C’est le pro­jet auquel vous invite la semaine européenne du développe­ment durable qui se tien­dra du 30 mai au 5 juin prochain. Ce ren­dez-vous annuel est l’occasion en interne d’informer et de motiv­er vos équipes aux ver­tus d’un développe­ment durable, levi­er de per­for­mance de votre entre­prise. L’opportunité égale­ment de faire con­naître vos ini­tia­tives, les résul­tats de vos actions en direc­tion de vos par­ties prenantes.
Vous créez un événe­ment, vous pub­liez vos résul­tats, vous lancez une nou­velle ini­tia­tive : faites-le nous savoir ! (thierry.bechu.mco@fhp.fr)

Les initiatives


Un mod­èle holis­tique avec des soins cen­trés sur le patient

Cen­tre Chirur­gi­cal Mon­ta­gard et Poly­clin­ique Urbain V, Avi­gnon (84)

À Mon­ta­gard et Urbain V, on observe la déf­i­ni­tion de la san­té de l’OMS à la let­tre : « un état de bien-être physique et men­tal et social, et non pas unique­ment l’absence de mal­adie et d’infirmité ».  « Il n’y a pas seule­ment la guéri­son qui est impor­tante mais aus­si la prise en charge glob­ale de l’individu, son bien-être sur tous les plans. La médecine inté­gra­tive est une asso­ci­a­tion des thérapies naturelles aux soins con­ven­tion­nels dans le but de main­tenir la san­té et amélior­er le bien-être », explique le Dr Olivi­er Abosso­lo, anesthé­siste réan­i­ma­teur et for­mé aux médecines alter­na­tives et com­plé­men­taires.
L’homéopathie, l’aromathérapie, l’hypnose en tant qu’accompagnement thérapeu­tique sont util­isées, mais aus­si la bio pho­to­mod­u­la­tion. L’as­so­ci­a­tion de ces pra­tiques, quelles qu’elles soient, se doit d’être cohérente et de « respecter la logique du vivant » insiste-t-il. Cela demande de la tolérance et une médecine coopéra­tive mul­ti-dimen­sion­nelle partagée par l’ensem­ble des soignants. Le patient devient co-acteur et co-décideur dans la prise en charge de sa san­té.  « C’est une philoso­phie de soins appliquée tout au long du par­cours hos­pi­tal­ier, un mod­èle holis­tique avec des soins moins cen­trés sur le médecin, sur ce qu’il veut faire, mais sur le patient
84 % du per­son­nel sont sat­is­faits et très sat­is­faits de l’adjonction de ces thérapies dans leur fais­abil­ité et leur effi­cac­ité thérapeu­tique. 100 % des soignants et prati­ciens souhait­ent pour­suiv­re cette pra­tique.

5 chèvres valent mieux qu’une ton­deuse à gazon

Poly­clin­ique du Beau­jo­lais, Ville­franche sur Saône (69)

L’établissement dis­pose d’un vaste champ mitoyen avec le park­ing et qu’il fal­lait entretenir. La direc­tion décide alors de s’intéresser à l’éco pâturage, sol­licite la société Cas­cade Paysage et accueille 5 chèvres du Mas­sif cen­tral réputées aus­si pour leur apti­tude à brouter y com­pris dans les four­rés (et 2 chevreaux naîtront en 2017). Au final, cette option caprine coûte 250 euros de moins par an que l’option mécanique. « Les béné­fices de cette ‘loca­tion’ sont divers­es : lim­iter notre empreinte car­bone, dimin­uer le coût d’entretien de notre par­celle, et amélior­er la qual­ité de la tonte du champ. Sans oubli­er que nos cinq chèvres sont agréables à regarder et que nom­bre de nos vis­i­teurs passent leur dire bon­jour ». Cette Capri thérapie a fait sourire au départ mais fonc­tionne. « Aller caress­er nos cinq chèvres ain­si que leurs 2 chevreaux détend tout le monde. Le ser­vice des urgences a vue sur le champ, les équipes et les usagers sont ravis. Demain, les enfants accueil­lis dans notre future crèche pour­ront aus­si en prof­iter », déclare Car­o­line Painde­stre, direc­trice de la clin­ique.

La per­for­mance énergé­tique main­tenant


Clin­ique du Tonkin, Villeur­banne (69)

Alors même qu’un démé­nage­ment dans de nou­veaux bâti­ments est prévu fin 2018, la com­mis­sion développe­ment durable de la Clin­ique du Tonkin, plus active que jamais, a recher­ché un pro­jet de lim­i­ta­tion de con­som­ma­tion d’énergie avec retour sur investisse­ment rapi­de. « Nous avons, après deux bilans car­bone et un audit énergé­tique, respec­té la régle­men­ta­tion en vigueur mais il nous restait à trou­ver une démarche nous per­me­t­tant d’améliorer notre per­for­mance énergé­tique. Nous avons donc signé un con­trat avec un prestataire pour l‘optimisation de nos cen­trales de traite­ment d’air (CTA) en péri­ode d’inoccupation des blocs, avec ou sans instal­la­tion de vari­a­teur de vitesse », explique Sophie Car­o­line Blanc, référente développe­ment durable. Le retour sur investisse­ment est de 18 mois, avec des gains énergé­tiques con­séquents : 21 % pour l’eau chaude, 7 % pour l’eau glacée et 8 % pour l’électricité, et ce, avec zéro euro d’investissement de la part de la clin­ique.

Le futur Médipôle Lyon-Villeur­bane en con­struc­tion sera HQE et la démarche de cer­ti­fi­ca­tion a com­mencé dès la phase étude : cer­ti­fi­ca­tion NF HQE « Bâti­ments ter­ti­aires et/ou BBC Effin­ergie » obtenue le 06/08/2015 pour les phas­es pro­gramme et con­cep­tion.

Le dossier

Les médecines alter­na­tives et com­plé­men­taires (MAC) se révè­lent pro­gres­sive­ment au grand jour

Pour­tant pra­tiquées par de nom­breux pro­fes­sion­nels de san­té dans les hôpi­taux et clin­iques, les MAC échap­pent aux radars du PMSI. Quelles sont ces médecines alter­na­tives, sont-elles recon­nues, éval­uées, enseignées ? Le C2DS fai­sait le point lors d’une journée dédiée.

D’abord une ques­tion de séman­tique

Homéopathie, acupun­ture, hyp­nose médi­cale, aro­math­érapie, médi­ta­tion, etc., com­ment nomme-t-on ces pra­tiques ? L’AP-HP choisit le terme de « médecines com­plé­men­taires » pour soulign­er l’association de ces pra­tiques à la médecine con­ven­tion­nelle quand le Pr Alain Baumelou, néphro­logue et respon­s­able du Cen­tre inté­gré de médecine tra­di­tion­nelle chi­noise à la Pitié-Salpêtrière, lui préfère la notion de « médecine inté­gra­tive ». Une appel­la­tion que choisit égale­ment le Dr Nathalie Geetha-Babouraj, ancien mem­bre d’un groupe de tra­vail à l’OTAN sur la place des médecines inté­gra­tives. « On se rend compte que, quels que soient les domaines, le mot inté­gratif a tout son sens. La société va vers l’hyper tech­nolo­gie mais pour aller vers un futur souhaitable, il ressort de ces échanges pluridis­ci­plinaires qu’il est intéres­sant de met­tre plus d’humanité », déclare-t-elle.  L’Académie de médecine recom­mande quant à elle l’utilisation des ter­mes « thérapies com­plé­men­taires ». « Thérapies parce que l’objectif est de soign­er, et com­plé­men­taires pour soulign­er l’utilisation de ces tech­niques en asso­ci­a­tion très étroite avec la médecine tra­di­tion­nelle. Il est hors de ques­tion d’entreprendre quoi que se soit sans un diag­nos­tic médi­cal préal­able », pré­cise le Pr Daniel Loi­sance, chirurgien car­diaque, mem­bre de l’Académie et ancien chef de ser­vice à l’hôpital Hen­ri Mon­dor.

Une déf­i­ni­tion des champs d’action

L’OMS et l’Inserm dis­tinguent les thérapies biologiques util­isant des pro­duits naturels issus de plantes, de minéraux ou d’animaux (phy­tothérapie, aro­math­érapie, etc.), les thérapies manuelles axées sur la manip­u­la­tion (ostéopathie, etc.), les approches corps-esprit (hyp­nose médi­cale, médi­ta­tion, sophrolo­gie, etc.), et les sys­tèmes com­plets reposant sur des fonde­ments théoriques et pra­tiques pro­pres (acupunc­ture, homéopathie, etc.).

En France, 4 MAC sont offi­cielle­ment recon­nues et peu­vent faire l’objet de titres et men­tions autorisées par le CNOM (con­for­mé­ment aux arti­cles 79–80 et 81 du Code de déon­tolo­gie médi­cale) : l’homéopathie, l’acupuncture, la mésothérapie, l’ostéopathie.

Aux Etats-Unis, en Alle­magne, en Suisse, les MAC sont pra­tiques courantes

Depuis une ving­taine d’années, les MAC font l’objet de recherche dans les milieux uni­ver­si­taires et hos­pi­tal­iers améri­cains mais aus­si dans celui de la médecine mil­i­taire, notam­ment avec la créa­tion du Nation­al Cen­ter for Com­ple­men­tary and Inte­gra­tive Health dès 1998. Fort de ses 124 mil­lions de dol­lars de bud­get et une équipe de plus de 70 per­son­nes, ce cen­tre con­duit la recherche, dif­fuse des infor­ma­tions sur les pra­tiques et les pro­duits, et développe des enseigne­ments en médecine holis­tique. « Au pays de l’evidence-based medecine, l’existence de ce cen­tre mon­tre bien que la réflex­ion et l’officialisation de ces thérapies est logique et néces­saire aus­si en France. Tant les pro­fes­sion­nels que l’université y ont toute leur place », affirme Philippe Harte­mann, pro­fesseur émérite de la fac­ulté de médecine de Nan­cy. « Les améri­cains sont très prag­ma­tiques », souligne le Dr Nathalie Geetha-Babouraj, « depuis quelques années, les Améri­cains priv­ilégient les éval­u­a­tions économiques des MAC dans des uni­ver­sités comme Har­vard ou le Duke Uni­ver­si­ty Hos­pi­tal. Ils éval­u­ent les impacts économiques à moyen et long terme et si des économies sont con­statées, ils déci­dent de se lancer ! » En 2014, au vue des résul­tats de ces recherch­es, le Con­seil de l’ordre des médecins améri­cains recon­nais­sait la san­té inté­gra­tive comme une spé­cial­ité médi­cale.

Plus près de nous en Europe, ce sont env­i­ron 60% du corps médi­cal alle­mand qui intè­grent les MAC et de nom­breuses chaires ad hoc exis­tent dans les fac­ultés. Les uni­ver­sités suiss­es ont dévelop­pé des insti­tuts de recherche et d’enseignement dédiés. Cer­taines pra­tiques, éval­uées, sont aujourd’hui rem­boursées en Suisse.

Le recense­ment des pra­tiques et l’évaluation des MAC en France restent à faire

En France, le recense­ment des pra­tiques est dif­fi­cile alors que les obser­va­teurs con­fir­ment leur fort développe­ment au sein des étab­lisse­ments de soin. « En l’absence de recon­nais­sance par les académies, le min­istère, etc., cela reste com­plète­ment non trans­par­ent et comme ces pra­tiques ne sont pas tar­ifées, elles n’apparaissent pas. De ce fait, il y a une opac­ité très impor­tante. Et par ailleurs, la struc­ture hos­pi­tal­ière ne com­mu­nique pas du tout sur ces pra­tiques sur le site Inter­net », déclare le Pr Alain Baumelou. Dès 2011, un rap­port met­tait pour­tant en évi­dence la pra­tique des MAC à l’AP-HP qui a offi­cial­isé il y a peu son Cen­tre inté­gré de médecine tra­di­tion­nelle chi­noise.

Les uni­ver­sités de Nice (Obser­va­toire des médecines non con­ven­tion­nelles – OMNC), Stras­bourg, Nantes et Mont­pel­li­er (plate­forme uni­ver­si­taire européenne de méthodolo­gie) tra­vail­lent sur l’évaluation des MAC.

Dans les struc­tures privées de soin, de nom­breux pro­fes­sion­nels de san­té sont très act­ifs. L’acupuncture appa­raît dans les mater­nités, l’hypnose est util­isée lors de soins douloureux ou encore pour dimin­uer la con­som­ma­tion de pro­duits anesthésiques dans les ser­vices de chirurgie, etc. Pra­tiquées dans des cadres médi­caux très stricts, ces MAC passées sous silence hier, sont davan­tage affichées aujourd’hui, mais un recense­ment dans les étab­lisse­ments privés MCO reste à faire.

Une for­ma­tion néces­saire des pro­fes­sion­nels de san­té

Si les for­ma­tions comme les pra­tiques sont dif­fi­ciles à repér­er, elles se mul­ti­plient pour­tant. « La ques­tion de la for­ma­tion est très impor­tante pour lever le voile de l’ignorance incroy­able qui pèse sur l’utilisation des MAC. Plus de 50% des patients ont recours aux MAC dont plus de 50% n’en par­lent pas à leur médecin et 90% con­tin­u­ent aus­si avec la médecine con­ven­tion­nelle en laque­lle ils ont con­fi­ance », déclare le Pr Baumelou. Les choses bougent et des DU se met­tent en place.

« Le soignant est un passeur cul­turel, d’où l’importance d’incorporer cette vision dans sa for­ma­tion ini­tiale et con­tin­ue à l’université. L’éducation sur l’utilisation de thérapies com­plé­men­taires devrait être nor­mal­isée et oblig­a­toire du cur­ricu­lum des étu­di­ants », com­plète le Pr Jacques Kopfer­schmit, chargé de mis­sion sur les thérapies com­plé­men­taires à l’université et au CHU de Stras­bourg. Suff­isant ? L’Académie de médecine recom­mande d’introduire dans le pro­gramme oblig­a­toire des études médi­cales, au cours du deux­ième cycle ou en fin d’études, une infor­ma­tion sur les thérapies com­plé­men­taires, leur place, leurs lim­ites et leurs dan­gers.

Arti­cle rédigé en col­lab­o­ra­tion avec le C2DS.