* (Obser­va­toire de la per­for­mance et du développe­ment durable en san­té piloté par la FHP — 158 clin­iques et hôpi­taux privés )

Les initiatives

Résol­u­ment verte

Poly­clin­ique Saint Côme, Com­piègne (60)

Depuis sa recon­struc­tion inté­grale en 2009 l’établissement avait déjà adop­té des con­cepts inno­vants liés au développe­ment durable. Par exem­ple, pour les cham­bres de soins inten­sifs, la cli­ma­ti­sa­tion avait été rem­placée par un rafraîchisse­ment avec de l’eau glacée cir­cu­lant dans les pla­fonds. Mais à l’heure de con­stru­ire l’extension — 4 000 msur 3 étages — qui abrit­era notam­ment un cen­tre de dépistage dédié au can­cer du sein et un bloc ambu­la­toire de type « cir­cuit court », la direc­tion a voulu aller plus loin, en optant pour un bâti­ment de type HQE. Vin­cent Ves­selle, directeur, détaille cette démarche.
« Les travaux ont démar­ré en novem­bre, pour une livrai­son en 2019. Pour la con­cep­tion du bâti­ment, nous avons sélec­tion­né les critères de cer­ti­fi­ca­tion com­pat­i­bles avec les normes en san­té, en por­tant une atten­tion par­ti­c­ulière au bien-être du per­son­nel. Nous avons priv­ilégié autant que pos­si­ble la lumière naturelle, en mul­ti­pli­ant les ouver­tures, et tra­vail­lé sur l’acoustique. Suite à l’audit de démar­rage, nous avons obtenu la clas­si­fi­ca­tion « excel­lent » (niveau 3 sur 4). La cer­ti­fi­ca­tion HQE prend en compte la phase de con­struc­tion, car des critères sont aus­si suiv­is sur le chantier. Nous nous sommes donc engagés à avoir un chantier pro­pre, avec tri des déchets et réduc­tion des nui­sances. »
Le sur­coût (7 %) est pleine­ment assumé par la direc­tion, au vu de l’intérêt envi­ron­nemen­tal, et de l’amélioration atten­due des con­di­tions de tra­vail.

L’esprit d’équipe

Clin­ique de l’Anjou, Angers (49)

Pour l’établissement, qui vient de renou­vel­er sa cer­ti­fi­ca­tion ISO 14001, la qual­ité de vie au tra­vail est une préoc­cu­pa­tion con­stante portée par la direc­tion, le ser­vice de san­té au tra­vail, et les instances représen­ta­tives du per­son­nel réu­nies au sein d’un groupe de tra­vail dédié. Stéphane Galiegue, directeur général, présente les actions passées et en cours.
« Nous avons en 2016 mis en place une Cam­pagne des couleurs, pour attir­er l’attention de tous sur l’importance de l’attitude entre col­lègues. Le per­son­nel arbo­rait des badges : smi­ley pen­dant la semaine du sourire, puz­zle pen­dant la semaine des com­plé­men­tar­ités, etc. Puis nous avons con­vié une troupe de théâtre en entre­prise. Les salariés ont écrit des scé­nar­ios basés sur des scènes vécues entre col­lègues. Ceux qui le souhaitaient sont même mon­tés sur les planch­es pour jouer devant plus de 100 per­son­nes, lors de cha­cune des 4 représen­ta­tions. Depuis 2 ans, nous pro­posons égale­ment des séances de relax­ation, ani­mées par une salariée qui est qual­i­fiée. 
Actuelle­ment nous finançons un coach sportif qui pro­pose des séances – pilates, ren­force­ment mus­cu­laire, gym douce – pour le per­son­nel. Nous avons été accom­pa­g­nés par la délé­ga­tion régionale du Comité nation­al olympique et sportif français qui pro­pose ce type d’actions en vue de Paris 2024. En par­al­lèle, nous avons créé une asso­ci­a­tion sportive en parte­nar­i­at avec des représen­tants du per­son­nel. Tous les salariés peu­vent adhér­er, et pro­pos­er des idées de sor­tie, de la balade au trail de 20 kilo­mètres. Nous sommes déjà 70 inscrits. L’information cir­cule via Face­book, et le site du CE. »

Une belle image

Groupe Cap San­té

Le groupe implan­té en Occ­i­tanie n’a pas atten­du les grèves de la SNCF pour dévelop­per la visio­con­férence entre ses 14 sites. « Nos directeurs ont le choix entre être physique­ment présents aux staffs du groupe, ou être avec nous en visio­con­férence », pré­cise Lau­rent Ramon, directeur général du groupe.
Au final, pour une moyenne de 10 directeurs d’établissements util­isant cette tech­nique chaque semaine, les béné­fices suiv­ants sont espérés : 30 000 kilo­mètres en moins pour l’environnement, et 30 000 euros d’économies pour le groupe.

Le dossier

Hyper­sen­si­bil­ité élec­tro­mag­né­tique : un rap­port sur le fil.

C’est dans un con­texte de con­tro­verse que l’Anses a con­sacré un rap­port  à la ques­tion de l’hypersensibilité élec­tro­mag­né­tique (EHS), réal­isé par un Comité d’experts spé­cial­isé (CES).

Depuis le début des années 1980, la lit­téra­ture sci­en­tifique rap­porte le cas de per­son­nes se plaig­nant de trou­bles attribués à une expo­si­tion à des champs élec­tro­mag­né­tiques, soit des radiofréquences (télé­phone mobile, Wi-Fi, antennes relais, etc.) soit des extrême­ment bass­es fréquences (lignes et instal­la­tions élec­triques). La déf­i­ni­tion de l’EHS retenue par les experts est celle de l’OMS : la per­cep­tion par les sujets de symp­tômes non spé­ci­fiques (fatigue, trou­bles du som­meil, maux de tête, symp­tômes cutanés, etc.), l’absence d’évidences clin­iques et biologiques expli­quant ces symp­tômes, et l’attribution de ces symp­tômes par les sujets eux-mêmes à l’exposition à des champs élec­tro­mag­né­tiques. La pré­va­lence de l’EHS en France et à l’international (entre 2008 et 2013) serait d’environ 5 %, et ne sem­ble pas aug­menter.
Les per­son­nes atteintes sont, en moyenne, plus anx­ieuses et déprimées, sans que l’on puisse déter­min­er si ces trou­bles sont la cause ou la con­séquence des symp­tômes ressen­tis. Au vu des symp­tômes ressen­tis, le rap­port présente 3 hypothès­es majeures à appro­fondir : un lien avec les migraines, un dys­fonc­tion­nement de l’horloge cir­ca­di­enne (qui expli­querait les trou­bles du som­meil), et une « hyper­sen­si­bil­ité » (Les « hyper­sen­si­bles » percevraient leur envi­ron­nement avec une acuité et une sen­si­bil­ité par­ti­c­ulière).

L’être humain est-il capa­ble de percevoir les champs élec­tro­mag­né­tiques ? 
Quelques études ont per­mis de met­tre en évi­dence une hyper­sen­si­bil­ité au courant élec­trique, mais aucune ne per­met d’établir un lien de causal­ité entre l’exposition aux champs élec­tro­mag­né­tiques et les symp­tômes décrits. Par con­tre, des résul­tats con­cor­dants mon­trent que, soumis­es à des expo­si­tions fac­tices, les per­son­nes atteintes expri­ment un nom­bre de fauss­es recon­nais­sances et de symp­tômes ressen­tis plus élevé. L’effet noce­bo joue donc cer­taine­ment un rôle non nég­lige­able. Le CES souligne l’intérêt de réalis­er des études sur le suivi à long-terme des per­son­nes et d’étudier la com­plex­ité de la rela­tion soignant-soigné pour les per­son­nes atteintes, dont l’er­rance médi­cale et l’isolement sont nota­bles.
Pour cela, le CES recom­mande aux acteurs san­i­taires et soci­aux de dévelop­per la for­ma­tion des médecins (écoute et prise en compte de la qual­ité de vie des per­son­nes atteintes). « Aucune don­née ne per­me­t­tant d’objectiver l’efficacité de zones blanch­es ni de cham­bres d’hôpital spé­ci­fiques » pré­cise le rap­port. Toute­fois, le CES renou­velle aux pou­voirs publics ses recom­man­da­tions en matière de réduc­tion des niveaux d’exposition et souligne l’intérêt d’étudier le lien entre la mul­ti­pli­ca­tion du nom­bre d’antennes et l’augmentation par­al­lèle de la valeur moyenne de l’exposition.

Méthodolo­gie
Le CES s’est intéressé à la lit­téra­ture sci­en­tifique, et à des expéri­ences de ter­rain à tra­vers une ving­taine d’auditions de médecins, asso­ci­a­tions de citoyens, élus, chercheurs, etc. Avant pub­li­ca­tion, ce rap­port a égale­ment fait l’objet d’une con­sul­ta­tion publique. 150 des plus de 500 com­men­taires recueil­lis ont entraîné une mod­i­fi­ca­tion du rap­port d’expertise.

Crédits pho­tos : Poly­clin­ique Saint Côme, Clin­ique de l’Anjou, Shut­ter­stock