Le mot de l’AFC-UNHPC / FHP-MCO

Notre pro­fes­sion est en pleine évo­lu­tion. Deux sont par­ti­c­ulière­ment struc­turantes !

L’une très rapi­de con­cerne l’arrivée sur le marché de nou­veaux traite­ments anti-can­céreux par des approches de plus en plus per­son­nal­isées et indi­vid­u­al­isées. Nos équipes doivent en per­ma­nence y faire face afin de pro­pos­er les traite­ments les mieux adap­tés. Cela leur demande un investisse­ment majeur, car, même si des efforts « de sim­pli­fi­ca­tion » ont été opérés autour de trois dis­posi­tifs (Autori­sa­tion tem­po­raire d’u­til­i­sa­tion, For­fait inno­va­tion et RIHN), les moyens d’obtenir les traite­ments inno­vants demeurent lourds et com­plex­es. L’en­vi­ron­nement dans lequel nous œuvrons rend la fron­tière entre la recherche clin­ique et les inno­va­tions extrême­ment ténue.

L’autre évo­lu­tion con­cerne celle du régime des autori­sa­tions, prévue pour 2018, glob­ale­ment et donc pour la can­cérolo­gie. L’INCa va entamer cette année la rédac­tion de critères qui per­me­t­tront d’obtenir les autori­sa­tions. Et par­mi ces critères, la par­tic­i­pa­tion active à la recherche clin­ique, qui doit se faire con­join­te­ment entre les étab­lisse­ments — qui peu­vent recevoir des finance­ments -, et les équipes médi­cales, qui, elles, ne sont financées qu’au tra­vers des étab­lisse­ments.
Nous prof­i­tons donc de la cam­pagne Mars Bleu pour vous inciter à mon­ter des pro­jets en recherche clin­ique et à par­ticiper aux appels à pro­jets que l’É­tat lance chaque année.

Dr Anne Mal­let
Secré­taire nation­al AFC-UNHPC

Thier­ry Béchu
Délégué général FHP-MCO

Les initiatives

Suiv­ez les tags pour Mars Bleu
Poly­clin­ique de Navarre et Poly­clin­ique Marzet, Pau (64)

Les deux étab­lisse­ments du groupe Gauch­er n’ont pas man­qué d’idées pour Mars Bleu. Tous les vecteurs de com­mu­ni­ca­tion ont été envis­agés, des tags sur le sol pour ceux qui marchent la tête bais­sée, des illu­mi­na­tions sur les façades pour ceux qui ont la tête en l’air, des vidéos sur le site inter­net pour les curieux, des mes­sages sur face­book pour ceux qui sont plutôt réseaux soci­aux et enfin des tweets pour les 974 fol­low­ers que compte la clin­ique. Le mes­sage par con­tre était unique et sans équiv­oque, venez-vous faire dépis­ter ! Et ques­tion dépistage, le cen­tre de médecine poly­va­lente de la Poly­clin­ique Marzet y est allé fran­co le 17 mars pour sa journée spé­ciale Mars Bleu, le test pou­vant être fait sur place, l’établissement prenant en charge les envois au lab­o­ra­toire. « Comme le dépistage du can­cer du côlon est moins automa­tique, nous avons inten­si­fié nos actions. Les retours sont très posi­tifs, les ques­tions ont abondé et les volon­taires pour un dépistage spon­tané aus­si », con­clut Émi­lie Odori­co, respon­s­able qual­ité et ges­tion des risques.

 

Si on en par­lait autour d’une tasse de café !
Hôpi­tal Privé des Côtes d’Armor, Plerin (22)

Les mes­sages passent beau­coup mieux lorsque c’est con­vivial. C’est l’idée qui a motivé les équipes à ouvrir « Le café bleu » dans le hall de l’établissement, ani­mé par les IDE coor­di­na­tri­ces des par­cours can­cer, en coopéra­tion avec La Ligue et l’Oncarmor. « Café, thé, jus d’orange, … nous avons eu des heures d’affluence à notre café qui s’est tenu tous les lundis et jeud­is après-midi de ce mois. Les infor­ma­tions sont dif­fusées lors d’un moment de détente et les invités repar­tent avec un petit cadeau, un bracelet, un jeton de cad­die, etc. », explique Dominique Delanoé, directeur des soins. L’hôpital privé organ­ise aujourd’hui, jeu­di 24 mars, un évène­ment inti­t­ulé « un temps pour moi » dans la Passerelle I‑Santé, pas­sage obligé pour accéder à l’établissement et où des esthéti­ci­ennes, sophro­logues, psy­cho­logues et coachs sportifs inter­vien­dront cha­cun dans leur reg­istre. Jeu­di sera égale­ment le jour de la rose bleue, qui sera remise à chaque patient avec un mes­sage sim­ple d’incitation au dépistage. « Nous remar­quons que plus les années passent, plus nos actions por­tent. Les équipes atten­dent ces évène­ments autour du dépistage avec impa­tience. »

 

Un Mars Bleu choix mul­ti­ples
Clin­ique de l’Estrée, Stains (93)

La Clin­ique de l’Estrée s’est entourée de pas moins de cinq parte­naires pour sa journée de sen­si­bil­i­sa­tion au dépistage du can­cer col­orec­tal qui a lieu aujourd’hui, 24 mars. Au pro­gramme un ate­lier nutri­tion qui pro­pose des dégus­ta­tions et une sen­si­bil­i­sa­tion aux ver­tus des thés vert, blanc, noir mais aus­si à celles du choco­lat, noir de préférence, recon­nu pour ses pou­voirs antioxy­dants et ses teneurs en vit­a­mines et minéraux. L’éducation nutri­tion­nelle abor­dera égale­ment la ques­tion des pro­téines ani­males et com­ment les rem­plac­er par des pro­téines végé­tales. Une action de sen­si­bil­i­sa­tion aura lieu au self à l’attention des per­son­nels de la clin­ique car « même s’ils tra­vail­lent dans un étab­lisse­ment de soins, les per­son­nels ne sont pas tou­jours bien infor­més », con­state Frédérique More­au, coor­di­na­trice ser­vice can­cérolo­gie, détachée par la clin­ique pour men­er des actions hors les murs. « La clin­ique a créé un poste de coor­di­na­trice en can­cérolo­gie dont la mis­sion prin­ci­pale est de faire toute l’année le relais en dehors de l’établissement. J’interviendrai donc au mois de mars, à la mairie, au restau­rant des agents com­mu­naux, auprès d’associations de femmes, dans un cen­tre de con­sul­ta­tion, etc. » Les patients et vis­i­teurs auront égale­ment le loisir de faire une petite balade à l’extérieur en par­tic­i­pant à l’atelier sport avec au choix des séances d’une demi-heure de marche rapi­de dans le parc de la clin­ique, ou de gym douce.

 

La preuve en images
Poly­clin­ique du Parc, Toulouse (31)

« Nous organ­isons le 29 mars notre 1e journée Mars Bleu, grand évène­ment que nous annonçons sur nos écrans d’information et qui sera l’occasion de présen­ter le film « Colo­scopie de dépistage » réal­isé en parte­nar­i­at par le Dr Calazel, une gas­tro-entéro­logue de la Poly­clin­ique du Parc, et la SFED », explique Nathalie Pup­po directeur de l’établissement. Cette journée accom­pa­g­née par les per­son­nels soignants de l’établissement sera l’occasion de par­ler dépistage, mais aus­si de s’intéresser aux dif­férentes tech­niques d’examens : la colo­scopie stan­dard réal­isée par le gas­tro-entéro­logue et celle virtuelle réal­isée par le radi­o­logue. « Nous souhaitons informer nos patients sur les dif­férentes tech­niques de dépistage par colo­scopie parce que notre étab­lisse­ment pro­pose les deux tech­niques mais aus­si et surtout parce qu’elles ne s’adressent pas aux mêmes types de patients. La cau­tion de Mars Bleu, en tant que cam­pagne nationale du dépistage du can­cer col­orec­tal est essen­tielle pour faire pass­er nos mes­sages. Cela fait tilt chez les patients », con­clut-elle.

 

Bien manger, bien bouger
Clin­ique Pas­teur, Ris-Orangis (91)

La clin­ique Pas­teur, le cen­tre de radio­thérapie de Ris-Orangis et leurs parte­naires, avaient mis les petits plats dans les grands pour leur journée Mars Bleu, le 19 mars dernier. « Bien manger, bien bouger : une façon sim­ple de prévenir le can­cer col­orec­tal » était le fil con­duc­teur de cet évène­ment où, comme dans son « Cook­ing Show » télévi­suel, Olivi­er Cha­put a pro­posé des décou­vertes culi­naires orig­i­nales. Côté nutri­tion tou­jours, une con­férence menée par Béné­dicte Van Craynest, diététi­ci­enne-nutrithérapeute, inti­t­ulée « De la terre à l’assiette, la san­té de mon côlon en dépend », a été grande­ment appré­ciée par l’auditoire, égale­ment venu pour glan­er des infor­ma­tions sur le nou­veau test immunologique auprès des infir­mières d’annonce et l’ADMC 91. De nom­breuses ani­ma­tions ludiques ain­si que des séances et défis sportifs pour petits et grands ont égale­ment été pro­posés tout au long de la journée.

 

L’interview

Frédéric de Bels,
Respon­s­able du départe­ment dépistage de l’IN­Ca

Quels sont les attentes de l’INCa en ter­mes de dépistage avec le nou­veau test immunologique ?

Un an après la mise sur le marché du nou­veau test, suite à une phase de mon­tée en charge du taux de dépistage, désor­mais de 80 à 100 000 tests sont réal­isés chaque semaine, ce qui laisse présager un taux de par­tic­i­pa­tion annuel large­ment supérieur à celui sus­cité par le test Hémoc­cult.
Le test immunologique a une sen­si­bil­ité de 75 à 80 % et un taux de tests posi­tifs de l’ordre de 4,6 % ver­sus respec­tive­ment 40 % et 2,3 % pour le test Hémoc­cult. L’amélioration de la par­tic­i­pa­tion, cou­plée à la meilleure per­for­mance du nou­veau test (2 fois plus de can­cers détec­tés et deux à trois fois plus de détec­tions d’adénomes avancés) auront un impact bien supérieur en ter­mes de réduc­tion de la mor­tal­ité par can­cer du côlon et du rec­tum et per­me­t­tront même de réduire l’incidence de ce can­cer.

Quel rôle peu­vent jouer les étab­lisse­ments de san­té privés sur le ter­rain ?

Les étab­lisse­ments de san­té, indépen­dam­ment de leur statut juridique, doivent faire la pro­mo­tion du dépistage. Au vu des nom­breuses ini­tia­tives et des coopéra­tions avec les struc­tures de ges­tion du dépistage départe­men­tales, c’est déjà large­ment le cas. Leur place sera égale­ment essen­tielle pour le diag­nos­tic et l’exérèse des lésions : ils doivent pou­voir suiv­re en ter­mes de colo­scopies — l’augmentation du nom­bre de colo­scopies induites par le dépistage étant déjà per­cep­ti­ble par les gas­tro-entéro­logues. Enfin, on attend égale­ment une impli­ca­tion majeure des étab­lisse­ments, des gas­tro-entéro­logues et des anato­mo­cy­topathol­o­gistes dans le retour d’informations sur les résul­tats des colo­scopies, auprès des struc­tures de ges­tion du dépistage départe­men­tales ; seul un retour effi­cace des don­nées nous per­me­t­tra d’évaluer le pro­gramme et d’en assur­er la qual­ité avec des sta­tis­tiques fiables et en analysant par exem­ple si la valeur pré­dic­tive des tests est de l’ordre de celle atten­due.

L’INCa tra­vaille actuelle­ment avec les gas­tro-entéro­logues et les anato­mopathol­o­gistes à la mise en place de modal­ités d’échange d’informations stan­dard­is­ées et har­mon­isées entre les pro­fes­sion­nels et les struc­tures, afin de pou­voir éval­uer au plus juste les pro­grammes de dépistage. Seul un suivi rigoureux des indi­ca­teurs nous per­me­t­tra d’avancer cor­recte­ment.