Agir pour la planète

Les épisodes de chaleur extrême qu’a con­nus notre pays nous enjoignent à nou­veau à agir con­tre le change­ment cli­ma­tique. Une oppor­tu­nité de se re-saisir du guide : « L’hôpital agit pour la planète », pub­lié par le C2DS à l’occasion de la COP 21 (http://www.c2ds.eu/edition/). Les enjeux y sont posés, les cadres présen­tés et des out­ils sont mis à dis­po­si­tion, par­mi lesquels la cam­pagne Twoforten, qui invite les acteurs à réduire de 2 % par an leur pro­duc­tion de gaz à effet de serre (http://twoforten.fr).

« Nous n’avons qu’une san­té et qu’une planète, soyons respon­s­ables »

Ségolène Ben­hamou, prési­dente de la FHP-MCO
François Mour­gues, prési­dent du C2DS

Les initiatives

Com­mu­ni­quer pour fédér­er

Clin­ique Con­ti, L’Isle-Adam (95)

Veiller au bien-être au tra­vail fait par­tie inté­grante d’une démarche de développe­ment durable. Deux fois par an, les per­son­nels de la Clin­ique Con­ti sont invités à une vraie séance d’échanges et de partage avec leur direc­tion. «Nous avons organ­isé notre pre­mière réu­nion sur le thème ‘partager les pro­jets’, en fin de journée à 19h30, de manière à ce que les per­son­nels de nuit puis­sent y par­ticiper. Ils étaient ravis de cet horaire. La salle était pleine et les débats très con­struc­tifs. Les absents ont pu vision­ner par la suite la réu­nion sur notre intranet » expliquent Cather­ine Mor­van, direc­trice et Mar­i­on Poti­er, respon­s­able qual­ité en charge du développe­ment durable. La direc­tion en est cer­taine : pren­dre ce temps pour com­mu­ni­quer a des béné­fices réels sur le bien-être au tra­vail, la moti­va­tion et le stress des per­son­nels, qui se sen­tent con­sid­érés et trou­vent mieux leur place dans l’organisation com­plexe d’une clin­ique. « Le Petit Con­ti »,  jour­nal interne men­su­el appré­cié par tous et ouvert vers l’extérieur, par­ticipe aus­si à l’information et la créa­tion de lien entre tous.


Ate­lier Nest­ing

Poly­clin­ique de Navarre, Pau (64)

Corinne Morales et Michèle Mas­sal, toutes deux sages-femmes de la Poly­clin­ique de Navarre à Pau, sont les ambas­sadrices des ate­liers Nest­ing. Lit­térale­ment « faire son nid », cette démarche  vise à créer un envi­ron­nement intérieur sain pour l’enfant, par exem­ple à repér­er les pol­lu­ants dans la mai­son pour en lim­iter l’impact sur la san­té. Depuis juil­let 2016, Corinne et Michèle reçoivent deux fois par mois des groupes de par­ents de bébés nés à la Poly­clin­ique et par­tent en mis­sion à l’extérieur, dans le cadre du pro­jet de préven­tion « hors les murs », soutenu par l’ARS Nou­velle Aquitaine. « Nous avons suivi une for­ma­tion de six jours. Notre mis­sion est de sen­si­bilis­er les jeunes par­ents mais aus­si un pub­lic plus large et notam­ment les pro­fes­sion­nels de san­té et de la petite enfance à la san­té envi­ron­nemen­tale, en rela­tion avec nos lieux de vie et les pro­duits qui s’y trou­vent », expliquent-elles. Quelle est la pièce la plus saine de votre mai­son ? Quels sont les pro­duits couram­ment util­isés les plus nocifs pour la san­té et l’environnement ? sont les ques­tions sou­vent posées. « Nous pro­posons aux par­tic­i­pants des échan­til­lons de pro­duits cos­mé­tiques et de net­toy­age et cha­cun donne son avis sur leur degré de nociv­ité à l’aide de vignettes rouges, vertes et orange. Des dis­cus­sions argu­men­tées s’ensuivent, c’est très vivant », expliquent-elles. En bref,il s’agit d’impulser des change­ments d’habitudes durables.

Salute « à la carte » !

Hôpi­tal uni­ver­si­taire privé San Raf­faele, Milan, Ital­ie

Ce CHU privé a ouvert l’an dernier son pre­mier restau­rant “EAT” dans sa mater­nité de Madon­ni­na dans le cen­tre ville de Milan, une ini­tia­tive très orig­i­nale pour déploy­er en direc­tion du grand pub­lic son pro­gramme EAT sus­tain­able food pro­gramme, d’éducation nutri­tion­nelle pour la préser­va­tion de la san­té. L’objectif est de servir une nour­ri­t­ure saine et gou­teuse, locale et bien évidem­ment cuis­inée dans la pure tra­di­tion de la cui­sine ital­i­enne. Chaque mois, des chefs de la pres­tigieuse asso­ci­a­tion des Jeunes Restau­ra­teurs d’Europe pro­posent de nou­veaux menus à ce restau­rant, égale­ment ouvert au grand pub­lic. Les clients peu­vent aus­si con­naître l’apport calorique des plats à l’aide d’une tablette mise à dis­po­si­tion. Fort de son suc­cès, le CHU privé vient d’ouvrir son “EAT” bar, très fréquen­té par les étu­di­ants, qui pro­pose des plats froids et des sand­wichs con­fec­tion­nés suiv­ant les mêmes exi­gences. Enfin, les pre­miers dis­trib­u­teurs automa­tiques de snacks sains appelés «Feed Your Health » (nour­ris ta san­té) ont été placés dans l’hôpital avant d’être pro­posés à des écoles, entre­pris­es, etc.
http://www.eat-restaurant.it/en/index.html

 

Le dossier

Hyp­nose, sophrolo­gie, ostéopathie, acupunc­ture…

Les médecines alter­na­tives et com­plé­men­taires (MAC) répon­dent aux trois exi­gences du développe­ment durable, qui doit être économique­ment effi­cace, sociale­ment équitable et écologique­ment souten­able. En France, les MAC ont mis du temps à émerg­er au sein des étab­lisse­ments de soins, d’abord préoc­cupés par les aspects tech­niques du développe­ment durable : ges­tion des déchets et économies d’énergies.

Précurseur dans le domaine, le C2DS a organ­isé le 21 juin sa 2e journée thé­ma­tique con­sacrée aux MAC, qui a réu­ni 50 participant(e)s — médecins, chirurgiens, cadres de san­té, infir­mières, ostéopathes, etc. —  salariés ou libéraux, exerçant en clin­iques ou en hôpi­taux.

La pre­mière journée, en novem­bre 2016, avait per­mis de délim­iter un cadre séman­tique et juridique, et de dress­er un état des lieux des dif­férentes pra­tiques. Les par­tic­i­pants avaient alors souhaité que soit abor­dée la ques­tion de la for­ma­tion. En effet, en dépit d’une demande crois­sante de la part des patients, et de la mul­ti­pli­ca­tion des expéri­men­ta­tions en ser­vice de soins, les MAC souf­frent encore d’une cer­taine défi­ance. Le Cnom ne recon­naît pour l’instant que l’homéopathie, l’acupuncture, la mésothérapie, et l’ostéopathie. Pour gag­n­er en légitim­ité, le sérieux de la for­ma­tion des prati­ciens est indis­pens­able. Com­ment se for­mer à ces pra­tiques ? Quel organ­isme de for­ma­tion choisir ? Com­ment s’assurer de la qual­ité de la for­ma­tion d’un inter­venant extérieur ?

Le 21 juin, Les inter­venants — chefs de ser­vices, médecins, acupunc­teurs, ostéopathes, respon­s­ables de for­ma­tion — ont éclairé l’assistance sur ces points essen­tiels que sont le cadre règle­men­taire, les cur­sus, et les critères de choix d’un organ­isme de for­ma­tion.

Un mou­ve­ment de fond est amor­cé

Les ini­tia­tives, hier con­fi­den­tielles, sont main­tenant scrutées par l’ensemble des hos­pi­tal­iers publics et privés. Les inter­venants ont donc don­né quelques clefs pour struc­tur­er et inté­gr­er ces pra­tiques au cœur des étab­lisse­ments de soins, en s’appuyant sur leurs pro­pres expéri­ences : créa­tion d’un départe­ment de médecines inté­gra­tives (homéopathie, acupunc­ture, ostéopathie, réflex­olo­gie etc.) dans un groupe hos­pi­tal­ier, développe­ment de thérapies com­plé­men­taires (hyp­nose, sophrolo­gie et touch­er-mas­sage) dans un CHU, inté­gra­tion d’un ostéopathe dans un étab­lisse­ment de dial­yse.

Les MAC doivent aus­si se struc­tur­er à plus grande échelle, hors des cli­vages entre per­son­nels médi­caux et paramédi­caux, ou entre secteurs pub­lic et privé. Ce fut un autre objec­tif de cette journée : créer des ponts entre pro­fes­sion­nels et réseaux exis­tants.

Le prochain enjeu sera l’évaluation de ces nou­velles pra­tiques. Plusieurs uni­ver­sités tra­vail­lent sur ce sujet. Par ailleurs, l’étude ran­domisée « TANDHEMS : Le touch­er-mas­sage con­tre l’anxiété en héma­tolo­gie stérile ou l’impact de la pra­tique du touch­er-mas­sage sur l’anxiété des patients atteints de patholo­gies héma­tologiques graves, hos­pi­tal­isés en secteur pro­tégé », menée par Armelle Simon, infir­mière au CHU de Nantes, fera prochaine­ment l’objet d’une pub­li­ca­tion.

Le C2DS prévoit déjà une 3e journée thé­ma­tique sur les MAC… Ren­dez-vous en 2018 !