Fait mai­son et bio

Cen­tre Car­dio-Tho­racique de Mona­co (98)

Depuis trois ans, au Cen­tre car­dio-tho­racique de Mona­co, 20 % des pro­duits pour la restau­ra­tion sont label­lisés bio. « Des fruits, des légumes, des fécu­lents et même cer­taines vian­des sont bio. De plus, nous nous appro­vi­sion­nons locale­ment ou sur un périmètre le plus restreint pos­si­ble. La viande vient du cen­tre de la France, les yaourts des Alpes, d’autres pro­duits de la proche Ital­ie mais la plu­part de nos pro­duits sont d’origine française », explique Marc Gugliel­mi, chef cuisinier. Les cinq cuisiniers du cen­tre ont tous suivi une for­ma­tion tra­di­tion­nelle de cuisinier, un savoir-faire qu’ils met­tent en pra­tique aujourd’hui en restau­ra­tion col­lec­tive. « Le terme de cui­sine col­lec­tive ne doit pas être perçu de manière péjo­ra­tive. Nous cuisi­nons 350 repas par jour, mais pour nous, la qual­ité est pri­mor­diale et nous appor­tons beau­coup de fan­taisie dans la trans­for­ma­tion des ali­ments et dans la com­po­si­tion des menus. »Avec vue sur mer, les repas ont un goût de vacances !

Une HAD verte

Clin­ique Pas­teur, Toulouse (31)

A l’occasion du renou­velle­ment de la label­li­sa­tion ISO 14001 et de l’enregistrement EMAS de la clin­ique début avril, l’intégration du ser­vice HAD dans le périmètre des deux démarch­es s’est imposée. « Le plus gros tra­vail a été de référencer et d’analyser l’impact envi­ron­nemen­tal de notre HAD et de dress­er une liste d’actions », pré­cise Thibaut Aversenq, Ingénieur médi­co-tech­nique et coor­di­na­teur du pro­jet. Par exem­ple, sept véhicules hybrides ont été achetés, qui représen­tent 40 % de la flotte de véhicules. « Il n’existe pas tou­jours sur le marché des véhicules adap­tés. Nos per­son­nels soignants ont besoin d’un véhicule deux portes, trans­formable pour le trans­port de matériel. » Les mem­bres de l’équipe sont for­més à l’éco-conduite et espèrent dis­pos­er d’une flotte tout élec­trique à échéance de l’actuel con­trat de leas­ing.

Par ailleurs, des tablettes dévelop­pées avec une start-up toulou­saine per­me­t­tent d’accéder aux don­nées patient et de les actu­alis­er depuis leur domi­cile, opti­misant ain­si con­sid­érable­ment le temps du per­son­nel soignant et économisant au pas­sage une bonne trentaine de feuilles de papi­er par dossier. Un gros chantier pour l’équipe demeure le tri des déchets d’activité de soins au domi­cile des patients. Toute­fois, une pla­que­tte explica­tive facilite la tâche des soignants libéraux et la clin­ique se charge d’enlever les déchets. « Ce volet d’éducation au tri des déchets reste le plus dif­fi­cile à met­tre en œuvre car nous tra­vail­lons avec des externes qui n’ont pas tous les bons réflex­es mais aux­quels nous allons pro­pos­er des for­ma­tions. Enfin, nous souhaitons sen­si­bilis­er nos patients au tri sélec­tif. »

Réguler les rejets en eau en fonc­tion des séances

Clin­ique Néphrologique Saint-Exupéry, Toulouse (31)

 La Clin­ique Néphrologique Saint-Exupéry a fait de la ges­tion de l’eau et la préser­va­tion des ressources, un axe stratégique inscrit dans son pro­jet d’établissement 2015–2018. Com­ment ajuster la pro­duc­tion d’eau pour hémodial­yse en fonc­tion des besoins réels ? La réflex­ion a émergé au regard de l’activité de dial­yse qui ne repose pas seule­ment sur des séances pro­gram­mées, l’établissement assur­ant par ailleurs la prise en charge des urgences néphrologiques avec la réal­i­sa­tion de près de 200 séances d’hémodialyse aiguës par an, sou­vent en dehors des heures d’ouverture des ser­vices d‘hémodialyse. Or, à ce jour, la pro­duc­tion d’eau est pro­gram­mée pour ali­menter la total­ité des postes de dial­yse, et ce, quel que soit le nom­bre de généra­teurs en fonc­tion­nement réel. La sur­pro­duc­tion d’eau générée en dehors des séances pro­gram­mées, entraîne le rejet d‘une impor­tante quan­tité d’eau à l’é­gout qui pour­rait être évité. « Nous allons met­tre en œuvre une solu­tion sim­ple qui con­siste à pos­er une vanne per­me­t­tant de réguler, suiv­ant son degré d’ouverture, le débit de rejet en fonc­tion de la con­som­ma­tion réelle » , pré­cise Del­phine Bon­net, chargée de pro­jets qual­ité et ges­tion des risques – référent développe­ment durable. Ce sys­tème automa­tisé, sans cuve de stock­age interne ou externe, per­me­t­trait ain­si de con­serv­er l’in­tégrité micro­bi­ologique du dis­posi­tif tout en réduisant con­sid­érable­ment les coûts d’ex­ploita­tion. « L’installation récente de nou­velles unités de traite­ment d’eau avec dés­in­fec­tion ther­mique glob­ale est pour nous l’opportunité de dévelop­per une solu­tion de régu­la­tion du taux de rejet en fonc­tion du nom­bre de séances », con­clut Marc Bonaven­ture, cadre tech­nique et bio­médi­cal. Du bon sens avant tout !

Préservez la qual­ité de l’air intérieur

« L’appareil qui mesure le con­fine­ment via le taux de CO2 s’est mis à biper : nous étions au dou­ble du seuil recom­mandé dans la salle où 40 per­son­nes étaient venues assis­ter au col­loque que nous organ­i­sions sur la qual­ité de l’air intérieur en ERP. Ils ont immé­di­ate­ment com­pris les enjeux de la journée ! » explique Sylvie Jovi­a­do, direc­trice du C2DS. « Nous avons ouvert les portes pour revenir à un taux de con­fine­ment cor­rect per­me­t­tant à l’auditoire de rester con­cen­tré durant cette journée. »

Cha­cun d’entre nous respire par jour en moyenne 15 000 litres d’air dont la qual­ité con­tribue à notre bonne san­té. Si la con­science d’une pol­lu­tion extérieure est partagée, celle d’une pol­lu­tion intérieure est plus récente. Ces com­posés organiques volatils (COV) intérieurs provi­en­nent de dif­férentes sources : matéri­aux de con­struc­tion et de déco­ra­tion, pro­duits d’entretien, pro­duits de soins, moi­sis­sures, issus pour la plu­part de l’activité humaine elle-même. Cer­tains locaux sont par­ti­c­ulière­ment exposés aux COV notam­ment ceux équipés d’un sys­tème d’air con­trôlé : blocs opéra­toires, locaux de stéril­i­sa­tion, d’en­do­scopie, salles blanch­es phar­ma­ceu­tiques, etc.
De récentes études (Revue Envi­ron­nemen­tal Health Per­spec­tives, étude européenne Sin­phonie) mon­trent les bien­faits d’une qual­ité de l’air intérieur sur la con­cen­tra­tion et le bien-être et soulig­nent à l’inverse les méfaits d’une mau­vaise QAI qui favorisent l’émergence de symp­tômes tels que maux de tête, fatigue, irri­ta­tion des yeux, de la gorge, des ver­tiges ou encore des man­i­fes­ta­tions allergiques. L’Observatoire de la qual­ité de l’air intérieur et l’ANSES éval­u­ent à 19 mil­liards d’euros par an le coût en ter­mes de san­té publique.

28% des étab­lisse­ments MCO mesurent la qual­ité de l’air intérieur

Selon l’Observatoire IDD san­té durable du C2DS, 28 % des étab­lisse­ments MCO ont réal­isé en 2014 une analyse de la qual­ité de l’air intérieur. 71 % d’entre eux ont iden­ti­fié les zones à risques et les ont car­tographiées et 57 % ont mis en place un plan d’action. A not­er que seuls 14 % des étab­lisse­ments, toutes spé­cial­ités con­fon­dues, s’étaient livrés à des mesures en 2012.

« Pour amélior­er, il faut mesur­er ! C’est une évi­dence qu’il faut sans cesse rap­pel­er. Nous con­sta­tons sur le ter­rain une prise de con­science réelle mais encore insuff­isante, c’est pourquoi, nous avons retra­vail­lé et relancé la cam­pagne des 10 éco-gestes pour amélior­er la qual­ité de l’air intérieur. Elle est doré­na­vant com­plétée d’un livret tech­nique illus­tré de pra­tiques vertueuses. Main­tenir une QAI requiert une vig­i­lance per­ma­nente de tous les corps de méti­er. Si cha­cun à son niveau y con­tribue, la qual­ité s’améliore, à con­trario, elle se dégrade ».

Une vig­i­lance hors les murs

« A la Poly­clin­ique de Navarre, deux sages-femmes sont en cours de for­ma­tion pour ensuite met­tre en place et ani­mer des ate­liers péd­a­gogiques à des­ti­na­tion des par­ents. C’est aus­si notre rôle de les sen­si­bilis­er aux risques liés à la présence de cer­taines sub­stances présentes dans leur envi­ron­nement intérieur », pré­cise Émi­lie Odori­co, respon­s­able qual­ité et ges­tion des risques de la Poly­clin­ique de Navarre à Pau. Des prestataires s’engagent aus­si. Bruno Pour­ré, PDG du groupe ambu­lanci­er A2L-DTSU s’intéresse à la QAI de ses VSL et ambu­lances. Out­re la mise en œuvre d’éco-gestes, il a fait l’acquisition d’un appareil de mesure des COV.

Que dit la régle­men­ta­tion ?

Le décret n°2011–1728 du 2 décem­bre 2011 du min­istère de l’Écologie relatif à la sur­veil­lance de la qual­ité de l’air intérieur impose aux bâti­ments rece­vant du pub­lic la mesure de l’analyse (deux fois par an dans trois ou qua­tre pièces de l’établissement) de deux com­posés organiques volatils : le formaldéhyde et le ben­zène (com­posés can­cérigènes, mutagènes et repro­tox­iques, dits CMR) ain­si que la mesure du CO2. La finesse d‘une telle analyse requiert l’expertise de lab­o­ra­toires cer­ti­fiés qui sont en nom­bre très restreint en France et dont les ser­vices représen­tent un coût élevé.

Ce décret devait entr­er en vigueur ini­tiale­ment en jan­vi­er 2015, dans le cadre du troisième Plan nation­al san­té envi­ron­nement, mais doit faire l’objet de plusieurs amé­nage­ments. Le gou­verne­ment a décidé le report de son appli­ca­tion au 1er jan­vi­er 2018 pour les étab­lisse­ments accueil­lant des enfants et au 1er jan­vi­er 2023 pour les autres.

Vers une hyper sen­si­bil­ité chim­ique…

Le Dr Mal­fay-Rég­nier est oph­tal­mo­logue et souf­fre de crises d’asthme et de malais­es en présence de pro­duits par­fumés. Elle témoignait le 5 avril au col­loque du C2DS. « J’ai dévelop­pé une hyper sen­si­bil­ité aux pro­duits chim­iques que j’ai mis beau­coup de temps à diag­nos­ti­quer. Par exem­ple, hos­pi­tal­isée pour une petite inter­ven­tion chirur­gi­cale, j’ai eu une impor­tante crise d’asthme au bout de quelques min­utes dans un envi­ron­nement con­finé. Je ne pou­vais pas rester dans un lit et j’ai dû patien­ter avant et après mon opéra­tion dans un couloir aéré. Il y a beau­coup de par­fums dans les étab­lisse­ments, ceux des salariés ou accom­pa­g­nants mais surtout ceux des pro­duits de net­toy­age. »

Enfin, le C2DS va créer un groupe de tra­vail à la ren­trée sur le bionet­toy­age et les alter­na­tives aux pro­duits chim­iques. Inscrivez-vous : contact@c2ds.eu