La FHP renou­velle son parte­nar­i­at avec l’Agence san­té publique France en s’impliquant dans l’opération « Moi(s) sans tabac ».

Les initiatives

Vis ma vie

Poly­clin­ique de Limo­ges (87)

La poly­clin­ique n’a pas atten­du la 14e Semaine nationale pour la qual­ité de vie au tra­vail du 9 au 13 octo­bre pour organ­is­er la sienne. Prenant les devants, les per­son­nels des sites Che­nieux et Émailleurs-Colom­bier ont été con­viés mi-sep­tem­bre à deux journées d’activités offertes : mas­sages, Taï Chi, marche nordique, chorale, petits déje­uners, etc. L’établissement a pour l’occasion lancé l’opération « Vis ma vie ». L’idée est sim­ple : mieux con­naître la réal­ité du tra­vail de son col­lègue en prenant sa place durant quelques heures. Décou­vrir son méti­er, ses con­traintes, son apport à la prise en charge des patients. Un sacré défi, relevé par soix­ante-dix salariés et la direc­tion qui a pleine­ment joué le jeu.

« L’idée de départ émane de notre DRH », explique Jean-Luc Dubois, co-directeur. « Pour ma part, je suis allé au ser­vice de ges­tion des lits, géré par 2 per­son­nes, qui chaque jour tra­vail­lent sous forte pres­sion pour plac­er chaque patient dans le bon ser­vice. » Cécile Blanc, co-direc­trice, a choisi de suiv­re une infir­mière de nuit. Quant à la DRH, Brigitte Schmitt, elle a accom­pa­g­né les aides-soignantes, faisant les lits et vidant les bassins. Pour elle, une telle action témoigne « d’une poli­tique qui réaf­firme l’humain au cœur de l’organisation, et redonne du sens à l’action col­lec­tive. » Ce fut aus­si l’occasion pour les salariés de décou­vrir l’autre site de la poly­clin­ique, de pass­er un moment avec leurs col­lègues qu’ils ne con­nais­sent par­fois qu’au télé­phone. Enfin, cette action a per­mis d’ouvrir des hori­zons, comme pour cette assis­tante admin­is­tra­tive qui envis­age de devenir infir­mière, et a pu enfil­er la blouse pen­dant quelques heures. Une ini­tia­tive orig­i­nale mise en œuvre grâce à l’implication des cadres qui, s’ils ont tous par­ticipé, ont veil­lé à ce que l’activité de l’établissement ne soit pas per­tur­bée.

 

Du miel de fleurs du Tarn

Clin­ique d’Occitanie, Muret (31)

Les pro­fes­sion­nels de la Clin­ique d’Occitanie peu­vent met­tre un pot de miel à l’effigie de la clin­ique sur leur table du petit-déje­uner. Ori­ane Cor­bel­li, attachée de direc­tion en charge de la Qual­ité, nous explique le pro­jet : « Il s’agit d’agir con­crète­ment pour la sauve­g­arde des abeilles en aidant un jeune apicul­teur dans son instal­la­tion, par le par­rainage de ses ruch­es ». Le comité « Développe­ment Durable » de la clin­ique s’est pour cela adressé à l’association « Un toit pour les abeilles », qui leur a pro­posé d’accompagner un apicul­teur fraîche­ment instal­lé à Lavaur. En échange, celui-ci donne régulière­ment des nou­velles des abeilles et de l’avancement de la pro­duc­tion. Surtout, l’apiculteur four­nit chaque année à la clin­ique 400 pots de miel, pro­duits par les 4 ruch­es par­rainées, qui sont offerts aux salariés de la clin­ique. Une idée sim­ple et généreuse, un ali­ment san­té, un mod­èle économique pérenne… Dans sa volon­té d’aider à la pro­tec­tion de la nature et de sa bio­di­ver­sité, il sem­ble que la clin­ique – à l’instar des col­ib­ris, ou des abeilles – a trou­vé le moyen de faire sa part.

 

Économiser son énergie

Hôpi­tal Privé des Côtes d’Armor, Plérin (22) 

L’hôpi­tal privé, inau­guré en 2016, est cham­pi­on de la per­for­mance énergé­tique. Ce com­plexe high-tech de 27 600 m², 300 lits et 15 blocs opéra­toires, est label­lisé BBC 2005, c’est-à-dire que sa con­som­ma­tion max­i­male en énergie pri­maire n’excède pas 50 % de la con­som­ma­tion con­ven­tion­nelle de référence.
Les bâti­ments, isolés de l’extérieur et agré­men­tés d’une façade métallique com­posée de lames en inox, de zinc per­foré et de volets à lames ori­enta­bles, assurent de manière écologique la cli­ma­ti­sa­tion des pièces et le réglage de la lumière naturelle. Le choix des con­cep­teurs s’est porté sur des chaudières gaz à con­den­sa­tion, une ven­ti­la­tion dou­ble flux à haut ren­de­ment, et un sys­tème de chauffage par pla­fond ray­on­nant dans les cham­bres. La chaleur émise par les équipements est récupérée pour le chauffage et pour la pro­duc­tion de l’eau chaude san­i­taire, qui est préchauf­fée en amont par 47 pan­neaux solaires instal­lés sur le toit.
En par­al­lèle, une ges­tion tech­nique cen­tral­isée (GTC) per­met d’optimiser le fonc­tion­nement des sys­tèmes et l’efficience énergé­tique. « Ce sont près de 10 000 points de mesure qui sont inté­grés dans la GTC : la tem­péra­ture, la régu­la­tion des cais­sons de traite­ment d’air pour la cli­ma­ti­sa­tion, les éclairages, les con­trôles d’accès, les ouver­tures des fenêtres qui con­di­tion­nent l’arrêt automa­tique du chauffage, la pro­duc­tion d’eau chaude et glacée, etc. », explique Gaë­tan Rouault, directeur tech­nique de l’étab­lisse­ment. Un arse­nal grâce auquel toute anom­alie détec­tée déclenche rapi­de­ment l’intervention d’un tech­ni­cien.

Le dossier

Com­ment réduire l’impact écologique des gaz d’anesthésie ? 

Les gaz d’anesthésie — des­flu­rane, sevoflu­rane et pro­toxyde d’azote (N2O) — sont rejetés directe­ment dans l’atmosphère via les pris­es de sor­tie d’évacuation. Ils par­ticipent tous à l’augmentation de l’effet de serre, mais le N2O est en plus directe­ment impliqué dans la destruc­tion de la couche d’ozone. Il est désor­mais pos­si­ble de réduire la pol­lu­tion liée à l’anesthésie. D’abord, en agis­sant sur le choix du type de gaz, dont l’impact écologique doit faire par­tie désor­mais de la bal­ance bénéfice/risque. Ensuite, en priv­ilé­giant des modal­ités d’utilisation moins pol­lu­antes : préfér­er des bas débits de gaz frais (DGF) ou encore sélec­tion­ner le mode anesthésie inhalée à objec­tif de con­cen­tra­tion (AINOC). En atten­dant que les sys­tèmes de recap­ture des gaz soient disponibles en France…

Depuis 1990, la com­mu­nauté des anesthé­sistes réan­i­ma­teurs se pose la ques­tion de l’abandon du N2O, tox­ique pour les per­son­nes et pour l’environnement. La réduc­tion de sa con­som­ma­tion entraîne de fac­to une aug­men­ta­tion de celle des autres gaz, mais un gain économique est pour­tant réal­isé grâce à l’absence de coût lié aux instal­la­tions et à la main­te­nance des cir­cuits. Plusieurs dizaines d’établissements et bloc opéra­toires français sont ain­si désor­mais con­stru­its «N2O free ».

Pen­dant l’anesthésie, un débit de gaz frais trop impor­tant induit une sur­con­som­ma­tion de gaz anesthésique. Lors du réglage manuel, il est pos­si­ble de tra­vailler avec des DGF < 1L/min, tout en assur­ant les besoins du patient en oxygène. En péri­ode d’entretien de l’anesthésie, il est donc recom­mandé de tra­vailler en cir­cuit fer­mé, ce qui réduit la con­som­ma­tion de sevoflu­rane par 2, celle de des­flu­rane par 3, et in fine dimin­ue de moitié la pro­duc­tion de gaz à effet de serre. Une étude menée en 2014 par trois étu­di­ants IADE visait à éval­uer les débits de gaz frais moyens util­isés au cours de la péri­ode d’entretien de l’anesthésie, pen­dant 157 opéra­tions. Elle a mon­tré qu’il était pos­si­ble, sim­ple­ment en réduisant ces DGF à 1 L/min, de réalis­er une économie de 74 400 euros par an. En équiv­a­lent CO2, cela cor­re­spond à 152 kg/an pour le sevoflu­rane et 4 234 kg/an pour le des­flu­rane, soit la pro­duc­tion d’un véhicule (type SUV) qui par­court 30 000 km.

L’anesthésie inhalée à objec­tif de con­cen­tra­tion (AINOC) per­met quant à elle d’administrer les gaz inhalés de façon rapi­de, ergonomique, économique mais aus­si écologique. Elle dimin­ue de moitié la con­som­ma­tion des agents inhalés, même sur des anesthésies cour­tes. En renou­ve­lant son parc de res­pi­ra­teurs par des plus mod­ernes, qui dis­posent du mode AINOC, une équipe aus­trali­enne a cal­culé une réduc­tion pos­si­ble de 47 % des émis­sions de gaz à effet de serre. Ce résul­tat est directe­ment lié à la baisse de la con­som­ma­tion du des­flu­rane, qui est le plus pol­lu­ant.

Enfin, un sys­tème breveté de recap­ture des gaz anesthésiques per­met d’empêcher leur évac­u­a­tion dans l’atmosphère. Leur recy­clage après traite­ment et purifi­ca­tion per­met même leur réu­til­i­sa­tion. Des ser­vices de col­lecte ont ain­si émergé, qui reven­dent les gaz évac­ués, à des coûts réduits, pour les hôpi­taux parte­naires. Au Cana­da, dans un bloc opéra­toire de 21 salles, un tel sys­tème de récupéra­tion a per­mis — sur une péri­ode de cinq ans — d’é­conomiser les émis­sions annuelles moyennes de 205 auto­mo­biles. Des sociétés améri­caines et sué­dois­es pro­posent ce type de solu­tions, qui ne sont pas encore disponibles en France.

Arti­cle écrit en parte­nar­i­at avec la Société Française d’Anesthésie et de Réan­i­ma­tion et le Comité pour le Développe­ment Durable en San­té.

En savoir plus : Guide du développe­ment durable au bloc opéra­toire co-édité par la SFAR et le C2DS (disponible sur com­mande auprès de karine.chagnes@c2ds.eu)