En décem­bre 2015, la FHP-MCO mar­quait son engage­ment pour la planète à l’occasion de la COP 21. 400 arbres fruitiers étaient plan­tés selon le principe de la per­ma­cul­ture dans un jardin social et sol­idaire près de Paris. Un pro­jet économique, social et écologique sym­bol­ique pour pren­dre soin de la planète et de ses habi­tants.

Les initiatives

Mon­tr­er la voie

Clin­ique Néphrologique Saint-Exupéry
Toulouse (31)

L’établissement a ini­tié en 2017 un pro­jet d’extension ambitieux qui lui per­me­t­tra à l’horizon 2019 d’augmenter sa capac­ité d’accueil, d’assurer une prise en charge plus large de la mal­adie rénale, mais aus­si de devenir un pôle médi­cal pluridis­ci­plinaire de référence. Les travaux ayant d’emblée ren­du le park­ing inutil­is­able, un sta­tion­nement gra­tu­it pour les col­lab­o­ra­teurs, usagers et ouvri­ers du chantier a été mis en place sur un park­ing dis­tant d’un kilo­mètre. C’est un sys­tème de navette gra­tu­ite, avec des rota­tions toutes les 10 min­utes, qui per­met l’accès à la struc­ture. 50 tra­jets jour­naliers assurés par des tra­vailleurs en sit­u­a­tion de hand­i­cap.
Ce choix est évi­dent pour Claire Grenouil­let, direc­trice, qui observe : « Ce sys­tème de navette per­met de répon­dre à la prob­lé­ma­tique d’accessibilité au site et d’éviter des sta­tion­nements gênants pour les habi­tants du quarti­er. De plus, faire appel à une entre­prise adap­tée s’inscrit dans la volon­té de notre étab­lisse­ment de men­er une démarche glob­ale RSE, tout en nous per­me­t­tant de mieux sat­is­faire aux oblig­a­tions con­cer­nant l’emploi des per­son­nes en sit­u­a­tion de hand­i­cap et de minor­er notre con­tri­bu­tion Age­fiph. Et puis… Le temps de tra­jet est mis à prof­it par les équipes pour des échanges impro­visés, cela crée du lien ! ».

Les forces vives 

Insti­tut Arnault Tzanck
Saint-Lau­rent-du-Var (06)

Manon Flo­rent, étu­di­ante en mas­ter pro­fes­sion­nel « Énergie, matéri­aux, envi­ron­nement, qual­ité et man­age­ment » est présente dans l’établissement en alter­nance depuis sep­tem­bre 2017. Une expéri­ence pré­cieuse pour elle — seule per­son­ne de sa pro­mo­tion à avoir choisi un étab­lisse­ment de soins — et l’opportunité pour l’Institut de ren­forcer sa démarche de développe­ment durable. Sa mis­sion prin­ci­pale est ambitieuse : pré­par­er la cer­ti­fi­ca­tion ISO 50001, por­tant sur les éner­gies et attribuée à quelques étab­lisse­ments de soins seule­ment. Elle par­ticipe aus­si à l’élaboration d’un cahi­er des charges, en vue de la mise en place d’une flotte de véhicules élec­triques pour les ser­vices de HAD et de soins à domi­cile. À plus court terme, Manon s’implique active­ment dans la pré­pa­ra­tion de la semaine du développe­ment durable (du 30 mai au 5 juin). Au pro­gramme, ate­liers de sen­si­bil­i­sa­tion aux bons gestes, con­cours pho­to « Les déchets n’en font qu’à leur tête » et inter­ven­tion au self pour inviter le per­son­nel à tri­er les déchets ali­men­taires. Le développe­ment durable, c’est aus­si le thème retenu en mai pour le « Quart d’heure qual­ité ». Chaque mois, un sujet pré­cis choisi par le per­son­nel est présen­té en 15 min­utes par une per­son­ne ressource, qui se déplace dans les ser­vices de soins.
« La présence de Manon apporte un dynamisme qui entraîne les équipes à se posi­tion­ner dans une démarche de développe­ment durable au quo­ti­di­en » observe la direc­tion. « Son ent­hou­si­asme et ses com­pé­tences sont une richesse pour notre étab­lisse­ment. »
Accueil­lir un étu­di­ant en alter­nance, une idée à suiv­re !

Rouler à bloc

Hôpi­tal privé Le Bois
Lille (59)

Depuis début avril, les petits patients du ser­vice ambu­la­toire vont au bloc en voiture élec­trique ! C’est Eliot, 4 ans, qui a inau­guré ce con­cept, tout droit venu des États-Unis et qui se répand rapi­de­ment en France. Une idée sim­ple, et qui fonc­tionne. L’enfant dédrama­tise ce moment si par­ti­c­uli­er qui précède l’intervention, et ses par­ents sont soulagés de le voir souri­ant. La sépa­ra­tion aux portes du sas est d’autant plus facile. « Il y a moins de stress, les enfants sont plus en con­fi­ance » con­firme Ludovic Bossuit, bran­car­dier, qui pilote le bolide… À moins que l’enfant, ou ses par­ents, ne préfèrent s’en charg­er ! Le béné­fice est partagé par les soignants, dont le tra­vail est facil­ité par un cli­mat pré-opéra­toire plus sere­in. Un investisse­ment judi­cieux pour l’établissement, qui a financé l’achat des deux véhicules.

Le dossier

L’hygiène chim­ique expliquée à tous

Les arti­cles sur les per­tur­ba­teurs endocriniens se mul­ti­plient dans la presse : 3 200 arti­cles en 2016 con­tre 58 une décen­nie aupar­a­vant, souligne le rap­port inter­min­istériel « La stratégie nationale sur les per­tur­ba­teurs endocriniens » pub­lié en décem­bre 2017. « Ces arti­cles grand pub­lic sont par­fois anx­iogènes, et l’impact des per­tur­ba­teurs endocriniens sur la san­té devient une source d’inquiétude majeure pour les Français, alors que leur con­nais­sance de la ques­tion reste floue », explique le Dr Pierre Sou­vet, car­di­o­logue et prési­dent de l’Association san­té envi­ron­nement France. Bonne nou­velle, le min­istère lance à l’automne une cam­pagne nationale de com­mu­ni­ca­tion et de sen­si­bil­i­sa­tion des pop­u­la­tions sur la con­t­a­m­i­na­tion chim­ique. « Ce que nous avons dit au min­istre et à la Direc­tion générale de la san­té, c’est qu’il fau­dra des inter­locu­teurs pour répon­dre aux ques­tions de la pop­u­la­tion, donc des médecins for­més à ces sujets. Or leur for­ma­tion sur ces sujets peine à émerg­er » s’impatiente-t-il.

Les « Propo­si­tions pour éval­uer et révis­er le troisième cycle des études médi­cales » de l’IGAS en décem­bre dernier vont dans le même sens : « le développe­ment dans tous les DES, dès la phase socle, des com­pé­tences en préven­tion et pro­mo­tion de la san­té publique, notam­ment les con­cepts d’exposome et les prob­lé­ma­tiques en san­té envi­ron­nemen­tale, au-delà des seuls aspects liés à la sécu­rité san­i­taire (ges­tion des sit­u­a­tions san­i­taires excep­tion­nelles et de qual­ité et sécu­rité des soins)». Une révi­sion est indis­pens­able pour que l’ensemble des médecins spé­cial­istes soient des acteurs de la san­té au sens large.

Le con­cept d’ex­po­some

Le 14 juin à Mar­seille, dans une des salles du stade vélo­drome, se tien­dra un con­grès (pro­gramme DPC) sur la thé­ma­tique san­té-envi­ron­nement. « Cette for­ma­tion a pour objec­tif de for­mer les pro­fes­sion­nels de san­té, pour qu’ils puis­sent éclair­er leurs patients sur les bonnes pra­tiques à adopter » explique le Dr Sou­vet. « On va leur expli­quer que la con­t­a­m­i­na­tion chim­ique est un des enjeux actuels de san­té publique : les per­tur­ba­teurs endocriniens, les pes­ti­cides, la pol­lu­tion de l’air, ce sont des con­t­a­m­i­na­tions chim­iques.

Après l’ère de l’hygiène infec­tieuse nous ren­trons dans celle de l’hygiène chim­ique. Le principe de « la dose, c’est le poi­son » n’est plus vrai. La nou­velle prob­lé­ma­tique est celle de l’exposome, l’exposition à une mul­ti­plic­ité de pro­duits chim­iques, plus ou moins agres­sifs, qui se com­bi­nent pour con­stituer un effet cock­tail. Les médecins doivent con­naître ces sujets pour men­er des actions de préven­tion pour que les per­son­nes soient moins malades. »

Les médecins libéraux déci­dent alors de relever le chal­lenge. L’ASEF, en parte­nar­i­at avec l’Union régionale des pro­fes­sion­nels de san­té PACA, décide de large­ment com­mu­ni­quer et pro­duit des fich­es mono-thé­ma­tiques claires sur la con­t­a­m­i­na­tion chim­ique à des­ti­na­tion des prati­ciens de ville.

« L’URPS PACA est engagée de façon his­torique sur ces sujets. L’organisation d’un grand con­grès à Mar­seille il y a qua­tre ans mar­quait déjà notre intérêt, et notre prochain se tien­dra le 19 jan­vi­er », indique le Dr Wil­frid Guardigli, tré­sori­er adjoint et pilote de la com­mis­sion de tra­vail san­té envi­ron­nemen­tale. « Nous sommes égale­ment force de propo­si­tions sur l’axe préven­tion du CPOM. Dès lors qu’aucune for­ma­tion n’est délivrée, y com­pris post-uni­ver­si­taire, la for­ma­tion sur ces sujets fait claire­ment par­tie de nos mis­sions et passe notam­ment par des con­grès et une com­mu­ni­ca­tion sci­en­tifique et péd­a­gogique à l’attention de nos pairs. Nous assis­tons à une révo­lu­tion : c’est un vrai pan de la médecine qui se développe là, comme la prise en compte de l’hygiène du temps de Pas­teur. »

Con­grès « san­té envi­ron­nement », 14 juin 2018, Mar­seille. Ren­seigne­ments et inscrip­tions ici

Voir : www.asef-asso.fr ; www.urps-ml-paca.org

Crédits pho­tos : Franck Dunouau,Clinique Néphrologique Saint Exupéry, Insti­tut Arnault Tzanck, Hôpi­tal privé Le Bois