Les initiatives


Le souci de bien faire

Poly­clin­ique de Blois, La Chaussée-Saint-Vic­tor (41)

La Poly­clin­ique de Blois, seul étab­lisse­ment san­i­taire privé en France à avoir été éval­ué AFAQ 26 000 pour son pro­gramme RSE et qui vient de souf­fler ses dix bou­gies, ne se repose pas pour autant sur ses lau­ri­ers. « Après dix ans, nous avions un cer­tain nom­bre d’équipements à rem­plac­er », explique Carine Raf­fin-Pey­loz, direc­trice adjointe en charge du développe­ment durable. Fidèle à ses valeurs et à ses méth­odes, les achats ont été éval­ués soigneuse­ment, en con­cer­ta­tion avec les équipes. « Pour notre nou­veau tun­nel de lavage, nous avons décidé de devenir étab­lisse­ment tes­teur d’un matériel de pré-série, non encore com­mer­cial­isé. Pen­dant six mois, nous avons testé la mani­a­bil­ité, com­paré les con­som­ma­tions avec d’autres appareils. À l’issue de cette phase pilote, nous avons fait l’acquisition de cet équipement à prix minoré. Con­cer­nant le rem­place­ment de notre parc de char­i­ots repas, sou­vent lourds et peu mani­ables, nous avons opté pour des char­i­ots motorisés, pour un tiers du parc, et pour des char­i­ots plus bas offrant une meilleure vis­i­bil­ité, pour le reste . Les équipes ont testé plusieurs mod­èles et ont pesé dans la déci­sion. Les per­son­nels sont ravis », con­clut-elle. Les achats et le bien-être au tra­vail font par­tie des cinq axes de tra­vail pri­or­i­taires de la Poly­clin­ique qui com­pren­nent égale­ment les déchets, l’énergie et la mobil­ité, la nutri­tion et la san­té.

 


Recy­cler, c’est fon­da­men­tal

Clin­ique Fontvert, Sorgues (84)

Com­mencer par les fon­da­men­taux lorsque l’on amorce une démarche de développe­ment durable est essen­tiel. La Clin­ique Fon­vert l’a fait en tra­vail­lant d’arrache-pied depuis 2013, for­ma­tion à l’appui, à dévelop­per 12 fil­ières de tri, pour la plu­part aujourd’hui tracées. Si cer­tains déchets passent par les fil­ières dites ‚clas­siques‘, d’autres, tels les déchets de bureau, les doc­u­ments con­fi­den­tiels ou encore les mobiliers en fer­raille, sont con­fiés à des acteurs locaux. Et pour aller encore plus loin, la clin­ique étudie la mise en place d’une fil­ière de col­lecte des mégots. Étant don­né qu’un mégot de cig­a­rette met env­i­ron 12 ans à se désagréger, qu’il con­tient de la matière organique et du plas­tique, des matières val­oris­ables, ce serait en effet dom­mage de le lancer dans la nature !

 

Le dossier

Tabag­isme des soignants : la dernière car­touche ?

« Ce n’est pas un hasard si vous êtes les pre­miers à qui je m’adresse (…) Je voudrais vous par­ler aujour­d’hui de préven­tion. » La nou­velle min­istre des Sol­i­dar­ités et de la San­té, Agnès Buzyn, a don­né le ton lors de sa pre­mière inter­ven­tion offi­cielle, le 30 mai, en insis­tant sur la néces­saire impli­ca­tion des médecins dans la lutte con­tre le tabac.

L’hé­ma­to­logue a aus­sitôt pointé du doigt le « prob­lème du tabag­isme des pro­fes­sion­nels de san­té ».

Qui s’en sou­vient ? Un décret découlant de la loi Veil pro­hibait dès 1976 l’usage du tabac dans tous les étab­lisse­ments de san­té. Il fit long feu, l’hôpital refu­sant le rôle du gen­darme. C’est la loi Evin (1991) qui a changé la donne : en recon­nais­sant le principe de pro­tec­tion des non-fumeurs, elle ban­nit les fumeurs à la fois des locaux rece­vant du pub­lic, et des lieux de tra­vail. Patients et soignants se retrou­vèrent donc dans les lieux spé­ci­fiques qui leur étaient réservés. L’in­ter­dic­tion totale de fumer, elle, est en œuvre depuis 2007.

Exem­plaires, for­cé­ment exem­plaires ?

Mais bien au-delà du respect de ces oblig­a­tions règle­men­taires, les soignants sont depuis longtemps invités à s’im­pli­quer dans la lutte con­tre le tabag­isme. Le Dr Bernard Kouch­n­er le rap­pelait en 1999 : « Il est indis­pens­able de men­er des actions de sen­si­bil­i­sa­tion, de préven­tion et d’information à des­ti­na­tion des soignants, des malades et des vis­i­teurs. »

Depuis, et mal­gré la mise en œuvre de 3 plans can­cers, les soignants sont tou­jours écartelés entre cette injonc­tion, et leur addic­tion.

Mal­gré une forte fémin­i­sa­tion du per­son­nel, les études (Baromètre de l’OFDT, 2003 et étude au CH de Rochefort-sur-mer, 2008) mon­trent que les soignants fument autant que le reste de la pop­u­la­tion. Les étu­di­ants, les agents de ser­vice, les aides-soignants et infirmier(e)s sont les plus touchés, et les plus dépen­dants. « Si les chiffres mon­trent un net infléchisse­ment chez les général­istes avec 16 % de fumeurs en 2015, vs 29 % en 2003, ils sont alar­mants chez les infir­miers (31 %) et aides-soignants (44 %) », s’est d’ailleurs inquiétée la min­istre, qui souhaite que « par souci d’ex­em­plar­ité et d’ef­fi­cac­ité de l’ac­tion auprès de leurs patients, la pré­va­lence du tabag­isme des soignants français rejoigne celle de leurs homo­logues améri­cains et anglais, autour de 5 % ».

Nous en sommes loin. Une étude de 2006 mon­trait que seuls les médecins et sages-femmes étaient net­te­ment favor­ables à l’in­ter­dic­tion totale du tabac à l’hôpi­tal, et que par ailleurs ce thème était prob­lé­ma­tique pour 67 % des directeurs !

Dans le cadre du Moi(s) sans tabac en novem­bre dernier, opéra­tion de mar­ket­ing social « exem­plaire », selon le Pr Buzyn, seule­ment 700 doc­u­ments ont été com­mandés par les pro­fes­sion­nels de san­té. « Trop peu » a‑t-elle regret­té.

Pour­tant, les soignants le savent : « un séjour hos­pi­tal­ier ou le pro­jet d’une hos­pi­tal­i­sa­tion est le lieu et le moment juste pour arrêter de fumer » (Olivi­er Toma, fon­da­teur de Pri­mum non nocere et du C2DS). Les béné­fices du sevrage tabag­ique avant une chirurgie sont bien con­nus : réduc­tion du risque d’infection noso­co­mi­ale, amélio­ra­tion de la cica­tri­sa­tion…

La préven­tion doit donc repren­dre sa place. Dès 2014, le C2DS ren­con­trait l’ad­min­is­tra­tion Touraine pour pro­pos­er un plan d’ac­tion : bâtir un pro­gramme d’aide au sevrage tabag­ique pour les per­son­nels, for­mer en interne un agent à l’aide au sevrage tabag­ique… Cette cam­pagne « Clin­ique non fumeur », en parte­nar­i­at avec la CAHPP et l’ex-CISS, invite les étab­lisse­ments adhérents du C2DS à engager 6 actions sur les 10 pro­posées.

1re action évo­quée : inter­dire de fumer aux abor­ds des étab­lisse­ments de soins. Le C2DS avait d’ailleurs sol­lic­ité Marisol Touraine sur ce sujet. Mais si depuis 2016 il est inter­dit de fumer, même à l’ex­térieur, à prox­im­ité des zones fréquen­tées par les enfants et sco­laires, nulle men­tion des hôpi­taux et clin­iques ! Pour­tant, l’OMS pré­conise cette inter­dic­tion depuis… 2002 !