Christophe SADOINE, prési­dent directeur général de CAHPP

Pour faire face aux change­ments, quels accom­pa­g­ne­ments pro­posez-vous à vos clients et four­nisseurs ?

Accom­pa­g­n­er les étab­lisse­ments de san­té est notre tra­vail quo­ti­di­en depuis des années et la cadence s’accélère. Désor­mais, les négo­ci­a­tions que nous menons pour nos clients auprès des four­nisseurs requièrent un suivi per­ma­nent ; il n’est plus ques­tion de négo­ci­a­tions pour l’année ou les années à venir. Nous devons faire coïn­cider les réal­ités des four­nisseurs et celles des étab­lisse­ments.

Il n’est pas envis­age­able que les étab­lisse­ments sup­por­t­ent 100 % des aug­men­ta­tions des tar­ifs. C’est pourquoi nous expliquons aux four­nisseurs qu’il est néces­saire de réduire les marges le temps néces­saire à la ges­tion de la crise.

Notre accom­pa­g­ne­ment se focalise en amont sur l’organisation et les pra­tiques des étab­lisse­ments. Nous les encour­a­geons à mieux, voire moins, acheter en évi­tant les gaspillages et amélio­rant la ges­tion des stocks. Par ailleurs, la mise en place de cadenciers des­tinés à prévoir les achats sur l’année nous per­met de mieux négoci­er les tar­ifs lors des marchés d’engagement pour les dis­posi­tifs médi­caux et les dis­posi­tifs médi­caux implanta­bles.

À compter de 2023, les dif­fi­cultés dues aux rup­tures de stock, décalages ou délais de livraisons, pour les médica­ments, DM et DMI devraient être maîtrisés grâce à Hos­pi Stock (Ma PUI LABS), une plate­forme numérique qui per­met à toutes les par­ties prenantes de l’écosystème de la San­té de pilot­er et de com­mu­ni­quer en temps réel sur leurs ten­sions et rup­tures de stock.

L’action de CAHPP est avant tout et dans la mesure du pos­si­ble, de sécuris­er les stocks auprès de nos four­nisseurs.

Dis­posez-vous de solu­tions économiques, finan­cières ou en matière de RH ?

En ter­mes d’accompagnement économique et financier, nous avons référencé un courtier qui pro­pose du leas­ing, des plans de finance­ment et des pro­grammes d’assurance pour les étab­lisse­ments, afin de leur per­me­t­tre de con­serv­er leur niveau de tré­sorerie à flot.

Autre piste, il existe des sources de finance­ments européens, de la BPI (Banque publique d’investissement) ou des CARSAT (Caiss­es d’as­sur­ance retraite et de la san­té au tra­vail) dont les étab­lisse­ments ne sont pas tou­jours au fait. Nous les aidons à con­naître et éventuelle­ment obtenir ces aides. Par exem­ple, il est pos­si­ble de se faire accom­pa­g­n­er pour installer des équipements pour pal­li­er les trou­bles mus­cu­lo-squelet­tiques, mais dépos­er un dossier de finance­ment est chronophage et com­plexe. Nous met­tons à prof­it l’expérience que nous avons dans la prise en charge du hand­i­cap et l’installation de rails élec­triques des­tinés à mobilis­er les patients tout en amélio­rant les con­di­tions de tra­vail des soignants et éviter les acci­dents de tra­vail. Ces instal­la­tions peu­vent être pris­es en charge jusqu’à 50 % ce qui per­met d’équiper 2 fois plus de lits.

De plus, d’une manière générale, nous inci­tons nos clients à pren­dre en con­sid­éra­tion le cycle de vie du matériel, le prix des con­som­ma­bles ou la con­som­ma­tion énergé­tique. Nous pro­posons aus­si des con­trats de main­te­nance afin de pro­longer la durée de vie du matériel.

Dans le secteur de l’énergie, nous accom­pa­gnons nos clients au-delà du décret ter­ti­aire vers la baisse de leur con­som­ma­tion. C’est pourquoi à l’is­sue d’audits, nous pro­posons la mise en place de nou­velles organ­i­sa­tions, de nou­veaux dis­posi­tifs, de nou­veaux mod­èles peu éner­gi­vores. Les retours sur investisse­ment sont de plus en plus rapi­des du fait de l’augmentation des prix de l’énergie.

Sur la ques­tion RH, nous par­ticipons à la réflex­ion puisque nous pré­parons avec la FHP, pour le mois de novem­bre, un webi­naire sur les nou­veaux out­ils RH. Le manque de main d’œuvre, qui n’affecte pas unique­ment le secteur de la san­té, requiert un pilotage en interne doit être mené en faveur d’un co-man­age­ment, de coach­ing, de développe­ment de tal­ents, d’accès à la for­ma­tion pour fidélis­er et dévelop­per les com­pé­tences des pro­fes­sion­nels.

D’une manière plus générale votre méti­er évolue-t-il ? 

Nous sommes passés d’une activ­ité de cen­trale de référence­ment à une activ­ité de con­seil et d’ac­com­pa­g­ne­ment pour acheter mieux et unique­ment ce qui est néces­saire, en y inté­grant forte­ment la dimen­sion et la démarche RSE (choix des pro­duits, éco-con­cep­tion, cycle de vie du pro­duit, con­tenant, con­tenu, lieu de fab­ri­ca­tion, pro­duits tox­iques, etc.).

Nous sommes aus­si désor­mais des assis­tants à maître d’ouvrage pour l’aménagement des phar­ma­cies, des blocs ou des cir­cuits de stéril­i­sa­tion… Au-delà du matériel, c’est tout l’environnement, le suivi, le stock­age, le par­cours que nous analysons.

Nous devons être réac­t­ifs face aux évo­lu­tions et les anticiper nous per­met d’obtenir les meilleures propo­si­tions tout en ne per­dant jamais de vue que le béné­fi­ci­aire final de CAHPP est le patient ou le rési­dent. La qual­ité des soins doit aus­si pos­er la ques­tion de leur per­ti­nence.

Aider les étab­lisse­ments fait par­tie de notre ADN. Depuis le début de l’année 2022, les respon­s­ables régionaux ont effec­tué 2 000 vis­ites sur le ter­rain. Notre stratégie se nour­rit des remon­tées, de leurs obser­va­tions et de leurs expéri­ences. Nous sommes présents dans tous les secteurs d’établissements san­i­taires ou médi­co-soci­aux. Nous accom­pa­gnons toutes les typolo­gies de métiers.

CAHPP est le parte­naire majeur de la trans­for­ma­tion et du développe­ment des étab­lisse­ments de san­té.