Inon­da­tions, chutes de neige, vague de froid…
Vive­ment le print­emps !

(potager sur la ter­rasse de la Clin­ique Pas­teur à Toulouse, print­emps 2017)

 

Les initiatives

25 fil­ières de tri 

Clin­ique Esquirol Saint-Hilaire, Agen (47) 

À la Clin­ique Esquirol Saint-Hilaire, la démarche de développe­ment durable fait par­tie inté­grante du pro­jet d’établissement, tant sur le plan social, socié­tal, économique, qu’environnemental. En ce qui con­cerne les déchets, 25 fil­ières de tri sont instal­lées : embal­lages, dis­posi­tifs médi­caux, radios, verre, graiss­es, matériel élec­trique, bou­chons, lunettes et bien d’autres. Depuis le 1er novem­bre, une « benne com­pacteur » com­plète le dis­posi­tif. Elle a pour but de recy­cler les car­tons, y com­pris le petit car­ton­nage des médica­ments, le papi­er, les essuie-mains et les tenues de bloc qui sont en fibre de papi­er. Les agents logis­tiques et les mag­a­siniers, for­més à son util­i­sa­tion, sont chargés de la col­lecte dans les dif­férents ser­vices. Prochain objec­tif, la récupéra­tion des bios déchets, prévue en 2018.

 

Les ver­tus du virtuel 

Clin­ique du Val d’Ouest, Écul­ly (69)

C’est sous l’impulsion de 3 infir­mières anesthé­sistes, 1 infir­mière de bloc et des médecins anesthé­sistes que Les P’tits doudous sont arrivés dans l’établissement en 2016. Pour cette clin­ique ayant une forte activ­ité en pédi­a­trie, le bien-être des enfants est essen­tiel. Quoi de mieux pour apais­er l’anxiété pré-opéra­toire du petit patient que d’en faire le héros d’un jour ? Depuis le 1er mai 2017, l’association pro­pose donc aux patients de 2 à 9 ans du pôle pédi­a­trique le seri­ous game le héros, c’est toi ! L’application est instal­lée sur une tablette con­fiée à l’enfant dans sa cham­bre. Il conçoit son avatar puis réalise un vrai par­cours d’aventurier, accom­pa­g­né d’un doudou virtuel. Dénich­er des objets,  « faire la course avec l’infirmière » pour gon­fler un bras­sard, etc. À l’entrée du bloc, une salle d’accueil apaisante, décorée sur le thème de la mer, lui per­met de rester encore un peu avec ses par­ents. Puis il s’endort pais­i­ble­ment en essayant de repro­duire, par le souf­fle, les courbes affichées sur son écran. Au réveil, c’est un véri­ta­ble doudou — sosie de son ami virtuel — qui lui est offert. Moins d’anxiété, moins de prémédi­ca­tion, pour le bien-être de l’enfant, de ses par­ents… et des soignants qui sont fédérés autour de ce pro­jet. Moins de déchets, aus­si, puisque l’association est en par­tie financée par la val­ori­sa­tion des lames de laryn­go­scopes et fils de bis­touris.


Le dossier

Stratégie nationale sur les per­tur­ba­teurs endocriniens…
Encore un effort !

L’Inspection générale des affaires sociales a pub­lié en décem­bre dernier son rap­port sur la Stratégie nationale sur les per­tur­ba­teurs endocriniens (SNPE). Ini­tiée en 2014, la SNPE est l’une des trois seules ini­tia­tives de ce type en Europe, avec la Suède et le Dane­mark.
Le rap­port en dresse un bilan glob­ale­ment posi­tif, pré­cisant que la SNPE « était très oppor­tune pour affirmer la volon­té poli­tique française d’agir sur un sujet com­plexe(…) pri­or­i­taire en san­té-envi­ron­nement ». Mais il en souligne les lim­ites, au regard des enjeux con­sid­érés comme « majeurs pour la san­té et l’environnement ».

La recherche est fon­da­men­tale.

La SNPE com­por­tait 4 axes, le 1er por­tant sur l’amélioration des con­nais­sances. Les auteurs con­sta­tent qu’il existe un pan­el restreint de méth­odes pour éval­uer si une sub­stance est un per­tur­ba­teur endocrinien (PE), et que la sur­veil­lance de leur présence dans l’environnement dépend des milieux. Ain­si, celle des sols est qua­si-inex­is­tante, et celle de l’air est en retard com­parée à celle de l’eau qui est cadrée par une direc­tive européenne. Les impacts de ces sub­stances sur les écosys­tèmes ne sont pas suff­isam­ment étudiés, plaident les auteurs qui soulig­nent le manque de finance­ment pour la recherche : « La réduc­tion des moyens nationaux con­sacrés à la recherche depuis 2014, aggravée par les évo­lu­tions à l’échelon européen (…), a frag­ilisé la petite com­mu­nauté sci­en­tifique qui s’est con­sti­tuée depuis quelques années sur le thème des PE
Dans ce domaine, les travaux de recherche sont cru­ci­aux car cer­tains PE échap­pent aux principes clas­siques de la tox­i­colo­gie — selon lesquels l’effet est pro­por­tion­nel à la dose — ren­dant la notion de seuil de nociv­ité inopérante. Il existe égale­ment un effet « cock­tail ».

Le 2e axe con­cer­nait l’évaluation des risques et inclu­ait un pro­gramme d’expertise. Si l’Agence nationale de sécu­rité san­i­taire de l’alimentation a respec­té son engage­ment en éval­u­ant 5 sub­stances par an, l’Agence nationale de sécu­rité du médica­ment n’a par con­tre pas été en mesure de tester chaque année 3 sub­stances présentes dans les cos­mé­tiques.

Régle­men­ta­tion : mobilis­er l’Eu­rope.

Le 3e axe por­tait lui sur la régle­men­ta­tion et le sou­tien aux solu­tions de sub­sti­tu­tion. La France souhaitait une déf­i­ni­tion européenne des PE, qui priv­ilégie des critères fondés sur le dan­ger. De tels critères ont été pub­liés fin 2017, mais unique­ment pour les bio­cides. Les efforts entre­pris pour restrein­dre ou exclure les sub­stances à effet PE ont par con­tre abouti à l’interdiction du bis­phénol A dans les tick­ets ther­miques. Mais la Com­mis­sion européenne n’a pas réex­am­iné l’approbation de 21 sub­stances phy­tophar­ma­ceu­tiques. Par ailleurs le sou­tien pub­lic aux démarch­es indus­trielles de sub­sti­tu­tion n’est pas mis en place.
Enfin, le 4e axe visait la for­ma­tion et l’information. Cer­tains pro­fes­sion­nels de san­té ont béné­fi­cié d’actions de for­ma­tion con­tin­ue, et quelques actions à des­ti­na­tion de la pop­u­la­tion ont été amor­cées, mais les ini­tia­tives restent dis­per­sées.

Vers une stratégie plus cohérente et effi­ciente.

Le rap­port souligne que la SNPE est une stratégie per­ti­nente, qui a fait émerg­er claire­ment la ques­tion des PE, mais dont les résul­tats doivent être ampli­fiés. Pour cela, il pré­conise un dis­posi­tif de pilotage volon­tariste et des mesures plus opéra­tionnelles. La nou­velle stratégie devra ain­si se con­cré­tis­er en un plan d’action — artic­ulé avec le futur PNSE 4 et le con­texte européen — qui con­tient des objec­tifs, mesures et indi­ca­teurs pré­cis, ain­si que des moyens et un cal­en­dri­er. Afin d’améliorer la cohérence des actions, les auteurs pro­posent le regroupe­ment des moyens au sein d’un Cen­tre nation­al de référence, cou­plé à une infra­struc­ture de recherche dédiée.

Pour les rap­por­teurs, c’est la crédi­bil­ité des pou­voirs publics est en jeu. Ils affir­ment que « Les per­tur­ba­teurs endocriniens s’inscrivent par­mi les sit­u­a­tions à risque car­ac­térisées par un manque de con­fi­ance dans l’action publique ». Au plan européen, « le dif­féren­tiel entre la vitesse des avancées des con­nais­sances sci­en­tifiques et la capac­ité d’adaptation des règle­ments sur ce type de sujets émer­gents est de nature à nuire à la crédi­bil­ité de l’action com­mu­nau­taire». Au plan nation­al, les auteurs deman­dent que la nou­velle stratégie nationale soit portée par l’ensemble des min­istères con­cernés, au-delà de la san­té et l’écologie, car « Il en va de l’efficacité de sa mise en œuvre et de la crédi­bil­ité de l’action de l’État ».

La stratégie nationale sur les per­tur­ba­teurs endocriniens (SNPE). Éval­u­a­tion de la mise en œuvre et propo­si­tions d’évolution.