Clin­ique et Emmaüs, main dans la main

Faute de dépistage, de préven­tion et d’accès aux soins, la san­té de per­son­nes en pré­car­ité est men­acée. Le CMC Les Cèdres à Brive et Emmaüs ont lancé en novem­bre 2018 une action inédite, soutenue par l’ARS Nou­velle-Aquitaine.

Une fois par mois, deux infir­mières du CMC se ren­dent dans les locaux d’Emmaüs, à Brive, pour ren­con­tr­er les per­son­nes en pré­car­ité, sou­vent éloignées des dis­posi­tifs de préven­tion. Il s’agit d’un pub­lic « qui ne va pas voir le médecin et encore moins un spé­cial­iste,  faute  de  moyens  financiers »,  explique  Mar­tine Bar­rade, prési­dente d’Emmaüs Brive.

Les infir­mières leur pro­posent d’effectuer un bilan de san­té gra­tu­it afin de détecter les fac­teurs de risques, notam­ment car­dio­vas­cu­laires. Ten­sions, pouls, poids, dia­bète, cholestérol, etc. sont mesurés par des dis­posi­tifs con­nec­tés à une tablette. Ce matériel inno­vant per­met d’obtenir en quelques min­utes une esti­ma­tion des risques car­dio­vas­cu­laires. En une demi-journée, ce sont ain­si 8 à 10 per­son­nes qui sont reçues. L’infirmière explique les résul­tats — qui sont ensuite remis au patient ou envoyés aux béné­fi­ci­aires par mail ou cour­ri­er — et pro­pose des con­seils sur l’alimentation ou l’hygiène de vie. Les per­son­nes à risque sont ori­en­tées vers leur médecin trai­tant ou un ser­vice spé­cial­isé, et sont vues de nou­veau par les infir­mières à 3 et 6 mois.

« Ces bilans sont surtout un temps priv­ilégié de ren­con­tre avec un pub­lic éloigné de la prise en charge de sa san­té, car sa pri­or­ité et ses préoc­cu­pa­tions sont ailleurs » con­fie Josiane Dela­haye, infir­mière et coor­di­na­trice des risques asso­ciés aux soins, qui par­ticipe à cette action. Ce bilan, c’est aus­si l’occasion de repér­er d’éventuels autres risques (addic­tions, etc.). Sa col­lègue est d’ailleurs for­mée en taba­colo­gie.

Cette opéra­tion est par­ti­c­ulière­ment effi­cace. « Nous avons déjà repéré des risques mécon­nus par cer­taines per­son­nes  et  les  avons   ori­en­tées   vers   les   pro­fes­sion­nels   com­pé­tents »   ajoute   Mme Dela­haye, qui con­clut : « Nous sommes très atten­dus par les usagers de l’association et la file d’attente est longue ! »

Cette action, se pour­suiv­ra jusqu’en décem­bre 2020.