Préven­tion et dépistage : tous con­cernés
Cen­tre Hos­pi­tal­ier Privé de l’Europe, Le Port-Marly (78)

À l’occasion du mois « Mars Bleu », l’établissement organ­i­sait le jeu­di 21 mars une Journée « Portes ouvertes » dédiée à l’information sur le dépistage et la préven­tion en présence des équipes médi­cales et soignantes.

Comme chaque année, les pro­fes­sion­nels du CHPE se sont forte­ment engagés aux côtés de la Ligue con­tre le can­cer et de l’Association de Dépistage de Masse organ­isé dans les Yve­lines (ADMY). Pour sen­si­bilis­er et expli­quer sans relâche, les chirurgiens diges­tifs, onco­logues et gas­tro-entéro­logues étaient présents, ain­si que les équipes des soins de sup­port. Par­mi les vis­i­teurs, out­re les patients et leurs accom­pa­g­nants fig­u­raient égale­ment les per­son­nels des ser­vices de soins, admin­is­trat­ifs ou tech­niques. Un intérêt sus­cité notam­ment par l’approche ludique pro­posée avec côlon gon­flable, lunettes 3D, et quizz sur tablette. Se déten­dre… Pour mieux com­pren­dre et enten­dre les mes­sages de préven­tion.

Faits et gestes
Clin­ique Esquirol Saint Hilaire et
Clin­ique Cal­a­bet, Agen (47)

La préven­tion est l’affaire de tous. Encore faut-il que les mes­sages soient adap­tés à tous les publics, que per­son­ne ne soit lais­sé de côté. Une évi­dence pour la clin­ique qui sait trou­ver les mots, et les gestes.

Pour Octo­bre Rose, la clin­ique avait par­ticipé à la réal­i­sa­tion d’un clip à des­ti­na­tion notam­ment des per­son­nes sour­des car « signé » en Langue des Signes Française. Un tel suc­cès que les con­férences grand pub­lic organ­isées par l’établissement sont désor­mais acces­si­bles à cette pop­u­la­tion sou­vent délais­sée. La con­férence Mars Bleu du 19 mars était ani­mée par deux prati­ciens de la clin­ique et un médecin du Cen­tre d’examens de san­té 47. À leurs côtés, 2 inter­prètes « sig­naient » leurs pro­pos à des­ti­na­tion d’une ving­taine de per­son­nes malen­ten­dantes par­mi les cinquante présentes. Une occa­sion rare de suiv­re les expli­ca­tions sur le can­cer col­orec­tal et de pos­er des ques­tions mal­gré le hand­i­cap. Autre dis­posi­tif très visuel, la démon­stra­tion d’une colo­scopie avec une colonne d’endoscopie et une vidéo à l’appui.

Cette journée avait com­mencé par une action de sen­si­bil­i­sa­tion du grand pub­lic, grâce à un dis­posi­tif péd­a­gogique com­plet : un WC équipé d’un kit de dépistage, un côlon gon­flable, des lunettes 3D et un endo­scope présen­tés par des parte­naires. Le Comité de can­cérolo­gie du Lot-et-Garonne, l’association François Aupetit, le Cen­tre d’examen de san­té 47 et le Comité féminin 47 avaient aus­si répon­du à l’appel. Cette dernière asso­ci­a­tion, qui fai­sait à l’origine la pro­mo­tion du dépistage du can­cer du sein, promeut égale­ment celui du can­cer col­orec­tal. Elle accom­pa­gne la clin­ique et le Cen­tre d’examen de san­té dans un nou­veau pro­jet : pro­mou­voir le dépistage auprès des per­son­nes défa­vorisées, dans leurs quartiers. Leur délivr­er une infor­ma­tion sim­ple, sur place, et dans leur langue mater­nelle si besoin. 3 con­di­tions néces­saires pour que la préven­tion devi­enne vrai­ment l’affaire de tous.

Atten­tion, spoil­er !
Clin­ique Saint-Joseph, Trélazé (49)

Le fer­ont-ils ? Lorsque les médecins s’engagent pour Mars Bleu, ils don­nent le meilleur d’eux-mêmes et n’hésitent pas à tomber la chemise… ou presque !

 

Ca, c’est du teas­ing ! Cette tech­nique pub­lic­i­taire con­siste à « aguich­er » le spec­ta­teur par un pre­mier mes­sage puis à révéler la suite plus tard. 7 médecins — anesthé­siste, car­di­o­logue, gas­troen­téro­logue, etc. — se sont prêtés au jeu : pos­er devant un pho­tographe pro­fes­sion­nel pour réalis­er 2 affich­es. Sur la pre­mière, ils s’apprêtent vis­i­ble­ment à « baiss­er leur pan­talon » pour sen­si­bilis­er au dépistage du can­cer col­orec­tal. La sec­onde a été pub­liée, comme annon­cé, le 25 mars. Atten­tion, spoil­er ! … Pas d’ « exhi­bi­tion » cette fois-ci, mais un mes­sage pour rap­pel­er que le dépistage, c’est « MAINTENANT ». Ton décalé et buzz assuré pour ces 2 pho­tos abon­dam­ment relayées sur les réseaux soci­aux des mem­bres du per­son­nel.

Plus clas­sique, mais tout aus­si effi­cace, la Marche Bleue du 17 mars. 200 par­tic­i­pants en 2017, 250 en 2018… Cette année, 370 per­son­nes — dont une quar­an­taine de mem­bres du per­son­nel de la clin­ique — se sont élancées pour une nou­velle édi­tion de cet évène­ment organ­isé par l’association Picas­so. Créée en 2013 par les soignants du ser­vice de chimio­thérapie de l’établissement, et présidée par le Dr Stéphanie Pimont, gas­troen­téro­logue, l’association vise à amélior­er le con­fort des patients et lim­iter les effets sec­ondaires liés au traite­ment.

Pour ne plus fer­mer les yeux  
Poly­clin­ique de Picardie, Amiens (80)

Une journée d’action sous le signe du « Bien-être » ce lun­di 18 mars : une manière pour les inter­venants d’aborder le thème déli­cat du can­cer col­orec­tal dans une ambiance déten­due.

Le temps fort de cette journée par­ti­c­ulière­ment riche aura sûre­ment été la séance d’hypnose col­lec­tive : 25 per­son­nes amenées ensem­ble, par la voix de l’hypnothérapeute qui inter­vient dans l’établissement, à « faire le tri » et se relax­er. Autres moments de douceur, les séances de mas­sages assis, pro­posées par une aide-soignante qui pra­tique régulière­ment, et celles de réflex­olo­gie plan­taire. À 15h, place au sport pour la quin­zaine de vis­i­teurs qui ont décou­vert le Pilates. Côté sen­si­bil­i­sa­tion, la Ligue con­tre le can­cer, la CPAM et le Cen­tre région­al de coor­di­na­tion des dépistages des can­cers des Hauts de France étaient présents. Un lab­o­ra­toire parte­naire pro­po­sait une démon­stra­tion de matériel de stomie, un autre présen­tant de la lin­gerie spé­ci­fique pour les per­son­nes stomisées. La diététi­ci­enne de la poly­clin­ique quant à elle abor­dait la nutri­tion, en préven­tion du can­cer mais égale­ment après une inter­ven­tion chirur­gi­cale.

Faire le point
Clin­ique du Val d’Ouest, Écul­ly (69)

Chaque année, Mars Bleu est l’occasion pour la clin­ique de pro­pos­er une action de for­ma­tion à des­ti­na­tion des médecins de ville. Au pro­gramme : les nou­veautés dans le domaine de l’hépato-gastro-entérologie.

Ce 4 mars, la con­férence por­tait notam­ment sur les bonnes pra­tiques et les inno­va­tions dans la prise en charge du can­cer col­orec­tal. Autres thèmes abor­dés : « Géné­tique : quels tests et quelles prédis­po­si­tions ne pas oubli­er en pra­tique », « Les indi­ca­tions de l’endoscopie en pédi­a­trie », « Quelles indi­ca­tions pour la patholo­gie diver­tic­u­laire en 2019 », et « L’extinction pro­gram­mée du virus de l’Hépatite C ». Mod­érée et ani­mée par l’équipe des hépa­to-gas­tro-entéro­logues de la clin­ique, cette con­férence a réu­ni une ving­taine de per­son­nes dont des général­istes, des chirurgiens vis­céraux ou encore des pédi­a­tres.

Sur la route du Tour  
Clin­ique Syn­er­gia Ven­toux, Car­pen­tras (84)

Si le Mont Ven­toux à l’habitude de voir pass­er les « boy­aux » de valeureux cyclistes, c’est à son pied que le « Côlon Tour » fai­sait étape ce lun­di18 mars.

 

La struc­ture gon­flable géante était instal­lée — à l’abri du vent — sur le parvis de l’établissement. À prox­im­ité immé­di­ate des stands des asso­ci­a­tions et parte­naires locaux dont La Ligue con­tre le can­cer 84 et l’association pour le dépistage des can­cers en Vau­cluse (ADCA 84). Le Lions Club des Den­telles de Mont­mi­rail pro­po­sait à l’entrée du bâti­ment une vente de bou­quets de tulipes au béné­fice de la Ligue con­tre le can­cer. Par ailleurs, une soirée à des­ti­na­tion des médecins général­istes locaux se tien­dra à la clin­ique jeu­di 28 mars. Le thème : « Autour du can­cer col­orec­tal dans le Vau­cluse ».

Ces actions ont été relayées sur Face­book, ain­si que des vidéos et info­gra­phies rel­a­tives à Mars Bleu. 2 posts, les 14 et 15 mars, annonçaient le pas­sage du « Côlon Tour » et présen­taient une syn­thèse des infor­ma­tions clés sur le can­cer col­orec­tal : déf­i­ni­tion, fac­teurs de risque et dépistage.

 

Antoine Deutsch
Respon­s­able de pro­jets au sein du départe­ment préven­tion de l’INCa

Pourquoi cette nou­velle cam­pagne de l’INCa ?
Tout sim­ple­ment parce que nous savons que nous pour­rions prévenir 40 % des can­cers, mais que pour cela il faut d’abord com­bat­tre les idées reçuesd’une majorité de Français à ce sujet. « Ce sont surtout les alcools forts qui sont mau­vais pour la san­té », « Le prin­ci­pal risque avec l’alcool, ce sont les acci­dents de la route et la vio­lence », « Boire des sodas ou manger des ham­burg­ers est aus­si mau­vais pour la san­té que de boire de l’alcool », etc. Autant de croy­ances qui empêchent d’agir con­tre son risque de can­cer.

Par ailleurs, le can­cer est perçu comme une mal­adie sévère, beau­coup plus grave que le VIH et les mal­adies car­dio-vas­cu­laires et un tiers des per­son­nes esti­ment que l’on ne peut rien faire pour l’éviter, alors que des change­ments de com­porte­ments peu­vent nous per­me­t­tre de prévenir 40 % des can­cers 2. Autre fait mar­quant, plus de 60 % d’entre elles pensent que cette mal­adie est hérédi­taire, alors que la part de can­cers d’origine géné­tique est de moins de 10 %. Avec cette cam­pagne, l’INCa souhaite per­me­t­tre à cha­cun d’accéder à des infor­ma­tions objec­tives et essen­tielles à la com­préhen­sion des risques liés au can­cer.

Quels sont les mes­sages à faire pass­er ?
Cette cam­pagne se base sur les don­nées du rap­port réal­isé avec le Cen­tre Inter­na­tion­al de Recherche sur le can­cer (CIRC) pub­lié en juin 2018. L’origine des can­cers peut être mul­ti­fac­to­rielle et un fac­teur de risque peut provo­quer plusieurs types de can­cers. Ce rap­port pré­cise pour cha­cun d‘entre eux leur poids dans la sur­v­enue de la mal­adie. 1er fac­teur, le tabac qui con­tient plus de 7 000 sub­stances chim­iques, dont 70 can­cérogènes. Sur les 400 000 nou­veaux cas de can­cers diag­nos­tiqués par an, 20 % sont dus à sa con­som­ma­tion et il est à l’origine de 45 000 décès. Il peut être respon­s­able de 17 can­cers dif­férents dont celui du côlon. 33,7 % des per­son­nes inter­rogées pour le Baromètre can­cer 2015 pensent que « Fumer ne peut provo­quer un can­cer que si l’on fume beau­coup et longtemps ». 70 % d’entre elles adhérent à l’idée que « Le sport per­met de se net­toy­er les poumons » ou que « Respir­er l’air des villes est aus­si mau­vais pour la san­té que de fumer des cig­a­rettes ». Autant de per­cep­tions erronées…

L’alcool, 2fac­teur de risque évitable de can­cer, est lui incrim­iné dans 28 000 nou­veaux cas par an. Il est sou­vent asso­cié au can­cer du foie alors qu’il est en fait à l’origine de 7 local­i­sa­tions de can­cers, dont 8 081 can­cers du sein et 6 654 can­cers du côlon et du rec­tum. Les can­cers attribués à l’alcool entraî­nent chaque année 16 000 décès. Là aus­si, les représen­ta­tions sont tenaces : 84,9 % des per­son­nes inter­rogées pensent que « Le prin­ci­pal risque avec l’alcool, sont les acci­dents de la route et la vio­lence » et 1 per­son­ne sur 2 adhère à l’affirmation selon laque­lle « Ce sont surtout les alcools forts qui sont mau­vais pour la san­té ». Or le risque de can­cer inter­vient quel que soit le type d’alcool con­som­mé. Le 3fac­teur est à part égale lié à une ali­men­ta­tion déséquili­brée (5,4 %) et au sur­poids et à l’obésité (5,4 %).Le car­ac­tère pro­tecteur des fruits et légumes est con­nu pour 58 % des per­son­nes inter­rogées, mais 33,5 % pensent que la viande rouge n’a pas d’influence sur le risque de can­cer. Or celle-ci a été classée comme prob­a­ble­ment can­cérogène pour l’homme par le CIRC. Des études épidémi­ologiques ont notam­ment mon­tré une asso­ci­a­tion entre sa con­som­ma­tion et le développe­ment d’un can­cer col­orec­tal.

Que diriez-vous aux pro­fes­sion­nels des étab­lisse­ments de san­té privés ?
Il faut délivr­er une infor­ma­tion claire, pour en finir avec des idées reçues qui empêchent les per­son­nes d’a­gir, et de dimin­uer leur risque de can­cer. Rap­pel­er les actions sim­ples et les change­ments de com­porte­ments à adopter. La préven­tion est l’af­faire de tous, y com­pris des pro­fes­sion­nels de san­té, qui peu­vent trans­met­tre ces notions de préven­tion pour accom­pa­g­n­er leurs patients dans de meilleures habi­tudes à adopter face à ces fac­teurs de risque. Leur exper­tise fait qu’ils sont enten­dus. Leur relai est pré­cieux. Nous avons notam­ment réal­isé 3 films de 20 sec­on­des. Le film « Nous ne sommes pas impuis­sants face aux can­cers », dif­fusé en TV et sur les réseaux soci­aux rap­pelle que nous pou­vons prévenir 40 % des can­cers. Il donne des exem­ples con­crets d’actions à met­tre en place. Les deux autres films, « Tabac et can­cers » et « Alcool et can­cers », unique­ment dif­fusés sur les réseaux soci­aux, ciblent plus par­ti­c­ulière­ment les 25–35 ans ; un âge où l’on peut plus facile­ment mod­i­fi­er ses habi­tudes de vie… Cette cam­pagne est aus­si relayée dans la presse. Le ton se veut infor­matif et non dirigiste. L’objectif étant de don­ner à cha­cun le pou­voir d’agir. Savoir, c’est pou­voir agir…

1‑Enquête INCa-SpF « Baromètre can­cer », 2015.
2‑Rapport CIRC-INCa, « Les can­cers attribuables au mode de vie et à l’environnement en France mét­ro­pol­i­taine », juin 2018.

 

Crédits pho­tos : Cen­tre Hos­pi­tal­ier Privé de l’Europe, Clin­ique Esquirol Saint Hilaire, Clin­ique Saint-Joseph, Poly­clin­ique de Picardie, Clin­ique du Val d’Ouest, Clin­ique Syn­er­gia Ven­toux