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Pho­togra­phie 2016 de l’engagement des acteurs MCO dans une démarche de développe­ment durable

Une fois par an, le C2DS présente une pho­togra­phie de l’engagement du secteur san­i­taire et médi­co-social dans une démarche de développe­ment durable.

61 % des étab­lisse­ments répon­dants ont écrit et dif­fusé une poli­tique de développe­ment durable pro­pre à l’établissement. C’est presque deux fois plus que l’année précé­dente.

66 % des acteurs de l’achat sont for­més aux achats respon­s­ables, un indi­ca­teur qui gagne 9 points.

Les con­di­tion­nements jeta­bles sont sup­primés dans 36 % des cas, soit une pro­gres­sion de 11 points.

54 % des répon­dants for­ment leur per­son­nel aux médecines com­plé­men­taires et/ou alter­na­tives (hyp­nose médi­cale, acupunc­ture, etc.).

55 % ont réal­isé ou ont prévu de réalis­er une analyse de la qual­ité de l’air intérieur. Une hausse record de 29 points qui démon­tre une réelle prise de con­science.

25 % des étab­lisse­ments ont mis en place des actions pour lut­ter con­tre le gaspillage ali­men­taire, un indi­ca­teur en hausse de 10 points.

50 % ont réal­isé ou prévu de réalis­er un état des lieux sur les pro­priétés de dan­ger et la quan­tité des déchets.

29 % ont inté­gré des critères développe­ment durable dans les marchés signés avec les entre­pris­es.

30 % dévelop­pent une poli­tique de réduc­tion des con­som­ma­tions d’eau.

47 % ont réal­isé une enquête de type « bien-être au tra­vail » et 12 % l’envisagent. À not­er un recul de la pro­fes­sion sur cet indi­ca­teur en baisse de 22 points.

Sur le champ MCO, 150 étab­lisse­ments de san­té publics et privés ont rem­pli les 200 indi­ca­teurs de l’IDD San­té Durable 2016, organ­isés en 11 thé­ma­tiques. Cet out­il d’autodiagnostic éval­ue le niveau de matu­rité des étab­lisse­ments en matière de développe­ment durable, il cor­re­spond en par­ti­c­uli­er au point 1b du manuel de cer­ti­fi­ca­tion de la HAS. Aujourd’hui, plus de 400 étab­lisse­ments san­i­taires et médi­co-soci­aux utilisent la plate­forme web du C2DS, et près de 2 000 depuis sa créa­tion il y a 10 ans.

Les initiatives

 

Les métaux sont pré­cieux

Clin­ique Rhône-Durance, Avi­gnon (84) et Poly­clin­ique Les Fleurs à Ollioules (83) 

Fin 2016, plusieurs clin­iques du groupe Médipôle-Parte­naires sig­naient une con­ven­tion avec un prestataire pour met­tre en place un cir­cuit de col­lecte vertueux des métaux. La Clin­ique Rhône-Durance à Avi­gnon et la Poly­clin­ique Les Fleurs à Ollioules ont joué le rôle d’éclaireurs. Elles col­lectent et reven­dent depuis plus de deux ans les dis­posi­tifs médi­caux con­tenant des métaux. « Les son­des car­diaques, agrafeuses, plaques de bis­touri et autres instru­ments métalliques ou en con­tenant, sont décon­t­a­m­inés puis dis­posés dans des con­tain­ers dédiés à la sor­tie du bloc », explique Audette Hen­ry Bar­riol, cadre du bloc à Rhône-Durance, et qui tient une compt­abil­ité métic­uleuse des entrées et sor­ties. En 2015, 1 400 son­des ont été recy­clées et leur prestataire a rever­sé pour l’ensemble des métaux col­lec­tés 6 200 euros. Sylvie Poulet, phar­ma­ci­enne à Ollioules coor­donne la col­lecte des son­des élec­tro phys­i­ologiques et des pace­mak­ers. « Le recy­clage des pace­mak­ers ne nous rap­porte rien, mais ne nous coûte plus rien non plus. Aupar­a­vant il fal­lait compter qua­tre euros par pace­mak­er pour leur enlève­ment », explique-t-elle. Toutes deux soulig­nent l’importance de l’implication des équipes dans la mise en place de ce cir­cuit vertueux.

 

Inve­stir pour économiser

Clin­ique Saint Roch, Ron­cq (59)

Acteur de la pre­mière heure sur les ques­tions envi­ron­nemen­tales, et fort de deux bilans car­bone en 2008 et 2014, la Clin­ique Saint Roch mesure aujourd’hui les résul­tats de ses investisse­ments. « Nous avons démar­ré par le rem­place­ment en 2014 de nos deux chaudières vieilles de 30 ans par deux chaudières à basse tem­péra­ture qui fonc­tion­nent en binôme, ce qui nous a per­mis de réduire sen­si­ble­ment nos con­som­ma­tions de gaz. Nous avons par ailleurs isolé notre toit plat avec un matéri­au à haute résis­tance ther­mique et avons instal­lé une ven­ti­la­tion dou­ble flux. Nous avons isolé nos con­duites d’eau chaude san­i­taire dans les anciens bâti­ments et réal­isé le bouclage d’eau chaude san­i­taire au pied du réseau afin de ne plus atten­dre l’arrivée d’eau chaude aux points de puis­age. Ensuite, nous avons général­isé pro­gres­sive­ment l’emploi des éclairages LED et placé des détecteurs de présence dans les ser­vices com­muns et locaux de tra­vail. Notre prochain chantier con­cern­era l’installation de sous-comp­teurs. Enfin, nous souhaitons informer en temps réel nos patients et vis­i­teurs sur nos con­som­ma­tions via des écrans d’affichage placés à l’accueil », explique Alain Lahousse, directeur. Les résul­tats sont là : la con­som­ma­tion de gaz est passée de 230 à 160 kwh/m2 par an entre 2013 et 2015, et la con­som­ma­tion énergé­tique de 107,06 kwh/m2/an est restée sta­ble alors qu’un nou­veau ser­vice de 2 500 m2 était ouvert et que l’activité était en hausse !

 

Le poids des DASRI

Cen­tre Médi­co Chirur­gi­cal de Tron­quières, Auril­lac (15)

Les DASRI pèsent lourds dans l’empreinte envi­ron­nemen­tale d’une journée d’hospitalisation, près de 1,16 kg par journée selon les résul­tats 2016 de l’observatoire Obscare. Depuis 2010, le CMC de Tron­quières se situe en dessous de la barre de 1 kg, et a en 2016 réus­si à réduire encore son ratio de 20 % à 0,81 kg. « Nous avons tra­vail­lé sur le tri des DASRI à la source et dévelop­pé des fil­ières. En 2013, les déchets de pré­pa­ra­tion de chimio­thérapie (URC) par­taient en DASRI, nous avons depuis trou­vé une fil­ière appro­priée aux risques chim­iques et ils sont désor­mais inc­inérés dans un cen­tre de traite­ment spé­ci­fique. Par ailleurs, nous avons récem­ment trou­vé une solu­tion pour la destruc­tion des doc­u­ments con­fi­den­tiels : comptes-ren­dus des analy­ses biologiques de lab­o­ra­toire reçus en dou­ble par fax puis par cour­ri­er, des planch­es à éti­quettes patients, des list­ing divers, etc. Ces doc­u­ments étaient élim­inés avec les DASRI pour con­serv­er leur con­fi­den­tial­ité. Or le papi­er pèse lourd, cette mesure nous a fait gag­n­er presque 10 % en poids de DASRI. Glob­ale­ment, c’est aus­si notre tra­vail de sen­si­bil­i­sa­tion auprès des per­son­nels, leur impli­ca­tion et leur rigueur au quo­ti­di­en, leurs idées et la mise en place d’une vraie poli­tique de tri qui nous a per­mis de pro­gress­er rapi­de­ment. En revanche, il nous reste encore du tra­vail à faire au bloc opéra­toire, où nous avons encore quelques pistes de réduc­tion pos­si­bles », con­fie Benoît Chab­bert, qualiti­cien.

 

Le dossier

Les dis­posi­tifs médi­caux sans DEHP exis­tent

La CAHPP lançait une enquête auprès de ses 172 four­nisseurs référencés de dis­posi­tifs médi­caux (DM), en par­ti­c­uli­er util­isés en mater­nité, pour faire la trans­parence sur leur niveau de tox­i­c­ité en DEHP, un puis­sant phta­late.

Sur les 66 indus­triels qui ont répon­du, 15 pro­duisent d’ores et déjà des DM totale­ment exempts de DEHP. « L’exercice est donc pos­si­ble », déclare Yvon Bertel Venezia, PDG de la CAHPP. « Les par­lemen­taires ont-ils sérieuse­ment testé le marché pour crain­dre une rup­ture d’approvisionnement de cer­tains dis­posi­tifs et décider de reporter l’interdiction de DEHP dans les ser­vices de néona­t­a­lo­gie ? »

En effet, les par­lemen­taires renonçaient à une inter­dic­tion pure et sim­ple du DEHP et ont fait preuve d’une très grande pru­dence. L’instruction du 17 juil­let 2015 rel­a­tive à l’interdiction de l’utilisation des tubu­lures com­por­tant du DEHP dans les ser­vices de pédi­a­trie, de néona­t­a­lo­gie et de mater­nité « invi­tait à priv­ilégi­er les tubu­lures com­por­tant la con­cen­tra­tion en DEHP la plus faible pos­si­ble ». En octo­bre 2016, un pro­jet d’ar­rêté noti­fié par la France à la Com­mis­sion européenne pro­pose de fix­er la con­cen­tra­tion max­i­male en DEHP à 0,1 % masse/masse de matière plas­ti­fiée.

Les infor­ma­tions sur le niveau de tox­i­c­ité des DM fig­urent rarement sur les pack­ag­ings comme sur les fich­es tech­niques. D’une manière générale, ces infor­ma­tions sont très rarement acces­si­bles pour l’acheteur et pour le soignant et il a fal­lu plusieurs mois à la CAHPP pour les obtenir. Com­ment les pro­fes­sion­nels de san­té peu­vent-ils cor­recte­ment respecter la règle­men­ta­tion en l’absence d’informations des indus­triels ? « Nous devons con­tin­uer à respon­s­abilis­er le marché et œuvr­er pour une plus grande trans­parence pour tous », con­clut Yvon Bertel Venezia.