La RSE en action dans les clin­iques et hôpi­taux privés

À l’heure où la Con­férence des Par­ties (COP 30) se déroule au Brésil, les étab­lisse­ments de san­té MCO affir­ment leur volon­té de par­ticiper pleine­ment à la tran­si­tion écologique. Engagés dans une démarche ambitieuse de décar­bon­a­tion, ils mul­ti­plient les actions pour réduire durable­ment leur empreinte envi­ron­nemen­tale. Accom­pa­g­nés par la FHP, ils accélèrent leur trans­for­ma­tion pour con­cili­er excel­lence des soins, inno­va­tion et respon­s­abil­ité cli­ma­tique. Ces édi­tions spé­ciales met­tent en lumière ces ini­tia­tives et la déter­mi­na­tion d’un secteur pleine­ment mobil­isé pour la san­té de tous… et de la planète.

La sec­onde édi­tion donne la parole à Maria Neira de l’OMS, Frédéric Boiron du Comité pour le développe­ment durable en san­té (C2DS), ain­si qu’aux respon­s­ables RSE des groupes Alma­vi­va san­té, Elsan, Ram­say san­té et Vival­to san­té.

Crédit pho­to : Agathe Aslanides

Dr Maria NEIRA, OMS et Frédéric BOIRON, C2DS

À l’occasion de la COP30, le Comité pour le développe­ment durable en san­té (C2DS) a invité le Dr Maria Neira, direc­trice du départe­ment de san­té publique, envi­ron­nement, et déter­mi­nants soci­aux en san­té de l’OMS, à co-rédi­ger une tri­bune pour rap­pel­er les liens étroits entre la san­té et le change­ment cli­ma­tique et ériger la san­té comme une « ligne de vie » des négo­ci­a­tions cli­ma­tiques.

La FHP-MCO inscrit de même la san­té comme un droit et un enjeu pri­or­i­taire qui doit irriguer les déci­sions publiques nationales et inter­na­tionales.

Tri­bune co-signée par Dr Maria Neira, direc­trice du départe­ment de san­té publique, envi­ron­nement, et déter­mi­nants soci­aux en san­té de l’OMS et Frédéric Boiron, directeur général du CHU de Lille, prési­dent de la task force RSE de la Con­férence des CHU, prési­dent du Comité pour le développe­ment durable en san­té (C2DS) mem­bre de ATACH*.

Le changement climatique, un enjeu majeur de santé publique

Le lien entre san­té et change­ment cli­ma­tique n’a jamais été aus­si man­i­feste. À mesure que se mul­ti­plient les vagues de chaleur, les inon­da­tions ou les sécher­ess­es pro­longées, les sys­tèmes de san­té du monde entier se trou­vent con­fron­tés à des défis d’une ampleur inédite. Les infra­struc­tures hos­pi­tal­ières, la logis­tique des étab­lisse­ments san­i­taires et médi­co-soci­aux sont mis­es à rude épreuve. Les pop­u­la­tions les plus vul­nérables — enfants, per­son­nes âgées, malades chroniques ou atteints de trou­bles psy­chiques — paient un trib­ut dis­pro­por­tion­né. S’ajoute une recrude­s­cence des mal­adies vec­to­rielles telles que la dengue, la fièvre jaune ou le palud­isme, ain­si que des patholo­gies liées à la pol­lu­tion de l’air. Le change­ment cli­ma­tique n’est plus une men­ace loin­taine : il s’impose comme un risque immé­di­at pour la san­té publique.

Les 128 chercheurs auteurs du Glob­al report of the Lancet Count­down, pub­lié chaque année depuis l’Accord de Paris de 2015 par la revue sci­en­tifique The Lancet, soulig­nent dans l’édition 2025 que douze des vingt indi­ca­teurs de suivi des risques san­i­taires liés au cli­mat ont atteint des niveaux record. La mor­tal­ité liée à la chaleur est par­ti­c­ulière­ment alar­mante. Le rap­port précé­dent indi­quait déjà que chez les plus de 65 ans, la mor­tal­ité a aug­men­té de 167 % en 2023 par rap­port aux années 1990, alors qu’une hausse de 65 % seule­ment était atten­due du fait du vieil­lisse­ment démo­graphique. Le change­ment cli­ma­tique aurait donc dou­blé la mor­tal­ité liée à la chaleur. En France, les deux vagues de chaleur de l’été 2025 ont provo­qué une sur­mor­tal­ité d’environ 280 décès chez les plus de 75 ans, soit une aug­men­ta­tion de 5 %, selon San­té publique France.

Face à ces con­stats, les insti­tu­tions inter­na­tionales ten­tent d’apporter une réponse coor­don­née. La Con­férence mon­di­ale sur le cli­mat et la san­té, créée en 2014, et l’Alliance pour une action trans­for­ma­trice sur le cli­mat et la san­té (ATACH), placée sous l’égide de l’OMS, créée dans la dynamique de la COP26 de Glas­gow, visent à éla­bor­er des straté­gies com­munes. Si les défis sont globaux, les solu­tions néces­si­tent une coopéra­tion étroite entre les pays.

À l’heure où se tient la COP30, la san­té doit occu­per une place cen­trale dans les négo­ci­a­tions cli­ma­tiques. Thème trans­ver­sal par excel­lence, la san­té éclaire les choix indus­triels, énergé­tiques ou de trans­port. C’est pourquoi elle doit aus­si gag­n­er une place prépondérante dans les plans nationaux d’adap­ta­tion au change­ment cli­ma­tique.

Un levier éducatif et sociétal

Les sys­tèmes de san­té ont longtemps abor­dé la prob­lé­ma­tique envi­ron­nemen­tale comme un élé­ment par­mi d’autres dans la con­duite de leurs straté­gies mais la prise de con­science pro­gresse. 85 pays se sont déjà engagés à dévelop­per des sys­tèmes de san­té résilients au change­ment cli­ma­tique et à faibles émis­sions de car­bone depuis la COP26, dont 40 ont fixé une date butoir pour attein­dre la neu­tral­ité car­bone, indique l’OMS dans son Rap­port spé­cial change­ment cli­ma­tique et san­té, COP29. En France, plusieurs étab­lisse­ments pio­nniers dépassent déjà l’objectif inter­mé­di­aire de réduc­tion de 55 % d’émission d’ici 2030 de l’Accord de Paris. Des ini­tia­tives locales nom­breuses émer­gent pour réduire l’empreinte car­bone, ciblant en pri­or­ité les postes les plus émet­teurs de gaz à effet de serre : pro­duits de san­té, trans­ports, ali­men­ta­tion, bâti­ment et énergie. Les étab­lisse­ments d’Outre-mer, sou­vent en pre­mière ligne face aux dérè­gle­ments cli­ma­tiques, jouent un rôle de sen­tinelle et nous aler­tent. Néan­moins, la coor­di­na­tion est encore par­tielle et les moyens dédiés encore frag­iles, ce qui lim­ite la portée des efforts déployés.

Le secteur de la san­té dis­pose cepen­dant de leviers puis­sants. Acteur économique majeur et insti­tu­tion de con­fi­ance, il exerce un fort pou­voir édu­catif sus­cep­ti­ble de soutenir la trans­for­ma­tion de la société. Dans ce cadre, répon­dre à l’urgence cli­ma­tique con­stitue une occa­sion majeure et moti­vante d’améliorer la san­té publique et de réduire les iné­gal­ités, car les solu­tions cli­ma­tiques appor­tent sou­vent des béné­fices immé­di­ats pour les pop­u­la­tions.

Ain­si lors de la COP30 et dans les suiv­antes, la san­té pour­rait devenir un moteur de l’ambition cli­ma­tique renou­velée, à la fois dans la réduc­tion des émis­sions et dans l’adaptation à un monde déjà trans­for­mé. Les pro­fes­sion­nels de san­té de tous hori­zons y sont prêts, dans une vision pos­i­tive et human­iste de leur rôle au ser­vice de tous.

*ATACH (Alliance for Trans­for­ma­tive Action on Cli­mate and Health), organ­i­sa­tion mon­di­ale portée par l’OMS, qui a pour but de fédér­er des organ­i­sa­tions en san­té mon­di­ales pour la décar­bon­a­tion des sys­tèmes de san­té, créée en 2021 à la COP de Glas­gow.

Anne BOURDET-NEUILLY, Direc­trice RSE – Vival­to San­té
À l’occasion de la COP30, par­mi les ini­tia­tives mis­es en œuvre dans votre groupe en matière de décar­bon­a­tion, laque­lle souhai­teriez-vous met­tre en valeur ?

Chez Vival­to San­té, la mise en œuvre de la stratégie de décar­bon­a­tion est ancrée dans la réal­ité du ter­rain. Le mes­sage cen­tral de la COP30 est l’ur­gence de pass­er des ambi­tions aux actions con­crètes et solu­tions tan­gi­bles. C’est pré­cisé­ment l’essence de notre démarche.

Notre ini­tia­tive phare : la trans­for­ma­tion énergé­tique de nos étab­lisse­ments

Les actions sont directe­ment inté­grées dans notre feuille de route en tant qu’en­tre­prise à mis­sion via nos objec­tifs opéra­tionnels (dimin­uer notre con­som­ma­tion d’én­ergie car­bonée), traduisant un engage­ment stratégique fort, qui struc­ture nos investisse­ments et dont la réal­i­sa­tion est véri­fiée par un organ­isme tiers indépen­dant (OTI).

Notre engage­ment est aligné avec l’Ac­cord de Paris puisque nous nous enga­geons sur une tra­jec­toire de réduc­tion visant à dimin­uer de 42 % nos émis­sions de GES Scope 1 et 2 d’ici 2030 (par rap­port à 2021).

Chaque année, l’é­val­u­a­tion pré­cise de nos émis­sions de gaz à effet de serre que nous réal­isons nous per­met d’i­den­ti­fi­er des leviers d’ac­tion spé­ci­fiques pour garan­tir que notre Plan de tran­si­tion cli­ma­tique — qui détaillera l’ensem­ble du plan d’action et les finance­ments asso­ciés — est con­stam­ment mis à jour et effi­cace.

L’efficacité énergétique des bâtiments, le levier n°1

La preuve de cette mise en œuvre con­crète se mesure dans nos résul­tats :

  • Pilotage fin et investisse­ments annuels : l’ef­fi­cac­ité de nos solu­tions d’optimisation repose sur une mesure et un pilotage pré­cis des con­som­ma­tions énergé­tiques de cha­cun de nos sites (via un out­il de ges­tion spé­ci­fique). Cela nous per­met d’i­den­ti­fi­er les dérives et de pri­oris­er les actions d’investissement.
      • Chaque année, le Groupe investit dans la réno­va­tion de nos équipements éner­gi­vores (chaudières, groupes froids) et déploie des sys­tèmes de ges­tion tech­nique du bâti­ment (GTB) pour une meilleure maîtrise.
      • Nous réal­isons égale­ment des travaux d’iso­la­tion des bâti­ments, sou­vent dans la con­ti­nu­ité d’audits énergé­tiques rigoureux.
  • Résul­tat quan­tifi­able : Ces actions se traduisent par une réduc­tion de la con­som­ma­tion énergé­tique moyenne de ‑11 % en un an, soit 235 kWh/m² en 2024 con­tre 263 kWh/m² en 2023.

Ces actions d’amélioration sont des solu­tions con­crètes pour décar­bon­er nos infra­struc­tures, com­plétées par l’ex­plo­ration d’autres sources d’énergie (pas­sage aux réseaux de chaleur urbain) et la mise en place d’in­stal­la­tions pho­to­voltaïques — à ce jour sur deux de nos sites -, réduisant pro­gres­sive­ment notre dépen­dance aux éner­gies fos­siles.

La décarbonation des soins, un levier en cours de développement

Notre engage­ment se reflète égale­ment directe­ment dans le développe­ment de pra­tiques de soins plus durables. Nos actions sur le ter­rain nous ont per­mis­es notam­ment d’enregistrer une réduc­tion sig­ni­fica­tive de l’u­til­i­sa­tion de gaz d’anesthésie pol­lu­ants comme le des­flu­rane, avec l’ar­rêt total de sa con­som­ma­tion par plusieurs de nos étab­lisse­ments, en plus de la réduc­tion de l’utilisation du pro­toxyde d’azote.

De plus, notre approche s’é­tend au Scope 3. Nous tra­vail­lons active­ment à l’intégration de pra­tiques plus respectueuses de l’environnement au sein des blocs opéra­toires. Cela passe par la sen­si­bil­i­sa­tion de toutes nos équipes et la mise en œuvre de plans d’actions ciblés, inclu­ant par exem­ple la réal­i­sa­tion d’une analyse de cycle de vie (ACV) com­plète d’une opéra­tion chirur­gi­cale, afin d’i­den­ti­fi­er et de réduire con­crète­ment notre empreinte car­bone indi­recte (chaîne d’approvisionnement).

L’intégration de notre tra­jec­toire de décar­bon­a­tion à la stratégie de Vival­to San­té, avec des solu­tions éprou­vées et un Plan de tran­si­tion cli­ma­tique pré­cis en cours de final­i­sa­tion, témoigne de notre engage­ment à trans­former durable­ment nos activ­ités, alliant per­for­mance envi­ron­nemen­tale et qual­ité des soins, au béné­fice de l’ensem­ble de la col­lec­tiv­ité.

Bap­tiste CARPENTIER, Directeur RSE – Elsan

À l’occasion de la COP30, par­mi les ini­tia­tives mis­es en œuvre dans votre groupe en matière de décar­bon­a­tion, laque­lle souhai­teriez-vous met­tre en valeur ?

L’un des leviers majeurs de la décar­bon­a­tion chez Elsan con­cerne la per­for­mance énergé­tique et envi­ron­nemen­tale des bâti­ments. C’est pourquoi, nous avons engagé une réflex­ion appro­fondie sur les types d’énergie util­isés par nos étab­lisse­ments. Plusieurs clin­iques his­torique­ment ali­men­tées au gaz sont désor­mais rac­cordées à des réseaux de chaleur urbains (RCU). Trois étab­lisse­ments doivent d’ailleurs être rac­cordés en 2025. Ces réseaux, ali­men­tés en par­tie par des éner­gies renou­ve­lables telles que le bois ou le biogaz, per­me­t­tent de réduire con­sid­érable­ment les émis­sions de CO₂ par rap­port au gaz naturel.

Par­al­lèle­ment, Elsan a réal­isé sa pre­mière instal­la­tion pho­to­voltaïque à La Clin­ique du Sud à Car­cas­sonne, où les ombrières pro­duisent désor­mais leurs pre­miers kilo­watts d’électricité verte pour cou­vrir 39 % des besoins élec­triques et éviter 6 800 kg de CO2 chaque année.

Créer un hôpital nouvelle génération

Con­cer­nant les con­struc­tions neuves, le groupe priv­ilégie les pro­jets label­lisés ou cer­ti­fiés sur le plan envi­ron­nemen­tal. C’est le cas du futur Hôpi­tal Privé Ter­res de Moselle, actuelle­ment en con­struc­tion à Maiz­ières-lès-Metz, qui réu­ni­ra trois clin­iques exis­tantes. Ce pro­jet a reçu en octo­bre 2025 le « Prix du Jury » de l’ANAP pour ses per­for­mances envi­ron­nemen­tales.

Le bâti­ment, conçu pour lim­iter son empreinte car­bone, s’inscrit dans un parc de 3,5 hectares où seront plan­tés 900 arbres. Sa struc­ture asso­cie le bois et le béton, mal­gré les con­traintes tech­niques pro­pres au bois dans son util­i­sa­tion pour les étab­lisse­ments de san­té. Il intè­gre des pan­neaux pho­to­voltaïques, un sys­tème de récupéra­tion des eaux de pluie et est rac­cordé au réseau de chaleur urbain. Ces choix ont per­mis de divis­er par deux les émis­sions de CO₂ liées à la struc­ture du bâti­ment. Les matéri­aux ont par ailleurs été sour­cés locale­ment : bois des Vos­ges, pierre et chan­vre issus de cir­cuits courts.

L’écoconception des soins

Au-delà des bâti­ments, nous agis­sons égale­ment sur les pra­tiques médi­cales. Pour réduire nos émis­sions, nous tra­vail­lons à ban­nir le pro­toxyde d’azote et le des­flu­rane de nos blocs opéra­toires. Cette mesure a per­mis de dimin­uer de plus de 13 % les émis­sions de CO₂ au pre­mier semes­tre 2025 par rap­port à la même péri­ode en 2024.

Grâce à la com­bi­nai­son de ces actions — sup­pres­sion des gaz anesthésiques les plus pol­lu­ants et amélio­ra­tion de la per­for­mance énergé­tique des étab­lisse­ments — Elsan vise un objec­tif de réduc­tion de gaz à effet de serre de 42 % entre 2021 et 2030 (scopes 1 & 2).

Ces pro­grès sont le fruit d’un tra­vail col­lec­tif : les équipes des étab­lisse­ments, appuyées par les équipes du siège, s’impliquent au quo­ti­di­en. Un réseau d’ambassadeurs RSE relaie les bonnes pra­tiques, tan­dis que des out­ils de com­mu­ni­ca­tion et de sen­si­bil­i­sa­tion favorisent un accom­pa­g­ne­ment de prox­im­ité et une dynamique d’amélioration con­tin­ue.

Gwen­do­line MOTTAIS, Respon­s­able RSE – Alma­vi­va San­té

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Alma­vi­va San­té souhaite met­tre à l’honneur une démarche emblé­ma­tique : la réduc­tion des déchets d’activités de soins à risques infec­tieux (DASRI). Cette action s’inscrit dans la feuille de route nationale France Nation Verte, lancée en octo­bre 2022, qui incite le secteur de la san­té à s’engager et à opti­miser le tri des DASRI afin de le lim­iter au strict néces­saire.

Depuis 2022, les infir­mières et les équipes de préven­tion du risque infec­tieux con­duisent un vaste pro­gramme de sen­si­bil­i­sa­tion au tri des déchets :

  • For­ma­tion des soignants aux fil­ières DASRI, déchets d’activités de soins non dan­gereux (DASND) et objets piquants, coupants et tran­chants (OPCT).
  • Dif­fu­sion d’un sup­port péd­a­gogique com­mun à l’ensemble des étab­lisse­ments.
  • Mise à dis­po­si­tion d’outils pra­tiques de ter­rain, dont une réglette de tri illus­trée pour accom­pa­g­n­er les gestes quo­ti­di­ens.

Un travail collectif qui porte ses fruits

En trois ans, la pro­duc­tion de DASRI a dimin­ué de plus de 42 % sur l’ensemble des étab­lisse­ments du groupe. Au-delà de la per­for­mance envi­ron­nemen­tale, la démarche a ren­for­cé la cohé­sion entre ser­vices et rap­pelé que le bon tri, c’est aus­si un acte de soin puisqu’il con­court à maîtris­er les risques infec­tieux, réduire les coûts de traite­ment, lim­iter les émis­sions liées à l’incinération et amélior­er la sécu­rité des per­son­nels.

Cette dynamique ne s’arrête pas là. La réflex­ion se pour­suit notam­ment via la banal­i­sa­tion de cer­tains DASRI, la val­ori­sa­tion des fil­ières alter­na­tives et l’écoconception du soin. En dehors des fil­ières de recy­clage oblig­a­toires (car­tons, papiers, biodéchets, huiles ali­men­taires usagées, etc.), les étab­lisse­ments ont trou­vé des fil­ières adap­tées à leurs activ­ités de soins pour la col­lecte, la récupéra­tion et la reval­ori­sa­tion des attelles en orthopédie, des pace­mak­ers, des biberons et nourettes de mater­nité, des clichés de radi­olo­gie, des lunettes, ain­si que des prestataires régionaux pour le recy­clage des déchets élec­triques et élec­tron­iques, des mégots de cig­a­rettes ou encore des car­touch­es d’encre. Réduire ses déchets et en par­ti­c­uli­er ses DASRI est aus­si un levi­er pour réduire l’empreinte car­bone de l’établissement.

Notre poli­tique RSE incar­ne une con­vic­tion sim­ple : le développe­ment durable en san­té n’est pas une con­trainte, mais une évo­lu­tion naturelle du soin vers plus de respon­s­abil­ité et de sens. Nos soignants sont les pre­miers acteurs de la tran­si­tion écologique : leur impli­ca­tion quo­ti­di­enne démon­tre qu’une écolo­gie du soin est pos­si­ble, en con­ser­vant une qual­ité et une sécu­rité opti­males.

Brigitte CACHON, Group Chief Impact and Sus­tain­abil­i­ty Offi­cer Ram­say San­té

À l’occasion de la COP30, par­mi les ini­tia­tives mis­es en œuvre dans votre groupe en matière de décar­bon­a­tion, laque­lle souhai­teriez-vous met­tre en valeur ?

En octo­bre 2025, Ram­say San­té a pub­lié sa pre­mière Cor­po­rate Sus­tain­abil­i­ty Report­ing Direc­tive (CSRD*), dont le cadre lég­is­latif ren­force la respon­s­abil­ité sociale et envi­ron­nemen­tale des entre­pris­es et pré­cise la stratégie de décar­bon­a­tion des entre­pris­es. Nous sommes aujourd’hui le seul acteur de san­té en France à pub­li­er un rap­port con­forme à la CSRD.

La CSRD a per­mis de mobilis­er l’ensemble des équipes à l’échelle européenne autour des enjeux de dura­bil­ité, au-delà de la seule notion de développe­ment durable. La CSRD inclut en effet un volet social, de gou­ver­nance et envi­ron­nemen­tal. Ce pro­jet de 18 mois a con­sisté à établir notre matrice de matéri­al­ité puis à iden­ti­fi­er toutes les infor­ma­tions à reporter dans notre rap­port de dura­bil­ité. Le doc­u­ment final, de 175 pages, est acces­si­ble sur notre site.

La CSRD s’inscrit pleine­ment dans l’action. Elle nous a per­mis d’identifier, de mesur­er et de décrire les poli­tiques menées en France, en Suède, en Norvège et au Dane­mark. Plus de 1 000 impacts, risques et oppor­tu­nités ont été iden­ti­fiés, décrits et mesurés indi­vidu­elle­ment. C’est un tra­vail d’une grande pré­ci­sion : au-delà de la descrip­tion, il a fal­lu apporter des preuves et des élé­ments tan­gi­bles.

En avance de phase, cette pub­li­ca­tion de Ram­say San­té per­met une com­para­i­son sur des critères de dura­bil­ité, avec d’autres secteurs.

Mesur­er l’impact de l’ensemble de nos activ­ités en matière de dura­bil­ité est un engage­ment auprès des patients, des salariés, des médecins, mais aus­si vis-à-vis de la société. Nous dis­posons désor­mais des élé­ments, pour d’une part réduire nos impacts envi­ron­nemen­taux négat­ifs, et d’autre part ren­forcer nos impacts posi­tifs.

Bien que la déc­la­ra­tion CSRD soit une con­trainte régle­men­taire européenne, les équipes, les par­ties prenantes et les parte­naires soci­aux y sont asso­ciés. La col­lecte des don­nées et leur présen­ta­tion ont été explic­itées et partagées.

*La CSRD est une direc­tive européenne visant à amélior­er et har­monis­er la divul­ga­tion des infor­ma­tions envi­ron­nemen­tales, sociales et de gou­ver­nance (ESG) des entre­pris­es.