Grand angle

 

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Voir la ville en rose

Clin­ique du Fief de Gri­moire, Poitiers (86) 

Mignaloux Beau­voir, 4 127 habi­tants. Entre la com­mune et la clin­ique, 8 km à peine. Il aura suf­fi que Patri­cia Guigné, coor­don­na­trice de la fil­ière Can­cérolo­gie, pro­pose : « Et si on trans­for­mait une ville en rose », et que cette idée soit aus­sitôt soumise par un médecin de l’établissement au con­seil munic­i­pal de sa com­mune. Une étin­celle, une traînée de poudre, et 8 km plus loin, sous l’impulsion d’un maire ent­hou­si­aste, c’est toute la ville qui se cou­vre de rose : asso­ci­a­tions, écoles, entre­pris­es, com­merces, Mignaliens et Mignali­ennes. Jour après jour, pen­dant une semaine, les actions ont fusé, coor­don­nées par la clin­ique. Depuis la balade domini­cale, et l’activité physique encadrée par des coach, jusqu’à la fresque murale réal­isée par l’école mater­nelle, en pas­sant par les menus ros­es – sans col­orants – servis dans les can­tines. Depuis l’expo pho­to « Ensem­ble changeons le regard » instal­lée à la mairie jusqu’au tournoi de squash, en pas­sant par les temps de lec­ture à l’école, que les maîtress­es ont con­sacrés au thème du can­cer grâce à l’appui et aux sup­ports adap­tés four­nis par la clin­ique. Depuis les devan­tures des com­merces, jusqu’à la zum­ba-fam­i­ly same­di dernier, en pas­sant par la con­férence inter­ac­tive – ques­tions tirées au hasard, et posées à la salle — ani­mée par les prati­ciens de la clin­ique. Depuis les chaus­settes ros­es arborées par les joueurs de foot du club, jusqu’aux bal­lons qui se sont envolés pour la fête de clô­ture. Une idée un peu folle, née à la clin­ique et dev­enue réal­ité grâce aux parte­naires, la munic­i­pal­ité, la Ligue con­tre le can­cer, l’association Docvie. Grâce aus­si, à l’énergie for­mi­da­ble de Patri­cia Guigné et Valérie Dubois, coor­don­na­trice de la fil­ière Edu­ca­tion thérapeu­tique et préven­tion, et aux 300 coups de fil qu’elles ont passés, sans compter maints mails et cour­ri­ers ! « C’est une col­lab­o­ra­tion exem­plaire entre la Clin­ique du Fief de Gri­moire et la com­mune de Mignaloux Beau­voir en faveur du dépistage et de la préven­tion du Can­cer du sein » déclare Isabelle Gag­neux, direc­trice générale de la clin­ique du Fief de Gri­moire.
Une col­lab­o­ra­tion que Mignaloux Beau­voir renou­vellerait bien l’an prochain, comme 4 autres com­munes, d’ores et déjà can­di­dates. Une belle traînée de poudre… rose. À qui le tour ?

Renais­sances

Pôle San­té Oréliance, Saran (45)

Jeu­di dernier, la 2CV rose à l’entrée mon­trait la voie. 100 per­son­nes ont suivi l’invitation et ont pu écouter le mes­sage de ces 3 femmes, 3 com­bat­tantes. Une d’entre elle s’appelle San­dra San­ji. De sa mal­adie, elle garde les ren­con­tres, l’amitié entre patientes, celles qui font avancer plus fort, plus vite, celles qu’elle a voulu immor­talis­er. Sur ses clichés en noir et blanc, 2 ou 3 femmes, de 16 à 66 ans, témoignent cha­cune d’une émo­tion. Entre elles, un petit crabe rose, sym­bole d’une mal­adie dev­enue un lien étince­lant. La deux­ième, c’est Alex­ia Cas­sar. Biol­o­giste dev­enue tatoueuse après le cat­a­clysme, la leucémie de sa petite fille. Un change­ment de vie rad­i­cal. « Je suis allée me for­mer chez un maître tatoueur pen­dant un an, sans salaire. » Puis elle s’est for­mée au tatouage 3D de l’aréole et du mamel­on après une mas­tec­tomie. « Les tatoueurs clas­siques refusent sou­vent de le faire car ce sont des peaux frag­iles, car­ton­nées, cica­tricielles, avec sou­vent la pro­thèse juste en dessous » explique-t-elle. « Pour la plu­part, c’est leur pre­mier tatouage, elles revivent, pleurent, sont heureuses, met­tent des décol­letés ». La troisième, c’est Marine de Nico­la. Star de la chan­son en Chine, elle apprend à 24 ans qu’elle est atteinte d’un can­cer. « Je n’ai plus rien à pos­séder. J’ai juste à… être. » Alors, pour vain­cre la déprime qui rôde, elle s’est fixé 15 défis. Le 1er, écrire un livre. « Le bais­er de l’oura­gan » a été pub­lié en avril 2017.
« Oréliance a placé cette année Octo­bre Rose sous le signe de la Renais­sance et de l’E­spoir » témoigne Patrick Rous­sel, prési­dent du Direc­toire de l’établissement. « Pour se bat­tre plus fort et se recon­stru­ire à tra­vers des ren­con­tres inédites et des témoignages lumineux qui per­me­t­tent de mieux appréhen­der ce par­cours com­pliqué. »

Les murs et la toile

Poly­clin­ique de la Baie, Saint-Mar­tin-des-Champs (50)

Pen­dant tout le mois, une trentaine de por­traits sont accrochés sur les murs de l’accueil et du ser­vice de radio­thérapie. En couleurs ou noir et blanc. L’exposition « Je ne suis pas le can­cer », est un tra­vail de 2 ans en immer­sion dans un ser­vice de can­cérolo­gie. Les 2 pho­tographes de l’association Yad­lavie ont choisi de mon­tr­er les vis­ages sere­ins, apaisés, souri­ants, des patients mais aus­si des proches, et des soignants.
Une trentaine de vis­ages, encore, ceux des d’élèves aides-soignants de l’IFAS Michèle Guil­lou, pro­mo­tion 2017–2018. Toutes et tous ont par­ticipé au clip vidéo réal­isé pour Octo­bre Rose, avec l’aide d’un père d’élève. En 2 min­utes, les mes­sages passent. Lit­térale­ment. Boules de papi­er qui fusent de mains en mains, de lieux en lieux, avec à chaque fois un texte dif­férent. « Ce fut une semaine riche et intense à la Poly­clin­ique de la Baie, je suis fière de l’engagement de tous… », témoigne Véronique Tessier, direc­trice générale. À nous de relay­er leurs mes­sages, main­tenant ! https://youtu.be/vyh4x1x7IzY

La guerre des tétons

Poly­clin­ique de Franche-Comté, Besançon (25)

« Tchao Gün­ther ». Drôle de nom pour le blog BD ouvert par Lili Sohn peu après son diag­nos­tic, à 29 ans. Un nom alle­mand pour désign­er son can­cer, parce que c’est la langue util­isée par les domp­teurs. Le dessin pour nom­mer l’ennemi, et pour extéri­oris­er les émo­tions. Le blog devint une BD en 3 tomes, « La guerre des tétons ». Puis la BD devint une expo­si­tion — 14 planch­es grand for­mat — instal­lée au self de la poly­clin­ique pen­dant la semaine d’action, du 9 au 13 octo­bre. « Nous sommes très heureux d’avoir pu présen­ter cette œuvre à la fois belle, drôle et touchante à nos patients, vis­i­teurs et pro­fes­sion­nels. », explique Raphaëlle Remoleur, la direc­trice.
Une semaine plus tôt, c’est au pied de l’installation « Voy­age au cœur du sein », posée au cen­tre de Besançon, que l’établissement tenait un stand d’information. Stand ensuite déployé dans la poly­clin­ique, le 11 octo­bre, journée en point d’orgue de cet Octo­bre Rose. Le soir, le col­loque ani­mé par les prati­ciens de l’établissement, à des­ti­na­tion des médecins général­istes mais aus­si du grand pub­lic, a rassem­blé plus de 70 per­son­nes.

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