaine européenne de la réduc­tion des déchets, organ­isée par l’ADEME du 18 au 26 novem­bre, ce sont 12 000 actions dans plus de 27 pays, pour met­tre en avant la préven­tion des déchets. Car le meilleur déchet est celui que l’on ne pro­duit pas.

Pro­duire et con­som­mer mieux, pro­longer la durée de vie des pro­duits, jeter moins… Tout le monde peut agir !

Les initiatives

Net­toy­age d’automne

Clin­ique du Parc, Castel­nau-le-Lez (34)

Équipés de pinces, gants de chantier et sacs poubelles, ils étaient plus de 40 same­di 23 sep­tem­bre à arpen­ter 3 heures durant le Parc Mon­plaisir et les rives du Lez. Rien n’échappait à leur verte vig­i­lance : mégots, bouteilles, détri­tus en tous gen­res. Le per­son­nel, dont le directeur Yann Rey­naud, était venu en force, et en famille, pour cette mat­inée ludique, et utile ! L’occasion de sen­si­bilis­er les plus jeunes à la pol­lu­tion, et de pren­dre soin de cet envi­ron­nement mag­nifique qui abrite la clin­ique depuis tout juste 50 ans. Une belle manière aus­si de se retrou­ver, entre col­lègues, dans un cadre dif­férent. « Il s’agit d’un évène­ment con­vivial et utile qui s’inscrit dans la poli­tique RSE de la Clin­ique » pré­cise Gérald Pigeaud, DRH de l’établissement.
Sur le kilo­mètre par­cou­ru, plus de 40 sacs poubelles ont été rem­plis, puis évac­ués par les ser­vices de la mairie, parte­naire de l’opération. Il était alors temps pour les courageux bénév­oles de dress­er les tables dans le parc embel­li, et partager une paël­la. Gageons que pas un cou­vert, pas une servi­ette n’ont été lais­sés sur place ! Une belle ini­tia­tive, qui un jour peut-être devien­dra inutile grâce à la prise de con­science des nou­velles généra­tions. D’ici là, ren­dez-vous l’année prochaine pour la 5e édi­tion de l’opération « Grand net­toy­age des rives du Lez ».

La pointe du pro­grès

Hôpi­tal Privé Saint-Mar­tin, Pes­sac (33)

Con­som­mer moins de molécules pour l’anesthésie, amélior­er le bien-être des patients et par le jeu des neu­rones miroirs celui des soignants. 3 bonnes raisons qui ont con­duit le Cen­tre Anesthésia, créé par les médecins anesthé­sistes de l’établissement à laiss­er une place de choix à l’hypnose et l’acupuncture.
« Ici, l’hypnose est large­ment util­isée avant les anesthésies générales, per­me­t­tant une antic­i­pa­tion pos­i­tive de la phase de réveil — qui s’en trou­ve écourtée et adoucie — ain­si qu’une réduc­tion des dos­es de mor­phine con­som­mées. » pré­cise le Dr Yan­nick Bre­ton, médecin anesthé­siste-réan­i­ma­teur. Une pos­si­bil­ité choisie par 70 % des patients. L’hypnosédation, com­binée avec une anesthésie locale, est quant à elle util­isée pour des inter­ven­tions vas­cu­laires, gyné­cologiques, endo­scopiques, ou des exérès­es de tumeurs cutanées.
4 médecins sont égale­ment for­més à l’acupuncture, et l’utilisent pour lut­ter con­tre l’anxiété avant l’intervention, mais aus­si pour atténuer les effets sec­ondaires de l’anesthésie : globes uri­naires, nausées et vom­isse­ments, douleurs de tra­chées. Ces alter­na­tives sont présen­tées aux patient.e.s en con­sul­ta­tion d’anesthésie, ou lors des journées organ­isées en préopéra­toire dans le cadre de la réha­bil­i­ta­tion améliorée après chirurgie. Le développe­ment de l’ambulatoire, peu com­pat­i­ble avec l’usage de prémédi­ca­tions à longue durée d’action, don­nera prob­a­ble­ment de plus en plus de place à ces tech­niques. Aux quelques réti­cences ini­tiales des chirurgiens a d’ailleurs suc­cédé un réel intérêt : le Dr Yan­nick Bre­ton inter­vient à présent, à leur demande, lors d’EPU ou de con­grès.

Pas de petites économies

Hôpi­tal Privé Arnault Tzanck Mou­g­ins, Sophia-Antipo­lis (06)

L’amélioration des instal­la­tions tech­niques et le choix de tech­nolo­gies nou­velles témoignent d’un fort engage­ment de l’établissement dans une démarche écore­spon­s­able. Ain­si, les nou­veaux locaux, voies de cir­cu­la­tions et park­ings souter­rains dis­posent à présent d’éclairages LED et sont pro­gres­sive­ment équipés de radars de détec­tion afin que ces zones soient éclairées unique­ment si néces­saire. Ces mod­i­fi­ca­tions réduisent la con­som­ma­tion élec­trique, le nom­bre d’actions de main­te­nance, et en con­séquence pro­lon­gent la durée de vie des lumi­naires.
Par ailleurs, une par­tie des équipements de cli­ma­ti­sa­tion et chauffage des locaux admin­is­trat­ifs du Pôle de Chirurgie de l’Espérance béné­fi­cie d’une pro­gram­ma­tion horaire, qui coupe les équipements et abaisse les con­signes de tem­péra­ture, la nuit, dans les zones inoc­cupées. Les fenêtres sont aus­si pourvues de con­tacts qui con­di­tion­nent l’arrêt automa­tique des équipements de chauffage et cli­ma­ti­sa­tion lorsqu’elles sont ouvertes. Sur ce même site, les cen­trales de traite­ment d’air des blocs opéra­toires dis­posent égale­ment d’une ges­tion horaire.
Enfin, les calo­ries émis­es par les com­presseurs des « Groupes Froid » sont réu­til­isées pour préchauf­fer l’eau chaude san­i­taire et l’eau de chauffage. Les ven­ti­lo-con­denseurs et les chaudières à gaz sont ain­si moins sol­lic­ités, per­me­t­tant des économies d’électricité et de gaz, et une réduc­tion des rejets de CO2. Toutes ces instal­la­tions sont reliées à une Ges­tion tech­nique cen­tral­isée (G.T.C), per­me­t­tant d’optimiser le fonc­tion­nement des sys­tèmes et l’efficience énergé­tique. L’audit énergé­tique en cours déter­min­era les nou­veaux axes d’amélioration.

Le dossier

Per­tur­ba­teurs endocriniens
Dans le poi­son, rien n’est bon…

Le 9 novem­bre, les élus du par­lement européen n’ont pas réus­si à se met­tre d’accord sur la durée de renou­velle­ment de la licence d’exploitation du glyphosate. Classé comme « prob­a­ble­ment can­cérogène » par le Cen­tre inter­na­tion­al de recherche sur le can­cer, il ne serait par con­tre pas un per­tur­ba­teur endocrinien (PE) d’après l’a­gence européenne de sécu­rité des ali­ments. Une belle illus­tra­tion de la dif­fi­culté à éval­uer la dan­gerosité de ces sub­stances, et de faire la part entre les études indépen­dantes et publiques, et celles financées par l’industrie.
Les per­tur­ba­teurs endocriniens (PE) sont des sub­stances chim­iques qui peu­vent inter­fér­er avec le sys­tème endocrinien, soit en imi­tant l’action d’une hor­mone naturelle, soit en se fix­ant sur les récep­teurs des hor­mones naturelles, soit en mod­i­fi­ant les con­cen­tra­tions d’hormones présentes dans l’organisme. Phta­lates, bis­phénol, parabènes, etc. pénètrent dans l’organisme par voie orale ou cutanée. On les retrou­ve dans cer­tains pro­duits indus­triels (pro­duits phy­tosan­i­taires, médica­ments, cos­mé­tiques, tex­tiles, etc.) et la liste des sus­pects ne cesse de s’al­longer.

Pour André Cicolel­la, tox­i­co­logue et prési­dent du Réseau envi­ron­nement san­té, « les per­tur­ba­teurs endocriniens induisent un change­ment de par­a­digme en tox­i­colo­gie : la rela­tion dose-effet n’est pas linéaire et l’effet peut être plus fort à faible dose qu’à forte dose ». L’effet « cock­tail » serait de plus délétère, ce que sem­ble con­firmer un rap­port de l’Inserm (pub­lié en sep­tem­bre 2017) mon­trant l’exacerbation des effets des molécules lorsqu’elles se com­bi­nent. Les experts s’accordent sur un point : il faut pro­téger en pri­or­ité les pop­u­la­tions vul­nérables et tout par­ti­c­ulière­ment les femmes enceintes et les enfants sur lesquels l’impact des PE est observé par une nom­breuse lit­téra­ture sci­en­tifique.

Une autre étude de l’Inserm — sur 500 garçons nés entre 2003 et 2006 — vient d’associer le tri­closan, un autre PE, à cer­tains trou­bles du com­porte­ment. Ce bio­cide, qui tra­verse le pla­cen­ta et a même été retrou­vé dans des cor­dons ombil­i­caux, est encore présent dans le savon ou les solu­tions hydro-alcooliques util­isés dans les étab­lisse­ments de soin. 200 sci­en­tifiques et pro­fes­sion­nels de la san­té ont pour­tant signé le 20 juin dernier le Flo­rence State­ment pour aver­tir que le tri­closan et le tri­clo­car­ban, un pro­duit sim­i­laire, “ne devraient être util­isés que si leurs effets posi­tifs pour la san­té sont prou­vés”.

Com­ment réduire les PE dans les étab­lisse­ments de soin ? Tout d’abord, pass­er son étab­lisse­ment au scan­ner et débus­quer les PE. La cam­pagne du C2DS est un bon sup­port, et pro­pose 10 éco-gestes : informer le per­son­nel féminin de l’établissement, aér­er les locaux, sol­liciter les four­nisseurs pour iden­ti­fi­er les PE (dans les dis­posi­tifs médi­caux, les pro­duits de soin et d’hygiène, les matéri­aux de con­struc­tion, de déco­ra­tion, de net­toy­age, etc.) afin de les sub­stituer pro­gres­sive­ment, etc.

Si le choix des pro­duits est pri­mor­dial… Il est par­fois ardu. Ain­si, le DEHP, phta­late couram­ment util­isé dans le PVC, est recon­nu par l’Union européenne comme une « sub­stance extrême­ment préoc­cu­pante », et con­sid­éré comme PE. Présent dans cer­tains dis­posi­tifs médi­caux (poches à per­fu­sion, tubu­lures, etc.), il devait être inter­dit par la France le 1er juil­let 2015 dans les ser­vices de pédi­a­trie, néona­t­a­lo­gie et les mater­nités. Finale­ment, le règle­ment européen Reach (Reg­is­tra­tion, Eval­u­a­tion, Autho­riza­tion and Restric­tion of Chem­i­cals) a imposé un taux de con­cen­tra­tion < 0,1 %. Cette infor­ma­tion étant peu ou pas acces­si­ble, com­ment les acheteurs des étab­lisse­ments de san­té peu­vent-ils respecter la régle­men­ta­tion ? Notons toute­fois que cer­tains indus­triels pro­posent d’ores et déjà des dis­posi­tifs médi­caux exempts de DEHP.